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Le débat politique fait son show au Salon de l’auto

Alain Berset, François Longchamp et le président de la manifestation ont croisé le fer sur la mobilité. En voiture!

A la suite des discours officiels, Alain Berset a visité les stands du Salon, avec un intérêt marqué pour les véhicules hybrides.
A la suite des discours officiels, Alain Berset a visité les stands du Salon, avec un intérêt marqué pour les véhicules hybrides.
Olivier Vogelsang

L’inauguration officielle du 86e Salon international de l’auto, ce jeudi à Palexpo, a débouché sur un véritable feu d’artifice sur la politique nationale de la mobilité. Maurice Turrettini, président du Salon, s’est fait l’avocat des malheureux automobilistes discriminés par rapport au rail. Le conseiller fédéral Alain Berset ainsi que François Longchamp, président du Conseil d’Etat, lui ont ensuite répondu du tac au tac.

Très loin des discours un peu gentillets tenus souvent lors de ce type d’événements, les trois orateurs ne se sont pas ménagés, mais avec beaucoup d’élégance et d’humour. En ligne de mire: le deuxième tube au Gothard, l’initiative fédérale dite «vache à lait», la traversée du lac et l’élargissement de l’autoroute de contournement. Rien que cela.

Automobilistes victimes

Après avoir rappelé l’importance de l’industrie automobile en Suisse (15% du PIB), Maurice Turrettini a dit sa satisfaction que les Suisses aient accepté dimanche de financer un deuxième tube routier au Gothard (Genève a dit non). Petit coup d’accélérateur lorsqu’il enchaîne sur la traversée du lac, affirmant «qu’elle est désormais soutenue par une majorité de Genevois». En réalité, la votation aura lieu le 5 juin.

Le président du Salon de l’automobile a ensuite rompu une lance en faveur de l’initiative fédérale dite «vache à lait» (il est membre de son comité), également au programme des votations de juin. Elle vise à ce que l’argent versé en taxes et impôts par les automobilistes ne serve qu’au financement de projets routiers. «Nos infrastructures routières sont totalement insuffisantes et n’ont pas su s’adapter», a-t-il déclaré.

Le Gothard, non merci

Deuxième à prendre la parole, François Longchamp a voulu tempérer très vite l’enthousiasme de son préopinant sur le Gothard. «Lors de la procédure de consultation, le Conseil d’Etat a fait valoir auprès du Conseil fédéral qu’il y avait d’autres projets routiers au moins aussi essentiels. Plus de 70 000 voitures empruntent chaque jour notre autoroute de contournement. C’est quatre fois plus que le trafic enregistré au Gothard.»

Autre désaccord: l’initiative «vache à lait». «Elle priverait le Conseil fédéral de marge de manœuvre. Il serait au contraire souhaitable qu’elle soit retirée au profit de Forta, le fonds financier projeté par le Conseil fédéral et destiné justement à financer les infrastructures routières.»

Une histoire d’équilibre

Invité d’honneur, le conseiller fédéral Alain Berset a été le dernier à s’exprimer. Retraçant l’histoire de l’automobile, son importance dans la société, le chef du Département de l’intérieur a multiplié les anecdotes, les souvenirs personnels et les mots d’esprit.

Sur le plan plus politique, son message a été clair: «La politique de la mobilité, ce ne peut être jouer un moyen de transport contre un autre. C’est une recherche d’équilibre.»

La transition était toute trouvée avec l’initiative «vache à lait». «Autant le Conseil fédéral a soutenu le deuxième tube du Gothard, autant notre opposition à cette initiative est forte. Car nous y perdrions de la flexibilité.»

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