La démolition d’une villa fâche le Petit-Saconnex

TravauxDiverses associations convoitaient l’ancienne demeure pour en faire une maison de quartier.

Des membres de l’association d’habitants Petit-Saconnex et des Genêts protestent contre la démolition de la Villa Ducret.

Des membres de l’association d’habitants Petit-Saconnex et des Genêts protestent contre la démolition de la Villa Ducret. Image: Laurent Guiraud

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Une maison éventrée et des habitants très en colère. La démolition de la villa Ducret, sise au 16, chemin des Genêts, ne passe pas inaperçue au Petit-Saconnex. «C’est scandaleux, cela fait six ans que nous nous battons pour sauver cette maison, protestent des membres de diverses associations du quartier rassemblés, la semaine dernière, devant le chantier. Cette destruction est sauvage et brutale.»

L’association d’habitants du Petit-Saconnex et des Genêts (Ahptsg) réclame depuis plusieurs années une maison de quartier et des locaux pour développer ses activités. «Le secteur manque cruellement de lieux où les gens peuvent se rencontrer», souligne Alain Clerc, président de l’Ahptsg. Ses membres avaient jeté leur dévolu sur la villa Ducret. Proche de l’école et de la ludothèque, elle répondait parfaitement à leurs besoins.

La demeure en question était vouée à la démolition. Au début des années 1980, un plan d’urbanisme projetant la réalisation de plusieurs immeubles dans le secteur inclut la destruction de la bâtisse. Datant du XIXe, voire du XVIIIe siècle, la maison est toutefois recensée à l’inventaire cantonal comme «bâtiment intéressant» en 1989. Cela ne la protège pas pour autant.

Une demande d’autorisation de démolition de la villa Ducret est ainsi déposée en 2012. Ils sont nombreux à s’y opposer: l’association d’habitants, mais aussi le Cercle des amis de la Ferme de Budé, les Éditions Encre Fraîche et Patrimoine Suisse Genève. Cette dernière relève que «la réalisation des bâtiments prévus n’est pas liée à la disparition de la maison et que son maintien, avec une affectation positive, pourrait constituer le témoin d’un état ancien du quartier».

Le Canton ne partage visiblement pas cette vision. En 2015, il accorde aux promoteurs l’autorisation de démolir la villa. D’abord utilisée par les ouvriers de l’immeuble locatif construit sur la parcelle, la demeure est finalement détruite la semaine passée. «Nous sommes mis devant le fait accompli», regrette Alain Clerc.

Au tout début du mois, l’association d’habitants avait fait une nouvelle fois part de son intérêt pour la demeure aux autorités cantonales et municipales. Son courrier est resté lettre morte.

Qu’adviendra-t-il de cette parcelle après la disparition de la bâtisse? Malgré nos nombreuses sollicitations, le Canton n’a pas répondu à nos questions. Le PLQ d’origine montre une place de jeux aménagée devant le nouvel immeuble locatif. «Il y avait l’espace suffisant pour maintenir la maison à côté, observe le président de l’Ahptsg. Nous attendons désormais de voir ce que les autorités vont nous proposer.»

Créé: 27.01.2019, 16h52

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