La défense attaque l'enquête de police

Meurtre de la petite SemharPour les avocats du prévenu, les investigations ont été menées à charge. Leur client est innocent.

Dessin de Patrick Tondeux.

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Au quatrième jour du procès du ressortissant éthiopien de 42 ans jugé pour avoir violé et étranglé la petite Semhar, sa belle-fille de 12 ans, la défense peaufine sa tactique. La semaine prochaine, Mes Yaël Hayat et Vincent Spira, avocats du prévenu, comptent plaider l’acquittement. Jeudi, ils ont commencé par attaquer l’enquête de police, ses prétendues faiblesses et sa partialité.

À la barre, des enquêteurs de la Brigade de police technique et scientifique expliquent comment ils ont procédé après le crime du 23 août 2012 pour retrouver les traces ADN des protagonistes. Ce meurtre est, à leur connaissance, l’une des affaires où il y a eu le plus de prélèvements ADN. Ils indiquent avoir notamment trouvé des traces du sang de l’adolescente sur le cadre du lit conjugal. À ces mots, une vague de souffrance semble submerger la mère de Semhar qui se lève et quitte le prétoire.

«Il est impossible de savoir depuis quand ces traces sont là et comment elles y sont parvenues», poursuivent les policiers. On en vient au slip de la jeune fille. Dans l’entrejambe de ce slip, on trouve l’ADN du prévenu. Mais les avocats soulignent que sur les bords du sous-vêtement, on relève aussi l’ADN du père de Semhar mélangée à celle de son jeune frère (un bébé à l’époque). On comprend, à travers leurs interventions, que Mes Hayat et Spira considèrent que la police accentue l’importance de certaines traces (celles du prévenu) et en exclut d’autres. «On a exclu les personnes de la famille», explique un inspecteur. À noter tout de même, que le père de la défunte a fait partie pendant un certain temps des suspects potentiels. Pour la défense pourtant, l’enquête n’a pas été menée avec l’objectivité requise.

Deux inspecteurs de la criminelle venus déposer dans l’après-midi ont aussi subi le feu des critiques. Pourquoi dépêche-t-on toute une commission rogatoire en Éthiopie pour interroger une ex-compagne du prévenu dont on n’est même pas sûr qu’elle acceptera de témoigner? L’enquête de voisinage dans le quartier de la Tambourine a-t-elle été bien menée? Comment se fait-il qu’il n’en reste pas de traces écrites? Les avocats ne comprennent pas pourquoi on n’a pas davantage cherché le «Monsieur à la cravate» qui a sonné quelques semaines avant le drame chez Semhar et dont elle aurait eu peur.

La juge Cuendet se demande pour sa part pourquoi le corps de la jeune fille n’a été retrouvé que le 24 août, soit le lendemain du crime. Les inspecteurs l’ont d’abord cherché à l’extérieur. Lorsqu’une copine de la victime les a informés que le 23 août à 19 h 30, Semhar lui avait dit qu’elle rentrait chez elle, la police a fouillé l’appartement de fond en comble. Le corps de la jeune fille se trouvait sous le lit conjugal.

Le procès se poursuit.

Créé: 07.06.2018, 20h05

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