Les députés augmentent des déductions fiscales

Grand ConseilLa droite impose aussi l’ouverture des magasins trois dimanches par an.

Image d'illustration.

Image d'illustration. Image: Magali Girardin

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Grosse journée au Grand Conseil avec deux votes importants, l’un sur les déductions pour frais de garde, l’autre sur l’ouverture des magasins trois dimanches. Commençons par le premier débat: faut-il aider les familles à concilier enfants et emploi? Combien payer pour les aider? Et quelles familles aider? Ces questions ont agité le parlement vendredi. Le député PLR Yvan Zweifel proposait de faire passer la déduction fiscale, actuellement de 4000 francs par an à 25 000 francs. Pourquoi cette somme? «C’est le montant de la déduction que la Confédération prévoit de fixer sur le même sujet pour l’impôt fédéral», explique le député Alexandre de Senarclens, qui relève, avec regret, que seules 10% des femmes ayant des enfants de moins de quatre ans travaillent. Cette hausse de la déduction a un coût pour l’État: plus de 7 millions, une perspective qui, pour le coup, ne fait pas trembler le PLR. Sur les bancs d’en face on se tortille un peu, car le débat sur la déduction en suit d’autres sur l’égalité où des paroles fortes ont été prononcées.

Sauf qu’il ne s’agit pas d’un débat sur l’égalité, mais de savoir quelle couche de la population aider. «L’augmentation des déductions fiscales, on sait à qui elles profitent, dit Jean Batou (EàG): aux familles aux revenus les plus importants.» Pour aider les familles, la gauche préférerait augmenter les subventions aux crèches pour créer plus de places et diminuer les tarifs: «Le nœud du problème, c’est que nous manquons de places, insiste Yvan Rochat (Verts). Votre projet ne s’attaque pas à un autre problème: les variations tarifaires entre les communes». Sentant venir le vent, le PS propose un amendement pour réduire la hausse de la déduction. «Si nous acceptons, accepterez-vous la loi?» questionne le chef de groupe PLR Cyril Aellen. La réponse n’a pas dû arriver assez vite… L’amendement qui avait des chances en cas d’alliance gauche-droite, est refusé, puis la loi passe par 57 oui, contre 40.

On embraye avec l’ouverture des magasins trois dimanches par an. Les positions sont connues (lire nos éditions du 11 septembre). Depuis le vote par le peuple du contreprojet en 2016, les partenaires sociaux sont incapables de s’entendre sur une convention collective accompagnant ces ouvertures supplémentaires. Du coup, le PLR, avec le soutien du reste de la droite, rejointe par le MCG, a décidé de proposer une ouverture à l’essai pendant trois ans. Les travailleurs seront-ils sacrifiés? «Pas du tout, explique Jacques Béné (PLR), un des auteurs du projet. Les usages nous imposent de ne faire travailler que des volontaires et leurs heures seront compensées à 100%». La gauche n’en croit pas un mot, ni d’ailleurs les syndiqués qui manifestaient devant le bâtiment un jour plus tôt. «Le patronat se comporte comme un voyou, tonne Pablo Cruchon (EàG). Il n’y a pas de majorité en son sein pour une CCT dans le secteur, alors il avance sans.» «Vous rallumez la guerre des ouvertures de magasins au lieu de soigner le partenariat social, prévient Romain de Sainte-Marie (PS). Mais au vote, le projet passe par 54 voix, contre 36. Il y a dix jours, Unia promettait un référendum dans cette hypothèse. (TDG)

Créé: 21.09.2018, 20h16

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Amherd, première femme à la tête de l'armée suisse
Plus...