La démolition éventuelle d’une chapelle de Carouge divise

Une pétition signée par une centaine d’habitants s’oppose à la disparition de l’édifice. Le Conseil municipal est très partagé.

La chapelle de la rue du Centenaire à Carouge.

La chapelle de la rue du Centenaire à Carouge. Image: Steeve Iuncker Gomez

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L’avenir de la petite chapelle évangélique de la rue du Centenaire, à Carouge, repose entre les mains du Département du territoire (anciennement Département de l’aménagement). Il devrait se prononcer dans les prochains mois sur la mise à l’inventaire (mesure de protection) de ce bâtiment, non loin du MParc La Praille. Une pétition signée par une centaine d’habitants s’oppose à sa disparition.

En effet, l’Église évangélique libre, propriétaire, souhaite la démolir pour reconstruire un bâtiment de huit niveaux. Le lieu de culte serait maintenu, avec du logement au dessus. «Ce n’est pas une opération immobilière pour faire de l’argent, se défend Hubert Gogniat, président du conseil de paroisse. Les logements servent à financer la construction. Nous recevons de plus en plus de familles avec enfants, nous avons besoin de plus d’espace pour les accueillir. De plus, le bâtiment n’est plus aux normes de sécurité.» Il envisage d’organiser des séances d’information pour le voisinage, «afin de leur expliquer que nos locaux ne seront pas réservés aux membres de la paroisse, mais seront ouverts à tout le quartier».

Selon la pétition, signée principalement par des habitants de l’îlot des Pervenches, dont la chapelle constitue l’amorce, «le caractère néfaste d’une éventuelle construction ne fait aucun doute. Il y a une harmonie d’ensemble entre les bâtiments des rues du Centenaire, Jacques-Grosselin et Louis-de-Montfalcon, qui forment un îlot. Nous avons donc décidé d’exprimer notre détermination de ne pas voir disparaître un élément qui fait partie intégrante de notre quartier pour être remplacé par une construction incongrue et disproportionnée.»

Face à cette pétition et à la possibilité de demander au Conseil administratif d’intervenir, le Conseil municipal de Carouge s’est montré très divisé, avec 15 voix pour et 15 voix contre. La présidente, Gabriella Sonderegger (MCG), a tranché, contre. «Donc nous n’interviendrons pas», confirme Nicolas Walder, conseiller administratif en charge de l’Aménagement.

Le projet de démolition et reconstruction dépend de la demande de mise à l’inventaire de la chapelle déposée par Patrimoine suisse Genève. Dans le bulletin de l’association, Claire Delaloye Morgado vante sa «toiture débordante, son petit clocher carré», ses trois ouvertures sur la façade principale, «autant d’éléments empruntés à l’architecture gothique et traditionnelle suisse». De plus, elle fait partie «des huit chapelles de style suisse recensées dans le canton et est la dernière à ne pas bénéficier d’une mesure de protection». L’auteure plaide également l’harmonie de l’ensemble de l’îlot: «Les maisons cossues et les immeubles construits à la suite de la chapelle s’alignent sur celle-ci et prennent pour référence son gabarit.» (TDG)

Créé: 03.06.2018, 18h16

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