Départs en masse à l’Etat, surtout à l’Instruction publique

Retraite anticipée Les fonctionnaires avaient jusqu’au 31 mars pour annoncer leur départ sous les anciennes conditions de la CPEG, 380 l’ont fait.

François Longchamp, le président du Conseil d'Etat, considère le nombre de départs en préretraite comme «logique».

François Longchamp, le président du Conseil d'Etat, considère le nombre de départs en préretraite comme «logique». Image: Keystone

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Ils seront 380 employés de l’Etat à partir en préretraite entre l’automne et la fin de l’année en profitant d’un pont AVS. C’est trois fois plus de monde que l’an passé, signalait l’ATS la semaine dernière. La cause de ce départ en masse? Les modifications du plan de retraite des fonctionnaires annoncé à la fin de 2016. Il se traduit par une hausse d’un an de l’âge où un fonctionnaire peut partir sans pénalités. Les personnes souhaitant en rester au plan de retraite précédent, quitte à anticiper leur départ, avaient jusqu’au 31 mars pour s’annoncer.

Alors 380 personnes, c’est beaucoup? «C’est un chiffre assez logique, commente le président du Conseil d’Etat François Longchamp. Nous avions déjà enregistré des départs importants en 2013. Puis plus rien. Trois ans plus tard, on commence à retrouver une certaine proportion de personnel éligible pour un départ.» En 2013, au moment du dernier Plan d’encouragement au départ anticipé des fonctionnaires (Plend), 556 fonctionnaires s’étaient annoncés partants. Après cette saignée, les années suivantes, le chiffre tombait à presque rien, quelques dizaines, avant de remonter en 2016.

En 2017, c’est le Département de l’instruction publique (DIP) qui subit la purge principale avec 266 départs sur 380, soit 70% du total. Proportionnellement, c’est beaucoup, puisque ce département ne regroupe que 50% des employés du petit Etat. Les salaires relativement élevés des enseignants expliquent peut-être cette avalanche. Vu qu’un départ en retraite anticipée implique une perte salariale, il faut disposer d’un bon revenu de base pour se le permettre. «Les rentes des enseignants ne sont pas toujours élevées, modère toutefois Laurent Vité, responsable du syndicat du primaire (SPG). Certains, des femmes surtout, travaillent à temps partiel et ont parfois interrompu leur carrière pour leurs enfants.» Le deuxième département le plus touché par les départs est celui de la sécurité et de l’économie, puis vient celui des finances.

Ces postes seront-ils repourvus? Marc Simeth, président du Cartel intersyndical, n’en sait rien: «Comme pour tout, nous avons demandé à notre employeur d’avoir des discussions sur ce point. Mais il n’a pas répondu.» L’affaire est toutefois pressante. Car il faudra trouver des enseignants dès la rentrée de septembre. Et au total près de 520 personnes pour l’ensemble du petit Etat d’ici à la fin de l’année, si on ajoute aux préretraites les fonctionnaires partant normalement à la retraite, soit environ 140 personnes. Pour le DIP, ce sera un tour de force, estime Laurent Vité: «En 2013, le trou avait été comblé par l’embauche de suppléants qui ont terminé leur formation en cours d’emploi. On avait aussi pompé dans les réserves des autres cantons. Cette fois, ce ne sera pas forcément possible.» Autre problème, les effectifs d’élèves augmentent.

Globalement, Les fonctionnaires partants seront-ils remplacés? Réponse de François Longchamp: «Nous continuerons d’appliquer la baisse de 1% annuelle du personnel. Mais comme annoncé depuis 2014, la Sécurité et le DIP seront préservés, même s’il pourra y avoir quelques tensions ici ou là.»


Le fonctionnaire type est une Suissesse de 44,6 ans

Parlons moyenne! En dépouillant le dernier bilan social 2016 de l’Etat de Genève, on peut dresser le portrait-robot du fonctionnaire de base. Et bien, cet employé modèle… est une femme! Elle est âgée de 44,6 ans, Suissesse et travaillant à l’Etat depuis 14 ans. Elle habite Genève et exerce une fonction à 100% dans le social ou l’éducation. Enfin, son salaire tourne autour de 8675 francs. Pas mal, non? On reprend. Fin 2016, 17 387 personnes (en hausse de 0,91% par rapport à 2015, réparties sur 15 820 postes) travaillaient dans un des sept départements cantonaux et au Pouvoir judiciaire, le fameux petit Etat. Le grand Etat, formé du petit Etat et des établissements subventionnés, comme les Hôpitaux HUG, les SIG, la FSASD, l’Université etc.) employaient au total, 39 156 personnes. 54,8% des employés du petit Etat étaient des femmes, 45,2% des hommes. Les femmes représentent 66,8% des effectifs du DIP, lequel emploie 50% des fonctionnaires du petit Etat. En regardant le Grand Etat, la répartition change: avec 10 275 postes, l’enseignement pèse un poil moins que le social (11 489 postes). Globalement, l’âge moyen des fonctionnaires du petit Etat est passé de 44.4 ans en 2015 à 44.6. Un gros tiers des employés a plus de 50 ans. On notera que sur les 17 387 fonctionnaires, plus de 15 000 sont suisses et plus de 12 000 habitent Genève. Enfin, le salaire médian annuel atteint 112 779 francs, soit 8675 francs par mois. (TDG)

Créé: 18.04.2017, 18h12

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