Des «chauffeurs Uber» dénoncent leurs conditions de travail

TransportDes employés d’une société partenaire du géant ont débrayé mardi devant les bureaux de la multinationale à Carouge.

Des syndicalistes et des chauffeurs devant le bureau d'Uber mardi en matinée.

Des syndicalistes et des chauffeurs devant le bureau d'Uber mardi en matinée. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Nouvelle manifestation de «chauffeurs Uber». Quatre employés d’une société de transport proche d’Uber basée à Lully (VD), 2Ways Sàrl, et cinq syndicalistes se sont attroupés mardi devant les bureaux de la multinationale à Carouge. Tous font part de leur colère vis-à-vis du groupe vaudois comme du géant américain.

Ils dénoncent les conditions de travail des chauffeurs, leurs bas salaires et la pression qu’ils subissent dans le cadre de leur activité pour Uber. Certains disent rouler cinquante heures par semaine pour 2500 francs par mois.

«Le même schéma se répète»

Le syndicat est d’autant plus remonté qu’il estime avoir affaire au même cas de figure que lors d’une précédente grève, en décembre, et qu’Uber n’a depuis pas répondu à ses sollicitations pour améliorer les conditions-cadres de ses sociétés partenaires. Le 6 décembre 2017, Unia organisait une grève similaire, devant les bureaux d’Uber à Carouge, avec des employés de deux autres sociétés tierces. Au début de janvier, le syndicat annonçait qu’un troisième conflit avec une société partenaire, Diagne Limousine, avait été ouvert. Quatre jours plus tard, cette dernière était radiée du Registre du commerce.

Diagne Limousine était administrée par un chauffeur Uber, Alle Diagne, et domiciliée à Lully, au sein d’une autre société, CValue SA, propriété de Ludovic Nguyen. Or 2Ways, créée cinq semaines après la radiation de Diagne Limousine, est gérée par ces mêmes Alle Diagne et Ludovic Nguyen, en tant qu’associés, selon le Registre du commerce vaudois.

«Le même schéma se répète avec les mêmes personnes», estime Umberto Bandiera, secrétaire syndical Unia. «On recrute des frontaliers, on fait signer un contrat, mais derrière les conditions sont déplorables.» Uber, qui prend une commission sur chaque course, seule plate-forme à avoir jusqu’à présent fait rouler les employés de 2Ways, a une part de responsabilité dans ces abus, estime le syndicaliste.

Changement de politique chez Uber

Le service de presse d’Uber indique que la société ne travaille désormais plus avec des sociétés partenaires à Lausanne et Genève mais directement avec des chauffeurs indépendants. «Seuls des chauffeurs indépendants peuvent rejoindre la plateforme», dit son porte-parole, qui précise que «2Ways n’a jamais été acceptée sur la plateforme Uber». Ses chauffeurs, autrement dit, s’inscrivent directement sur l’application et Uber ne peut contrôler s’ils sont ou non eux-mêmes employés d’une société tierce. Le groupe a par ailleurs indiqué au «Temps» qu’il allait augmenter ses tarifs de 10% dans l’arc lémanique, le métier étant devenu plus coûteux.

Ludovic Nguyen, associé de 2Ways, dit de son côté avoir fait les choses dans les règles: «Les charges sociales sont correctement payées et les salaires selon la CCT respectés, et 2Ways Sàrl n’a aucun rapport d’activité avec la société Diagne Limousine, si ce n’est l’expérience de chauffeur de Monsieur Diagne.»

Les sociétés dédiées au transport professionnel de personnes pullulent dans le sillage d’Uber, depuis que la multinationale a déployé ses activités en Suisse, en 2013 à Zurich et en 2014 à Genève.

Créé: 12.06.2018, 17h17

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