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Densification genevoise, une réalité statistique

Sur quels faits les slogans scandés lors du défilé du 24 février contre la densification de la ville se basent-ils? Analyse.

La surdensification, thématique majeure des élections cantonales.
La surdensification, thématique majeure des élections cantonales.
Laurent Guiraud

«Non à une urbanisation non contrôlée du canton», «Pour des quartiers à taille humaine», «De l’air pour les Genevois», «Non au bétonnage de Genève»Slogans scandés lors du défilé du 24 février contre la densification de la ville. La manifestation était organisée par l’association Sauvegarde Genève, avant trois référendums contre des plans localisés de quartier

Hasard du calendrier, l’Office cantonal de la statistique (Ocstat) a publié mardi les chiffres de la densité de population à l’heure où la «surdensification» s’est imposée comme une thématique majeure des élections cantonales. Sans oublier les trois récents référendums au Petit-Saconnex, à Bernex et à Chêne-Bougeries, qui ont alimenté un large débat sur l’avenir de notre territoire au regard de l’évolution de sa population.

Les données tout juste révélées sont éclairantes: en fin d’année 2017, le canton de Genève affichait une densité de population de 2028 habitants au kilomètre carré. Un an plus tôt, 18 personnes de moins vivaient sur cette même surface. Les chiffres sont éloquents sur une plus grande échelle temporelle: en dix ans, «la progression se monte à 206 habitants (1822 habitants au kilomètre carré à la fin de 2007)», écrit l’Ocstat. En vingt ans, près de 400 habitants se sont ajoutés (1629 habitants au kilomètre carré à la fin de 1997) au kilomètre carré dans le canton. Cela représente une augmentation de 20% en deux décennies.

Ces statistiques donnent-elles raison aux antidensification, ceux descendus dans la rue en début d’année pour dénoncer le «bétonnage» du canton? Impossible à dire puisque la notion de «surdensification» n’est pas quantifiable. Elle est davantage un ressenti face à une population qui augmente dans un espace inextensible.

Preuve en est que les trois référendums lancés contre des projets de constructions ont agité des communes et des quartiers où la densité est loin d’atteindre des pics. Ainsi, Bernex et Chêne-Bougeries comptent respectivement 777 et 2866 habitants au kilomètre carré; c’est pourtant là que les nouvelles constructions, relativement modestes, ont reçu des signes d’opposition dans les urnes (refusées à Chêne-Bougeries, finalement acceptées à Bernex). Inversement, les régions de la ville les plus densément peuplées – le sous-secteur de Cluse-Philosophes, par exemple, affole les compteurs avec près de 36 000 personnes au kilomètre carré – ne renferment aucune contestation majeure.

Quoi qu’il en soit, la densification de Genève est une réalité qui s’observe dans presque toutes les communes. Logiquement, c’est en ville de Genève que la promiscuité est la plus grande, avec 12 796 habitants au kilomètre carré. «Rappelons qu’elle groupe 47% des logements du canton, tandis que les surfaces agricoles et boisées ne forment que 5% de son territoire», écrivent les statisticiens genevois. Si Genève est bien la ville la plus densément peuplée du pays, il est faux de prétendre qu’elle figure dans le classement mondial (comme le faisaient les partisans de la loi sur la densification en 2014). À titre d’exemple, Dacca, au Bangladesh, compte près de 44 000 habitants au kilomètre carré.

Rien à voir, donc, avec Carouge (8392 habitants au kilomètre carré), Chêne-Bourg (6799), Onex (6756) et Lancy (6713), qui suivent la ville de Genève dans le classement genevois de la densité de population.

Quant à ceux qui veulent éviter un voisinage trop oppressant, ils sont invités à chercher un logement du côté de Russin. On y compte 110 habitants au kilomètre carré, soit la valeur la moins élevée du canton.

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