Les débuts mouvementés de la chancelière

PortraitÉlue en juin par le Conseil d’État, Michèle Righetti a affronté la crise du gouvernement genevois sans flancher.

Michèle Righetti a toujours été attirée par le service public.

Michèle Righetti a toujours été attirée par le service public. Image: Georges Cabrera

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«Ce sera difficile de trouver quelqu’un pour en dire du mal.» C’est un haut fonctionnaire qui parle. Étonnant! Dans le monde faussement feutré de l’administration, les médisants ne manquent pourtant pas. Souriante, attentive, la chancelière Michèle Righetti semble désarmer les critiques. Même le Conseil d’État est content!

Ce n’était pourtant pas évident, puisque, à peine élue, en juin, la magistrate a dû affronter la crise de l’affaire Maudet et conseiller au mieux le gouvernement sur sa restructuration. De quoi faire une avalanche de mécontents. Apparemment, l’obstacle a été franchi à la satisfaction générale.

D’Alexandrie à Lausanne

Née en 1971, Michèle Righetti aurait été une petite fille rêveuse. Elle grandit à Malagnou, fait sa scolarité à Florimont. Mais cette normalité dissimule une histoire familiale plus mouvementée. Quinze ans plus tôt, dans la foulée de l’intervention de Suez, sa famille quitte Alexandrie. Elle explose aux quatre vents, notamment au Canada et en Suisse. Sa mère, Italienne et Suissesse, mais née en Égypte, et son père, copte égyptien, atterrissent à Lausanne. Ils rejoignent Genève douze ans plus tard.

Ce départ, c’est une rupture familiale sans doute, mais pas d’histoire à la Cosette ici, puisque son père va travailler dans le négoce du coton. Dans cet univers tranquille, la jeune fille choisit le droit à l’Université puis travaille quelque temps au sein de la Commission de recours AVS-A, puis au Tribunal cantonal, à Lausanne.

Les aléas d’un métier

Attirée par le service public, «la volonté de trouver un sens à son travail», la jeune femme entre en 1999 au Département de l’action sociale et de la santé. Elle est chargée d’un dossier lourd: la rédaction de la loi cantonale sur l’assurance maternité. La Suisse avait voté contre pour la énième fois, mais Genève avance. «Les milieux patronaux espéraient être tranquilles pour dix ans. Raté», plaisante son ex-patron Guy-

Olivier Segond. La mise en place du projet n’est pas facile. «Souriante, avenante, souple, mais tenant la ligne», comme le rappelle son ancien chef, Michèle Righetti s’en sort bien. Plus tard, elle succède à Marie Da Roxa au secrétariat général, nommée par Pierre-François Unger, patron du Département des affaires régionales, de l’économie et de la santé (Dares).

Vu de loin, la vie de la haute administration ressemble à un long fleuve tranquille serpentant entre des structures intangibles, des directives éclairées, des règles avisées… En réalité, c’est l’inverse ou presque. En 2013, le Dares explose. Michèle Righetti et les membres du secrétariat général doivent trouver un point de chute ou quitter l’État. Dans leur malheur, les fonctionnaires ont de la chance: «J’ai conseillé à Maudet de reprendre ces postes au lasso», explique Segond. Mais le point de chute trouvé s’avère carabiné, puisqu’il s’agit de reprendre l’Office pénitencier.

Michèle Righetti reste deux ans au sein de cette «boîte à emmerdements», comme l’appelaient aimablement à l’époque les initiés. Puis c’est le départ aux HUG, comme directrice adjointe de Bertrand Levrat. Là aussi un dossier lourd l’attend: la diminution du nombre de départements, qui entrera en vigueur bientôt, et là encore le responsable est laudateur: «Michèle Righetti a des talents multiples, de belles qualités humaines, une grande force de travail.»

Un peu de loisirs enfin

Forte d’un profil rare, à la fois opérationnel et d’état-major, la voici donc chancelière. Sera-t-elle flamboyante, intéressée par les missions externes au point de laisser passer des bourdes internes? «La Chancellerie se consacrera avant tout à ses missions d’état-major», dit l’intéressée. En d’autres termes, les réunions du Conseil d’État et du collège des secrétaires généraux auront la priorité. Pour l’heure, aucun couac n’est à déplorer.

«Optimiste mais anxieuse», comme elle dit, la patronne de la Chancellerie a une vie à côté du travail. Mère de deux enfants, elle pratique la méditation à petite dose et s’intéresse à l’hypnose. Aux moments de loisirs, la philo douce prend le relais. Cet été, c’était «Conversation avec mon coiffeur pour aimer la vie», un livre de Tal Ben-Shahar. La cuisine est un autre de ses dérivatifs. La blanquette de veau fait l’objet de recherches et de réalisations multiples. Avec des champignons, la blanquette.

Créé: 22.11.2018, 10h08

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