Dernière chance avant les élections pour un accord gauche-droite sur les finances

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Cette fin d’hiver aura été impitoyable pour les partis genevois. On ne fait pas allusion à la clochemerlesque élection du Bureau du Grand Conseil de la semaine passée, qui a provoqué une crise interne tant à l’UDC qu’à Ensemble à Gauche, mais au sort réservé à deux machines de guerre, celles du PLR et du PS.

A droite, le projet de bloquer les dépenses de l’Etat pour les vingt ans à venir est passé à la trappe suite à une «trahison» du MCG, dont le PLR se félicite probablement in petto, tant l’application de son texte aurait posé de problèmes. A gauche, l’initiative PS sur les allégements fiscaux des entreprises s’est empalée sur un scrutin populaire, comme un an plus tôt celle sur les forfaits fiscaux. On verra bien le sort que réservera en juin le peuple au référendum lancé contre la loi cantonale d’application sur les forfaits fiscaux, mais si on était socialiste, on ne mettrait pas de champagne au frigo. Ce qui compte, c’est que ces échecs des deux grands partis de la droite et de la gauche déblayent le terrain. Sans cette épée de Damoclès, les partis peuvent désormais se concentrer sur les enjeux du Canton et travailler sérieusement ensemble.

Et il se trouve justement que les sujets sérieux ne manquent pas, notamment sur les finances publiques. On pense au budget 2016, qui devrait être dévoilé ces prochaines semaines, au budget 2017, sans oublier l’inquiétant récif de la réforme de l’imposition des entreprises (RIE 3). Pour résoudre ou commencer à résoudre ces enjeux, une fenêtre temporelle s’ouvre maintenant. Mais le temps à disposition est court, car dans un an à peine, l’heure sera à la préparation des élections 2018. Les défis sont là, le calendrier est posé et les obstacles s’opposant à des avancées ne sont pas insurmontables. En présentant par exemple ses propositions de négociations sur RIE 3, la conseillère administrative socialiste Sandrine Salerno a donné un signal important. Il démontre qu’il existe à gauche un espace pour aboutir à une réforme négociée. Les conditions posées sont fermes, mais le débat est ouvert. Les partis et le Conseil d’Etat vont-ils saisir l’occasion? Il faudrait un gouvernement décidé, ouvert à la négociation, et des partis responsables… Pour démarrer, la dynamique menant à RIE 3 a en outre besoin que les discussions sur le budget 2016 et 2017 se passent correctement et que chaque camp s’abstienne de faire des moulinets avec les bras.

L’objectif n’est pas inatteignable. Contrairement à ce que prétendent les prophètes de malheur, Genève n’est pas au bord du gouffre financier. Il a des difficultés, mais peut les gérer. Quoiqu’il en soit les élus ont intérêt à être actifs. Cette législature n’a jusqu’ici qu’un très maigre bilan à présenter. Si les choses en restent là, les citoyens finiront par se demander, à juste titre, à quoi servent leurs partis gouvernementaux. (TDG)

Créé: 03.03.2016, 18h05

Marc Bretton
Rubrique Genève

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