La déforestation rattrape le consulat du Brésil

ClimatLes incendies en Amazonie provoquent de vives réactions contre le gouvernement brésilien. Quelque 200 personnes ont manifesté à Genève.

Rue de Lausanne, vendredi midi. Quelque 200 personnes ont manifesté devant le consulat du Brésil.

Rue de Lausanne, vendredi midi. Quelque 200 personnes ont manifesté devant le consulat du Brésil. Image: Maurane Di Matteo

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Les incendies en Amazonie alarment fortement la société civile partout dans le monde. A Genève aussi. Vendredi à midi, environ deux cents personnes se sont rassemblées devant le Consulat du Brésil, situé 45 rue de Lausanne, pour protester contre la déforestation dans le plus grand pays d'Amérique du Sud. L’annonce de cette manifestation s’est diffusée jeudi, notamment via WhatsApp.

Jean-Jacques Fontaine, journaliste retraité et auteur du livre «Le Brésil de Jair Bolsonaro», explique que si le taux de déboisement de la forêt amazonienne dépasse les 25% (il s'élève actuellement à 17%), l'Amérique du sud deviendra une zone qui rejette du CO2 plutôt qu'elle ne le capture. Les actions du président brésilien, Jair Bolsonaro, accélèrent énormément ce processus.

Différentes organisations sont présentes, mais aucune ne revendique avoir organisé cette manifestation non-autorisée. Tous insistent sur la spontanéité du rassemblement. Au centre de celui-ci, l'on retrouve des représentantes du Comité Lula Libre, mouvement brésilien d'opposition au gouvernement actuel, ainsi que des membres de Climate Strike et de Breakfree, collectifs de mobilisation pour le climat. Ambre*, membre de Breakfree, déclare que ce n’est pas la première fois que le collectif manifeste aux côtés de militants brésiliens. Le groupe insiste "sur la responsabilité de la Suisse, notamment des banques", et promeut le désinvestissement des énergies fossiles. La foule est intergénérationnelle, mais composée majoritairement de jeunes et de seniors. On peut reconnaître quelques visages familiers, dont celui de Dan Acher, activiste de longue date à Genève et fondateur de Happy City Lab.

Parmi les slogans scandés par la foule, certains ont déjà été entendus aux marches pour le climat. Nombre d’entre eux, cependant, visent directement le président du Brésil : «Fora Bolsonaro !» («Dehors Bolsonaro !»). Les pancartes aussi l’attaquent directement, comme celle où figure son portrait, accompagné du slogan «Burn fascists, not forests» («Brûlez les fascistes, pas les forêts»). Si la foule entière reprend les slogans qui visent le climat ou le leader brésilien, on ne peut pas en dire autant des messages anticapitalistes, que la partie la plus âgée de la foule ne suit plus. Un slogan lancé par une militante brésilienne, «Contre le génocide des indiens !», ne fait pas du tout mouche. Elle repart donc sur un plus prudent «SOS Amazonie !».

Au fur et à mesure que la manifestation grossit, avec l'arrivée de quelques curieux, la sécurité augmente. Sept policiers arrivent en renfort mais aucun incident n'est à déplorer.

Peu avant 13 heures, les membres de Lula Libre annoncent la fin de l’événement et le rassemblement commence à se disperser. Selon nos informations, une manifestation similaire aura lieu ce samedi après-midi à la place des Nations.

*Prénom d'emprunt

Créé: 23.08.2019, 17h25

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