Après le débat électoral, notre complément d’enquête

Fact-checkingLa «Tribune de Genève» effectue le service après-vente des joutes oratoires et autres arguments que se sont échangés jeudi les candidats au second tour de l’élection à l’Exécutif.

Image: Pierre Albouy

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La vidéo du débat:

Un politicien, ça parle beaucoup, mais il faut parfois faire le tri. Entre deux tours d’élection au gouvernement, les onze candidats encore en lice ont débattu jeudi soir à Uni Dufour pendant plus de deux heures, à l’invitation de la «Tribune de Genève» et de Radio Lac. Nous avons repris des éléments de ce débat et avons procédé à des vérifications. Il y a du juste. Et du pas totalement vrai.

LOGEMENT

Antonio Hodgers (Verts): «On a déjà fait 20% de l’objectif (Ndlr: du plan directeur cantonal, qui prévoit 50 000 nouveaux logements d’ici à 2030), donc on a fait déjà 10 000 logements.»

Si on compte depuis 2010, date de la conception de ce plan directeur cantonal, on en est en fait à 13 264 logements neufs bâtis. C'est près de 27% de l'objectif fixé pour 2030. En outre, à la fin de 2017, 5189 autres nouvelles habitations étaient en cours de construction, un chiffre historiquement élevé (ndlr: ce paragraphe a été corrigé par rapport à sa version initiale).

FISCALITÉ

Jocelyne Haller (EAG): «Le canton de Vaud a un taux d’imposition des entreprises déjà inférieur à celui de Genève, celles-ci n’ont pas quitté le canton pour autant.»

Il y a au moins deux contre-exemples récents. Le groupe biopharmaceutique américain Incyte a annoncé le transfert de son siège européen du Petit-Saconnex vers Morges en 2019 (150 employés à terme) et créera une nouvelle usine à Yverdon avec zéro impôt: 130 personnes et un investissement de 100 millions de francs (notre édition du 2 mars). Outre les avantages fiscaux, le manque de terrains explique aussi ce départ. De plus, le groupe de transport maritime Lozali, 1600 employés, quitte Cologny pour Tannay (VD), ouvertement pour raisons fiscales (notre édition du 24 janvier).

«Noble Group, LVMH et Selexis ont fait le choix inverse en s’installant dans le canton de Genève, relativise Emmanuelle Lo Verso, porte-parole du Département genevois de l’économie. Le déménagement d’une société dans un autre canton est plutôt rare et les changements se font plutôt sur la durée. Le choix d’un canton se fait essentiellement lors de la création ou de l’implantation.»

ÉDUCATION

Anne Emery-Torracinta (PS): «Je ne crois pas que j’aie particulièrement axé mon discours sur l’école inclusive. Ma priorité, c’est la lutte contre le décrochage scolaire.»

S’il est difficile de vérifier cette affirmation de la ministre de l’Instruction publique dans l’absolu, il y a quelques indicateurs. Au moins cinq communiqués de presse de son département évoquent l’«école inclusive», dont un dans le titre. Mais tous parlent également de décrochage ou d’échec scolaire, de jeunes en rupture ou sans certification. Dans le dernier communiqué, sur la rentrée 2017, le terme «inclusif (/ve)» apparaît six fois, mais le texte évoque aussi le renforcement du primaire et des postes de soutien. Les médias, eux, ont nettement focalisé sur ce thème: une recherche dans les archives de presse avec le nom «Torracinta» indique 63 occurrences d’«école inclusive» contre 33 occurrences de «décrochage scolaire» et 14 pour «échec scolaire».

Nathalie Fontanet (PLR): «Nous avons aujourd’hui dans notre canton des professeurs qui sont battus par leurs élèves.»

Si ces situations peuvent exister, on ne peut pas les généraliser. «Il me semble que c’est marginal, relève Laurent Vité, président de la Société pédagogique genevoise, le syndicat des enseignants du primaire. Cela n’arrive pas dans le cadre d’une relation pédagogique ordinaire. Il y a des cas extrêmes dans l’enseignement spécialisé, je pense à certains autistes adolescents qui peuvent être très costauds, très forts. Moi-même, j’ai reçu une petite tape d’un enfant, mais ce n’était pas méchant.»

Du côté de l’enseignement secondaire, Jean-Pierre Martinet, membre du bureau de l’Union de ce corps, ne connaît aucun cas de violence d’un élève envers son enseignant. «Par contre, venant d’un parent d’élève, c’est arrivé une fois il y a quelques mois, pour la première fois.»

Serge Dal Busco (PDC): «On a voté pour pratiquement 500 postes supplémentaires d’enseignants durant la législature.»

Le ministre des Finances, qui voulait démontrer que son camp politique de droite n’avait pas négligé la formation, est un poil modeste. Entre 2013 et 2018, le nombre de postes d’enseignants a augmenté de 595 unités, pour se fixer à 6181 (+10,6% en cinq ans). Une bonne moitié de cette hausse est liée à la croissance démographique puisque, dans le même temps, le nombre d’élèves a crû de 6,6%.

SANTÉ

Mauro Poggia (MCG): «Des gens meurent à Genève en raison de la mauvaise qualité de l’air.»

Il est vrai que la pollution, combinée à d’autres facteurs, peut entraîner des décès prématurés. L’impact est notable en cas de maladie cardiovasculaire, au-delà de 74 ans, et en cas de fortes chaleurs. S’il n’existe à notre connaissance pas de chiffres pour Genève, selon l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), la pollution est responsable ou coresponsable de la mort prématurée d’entre 3500 et 4000 personnes par an en Suisse, soit 6% des décès enregistrés.

EMPLOI

Mauro Poggia (MCG): «Aujourd’hui on a un taux de chômage de 4,7%. Il y a quatre ans, on était à 5,6%.»

Un échange confus a eu lieu sur le taux de chômage pour dresser le bilan du ministre de l’emploi. Si ce taux était bien à 5,6% à Genève en décembre 2013, date de son entrée en fonction, il était à 4,9% le mois dernier et bien à 4,7% le jour du débat. C’est la première fois de la législature qu’il tombe sous la barre symbolique des 5%. Il faut dire que le magistrat bénéficie d’un changement de méthode de calcul qui tombe à pic: l’Office cantonal de la statistique précise bien que «cette forte baisse est pour partie attribuable à une révision technique» que vient d’opérer le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), en mars 2018. Ainsi, à Genève, «sur la baisse mensuelle de 752 chômeurs, on estime qu’environ 350 cas pourraient être attribués à cette révision technique». Ce que s’est bien gardé de préciser le candidat sortant dans son dernier communiqué de presse.

En revanche, le conseiller d’État a raison quand il affirme que ce taux serait plus bas de 0,3% encore si l’on ne tenait pas compte de l’influence de l’aide aux chômeurs et de l’aide sociale versée par le Canton.

Thierry Apothéloz (PS): «On parle d’un 100% d’augmentation en dix ans à l’aide sociale.»

Le candidat socialiste est près du compte avec cette remarque lancée au ministre chargé de ces questions, Mauro Poggia. Mais de quoi parle exactement le magistrat verniolan? Des dépenses d’assistance? Du nombre de personnes aidées? Joint vendredi, Thierry Apothéloz précise sa pensée: «Je me base sur les rapports de l’Hospice général, et il s’agit de l’évolution du nombre de dossiers entre 2005 et 2015.» Sur ce laps de temps, selon les données compilées par l’Office de la statistique, la progression est à peine moins impressionnante que celle évoquée par le papable: +90%, un quasi-doublement. Le taux est un peu plus élevé si on considère les données disponibles les plus récentes, avec une hausse de 95% entre 2007 et 2017, cette dernière année s’étant achevée avec 13 035 dossiers ouverts (il s’agit de ceux impliquant une aide financière et ne comprennent pas le secteur de l’asile).

MOBILITÉ

Anne Emery-Torracinta (PS): «À Paris, personne n’a l’idée de prendre le bus, pratiquement; à Paris, on prend le métro»

Non, les bus parisiens ne sont pas là juste pour la décoration. Par cette assertion, la socialiste plaide pour un réseau de transports genevois en site propre. Mais pour le syndicat Île-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports à Paris et dans l’agglomération de la capitale française, le bus n’est pas caduc. C’est «une des clés de voûte pour améliorer la mobilité à Paris comme en Grande Couronne», écrivait-il en février 2017. Et de préciser: «Chaque jour, 2 millions de personnes prennent le bus en Île-de-France, autant que le métro.» Ces 2 millions de voyages représentent près de quatre fois ceux assurés quotidiennement sur le réseau TPG, tous types de véhicules confondus. Pratiquement personne?

Luc Barthassat (PDC): «La traversée du lac, pour Berne, ce sera autour de 2040-2045.»

Le dit-il parce qu’il l’espère? Le ministre des Transports a lancé cette prévision alors que le débat tournait autour du financement fédéral, que plusieurs orateurs jugeaient indispensable pour qu’un tel ouvrage soit faisable. Luc Barthassat semble donc estimer que la Confédération entrera en matière sur un financement à cet horizon relativement lointain.

Mais ce n’est pas ce que dit Berne dans un échéancier publié tout récemment, le 17 janvier dernier. Cette information relative au programme de développement stratégique des routes nationales (PRODES) comprend un tableau listant les ouvrages prévus aux horizons de réalisation 2030, 2040 et «autres», plus tardifs. La traversée du lac ne figure nulle part. Elle est tout aussi absente sur les plans accompagnant le dossier. Pour Genève n’apparaissent que les étapes de l’élargissement du contournement autoroutier actuel.


La sécurité s’invite par la bande

Si la sécurité ne faisait pas partie des thèmes du débat ni de la campagne, le sujet est apparu lors des questions du public.

Yves Nidegger (UDC): «Aujourd’hui on deale aux Pâquis comme au bon vieux temps d’Isabel Rochat (Ndlr: ministre PLR en charge de la Sécurité entre 2009 et 2012).»

Le candidat s’attaque ici au bilan sécuritaire du ministre réélu Pierre Maudet. Si l’on parle seulement de trafic de stupéfiants (et non de simple possession ou consommation), il y a eu un minimum de 952 et un maximum de 1401 infractions dans tout le canton entre 2009 et 2012, soit la période où la ministre PLR citée était en charge de la Sécurité. En 2016, ce chiffre a grimpé à 1562 infractions. Mais plus d’infractions constatées, cela peut aussi vouloir dire meilleure efficacité policière, tout est question d’interprétation.

La preuve, selon le communiqué de presse du Département de la sécurité envoyé le jour de la parution des statistiques, l’action de la police «a donné des résultats probants en matière de stupéfiants. Quelque 1611 individus ont été interpellés en 2017, contre 1551 en 2016. Plus de 16 kilos de cocaïne, 17 kilos d’héroïne, 204 000 francs et 58 000 euros ont également été saisis. Sur le terrain, les policiers constatent notamment une diminution du tourisme de la drogue, un éclatement des réseaux et un succès quant aux rapatriements.»
S.S.

Créé: 20.04.2018, 19h52

Les experts désignés pour le débat jugent les candidats au Conseil d’Etat

Blaise Matthey Directeur général de la FER

Le ministre des Finances,Serge Dal Busco, a été très convaincant dans sa stature d’homme d’État qui se préoccupe de la santé économique du canton. Et il a été le seul à adresser un message à la formation professionnelle, pourtant essentielle. La magistrate Anne Emery-Torracinta a livré une prestation solide et affirmé sa crédibilité en matière de décrochage scolaire. Sa position sur la fiscalité des entreprises était rassurante. J’aurais attendu un peu plus de souffle et de profondeur sur l’Instruction publique. Le sortant Antonio Hodgers a affiché une maîtrise de ses dossiers. Sa pertinence sur la mobilité et son courage à propos du péage urbain, qu’il juge inadapté à Genève, ont démontré son pragmatisme.

Luc Barthassat a été le seul à parler de la terre nourricière et de la nécessité de maintenir une mixité dans un territoire en matière d’aménagement, ce qui est à saluer. Très consistant et mesuré, Mauro Poggia a reconnu les efforts effectués par les entreprises en matière de recrutement. Seule ombre au tableau, son rejet du Léman Express, qui, contrairement à ce qu’il a affirmé, sera très vite rempli. Je note qu’il a adressé un message d’ouverture à l’adresse des acteurs privés de la santé. La candidate Nathalie Fontanet a fait preuve de clarté sur les dossiers de l’éducation et du logement. Elle a su expliquer des positions qui sont parfois incomprises parmi la population, comme l’importance d’avoir une mixité sociale, avec des gros contribuables qui permettent de financer les prestations.

Thierry Apothéloz a prouvé son expérience du pouvoir et ses implications. Les entreprises étaient partie prenante de son discours, ce que j’ai apprécié.

Yves Nidegger était sur ses credo traditionnels, soit des constats, mais je suis resté sur ma faim en termes de projets. Quant à Jocelyne Haller, je regrette sa totale incapacité à amener des propositions, à part augmenter la fiscalité. Son taux d’imposition des entreprises à 16% est totalement irresponsable. J.D.W.

Alessandro Pelizzari, Secrétaire régional Unia

J’ai été frappé par la défense collective du bilan de centre droit du Conseil d’État par l’ensemble des sortants, qui ont été solidaires entre eux tout au long de la soirée, à l’exception de Luc Barthassat, qu’ils ont laissé patauger tout seul. Le peu d’avancées sociales qu’a vu la dernière législature en lien avec la surveillance du marché du travail a été revendiqué par le PDC Serge Dal Busco, tandis que ses positions sur la réforme fiscale n’ont pas été contestées par les sortants de gauche. Qu’aucun ministre ne se soit distancié du discours de Mauro Poggia sur la préférence cantonale m’a laissé encore plus perplexe. Ce d’autant plus que, d’un point de vue syndical, ce bilan gouvernemental n’a clairement pas profité aux salariés. Partant de ce constat, deux candidats se sont démarqués. Le socialiste Thierry Apothéloz, d’une manière toutefois assez défensive, a mis l’accent sur la lutte contre la précarité. La candidate Jocelyne Haller, très offensive sur les inégalités du canton, a, elle, pointé les responsables de la casse sociale. Elle a défendu les positions syndicales sur les retraites, sur le service public et sur le salaire minimum, et elle a été la seule à proposer une alternative à la préférence cantonale, en reprenant le slogan syndical «Protégeons les salaires et pas les frontières».

Yves Nidegger a livré une prestation pathétique. Pour se démarquer d’un Conseil d’État qui, derrière son discours moderniste, occupe déjà bien les thématiques de la droite dure, il a sorti ses tirades sur les sans-papiers ou sur les fonctionnaires, mais cela relevait de l’agitation.

Nathalie Fontanet a tenté de se démarquer en se présentant comme la libérale orthodoxe avec un discours à la fois anti-État et autoritaire. Elle donnait l’impression de lire le livre de cuisine du libéralisme, mais de manière peu percutante. Je l’ai sentie perdue. Quant à Willy Cretegny, il fait partie de ce patronat relativement rare qui a une convergence avec le discours syndical. Il a fait preuve de bon sens, mais sa position est restée très marginale durant le débat.» J.D.W.

Anne Reiser Avocate

Deux candidats m’ont particulièrement étonnée durant le débat, mais pour des raisons différentes: Nathalie Fontanet et Jocelyne Haller. Le discours de cette dernière sur le nivellement par le bas des conditions salariales imposé par le secteur privé et sa défense des acquis sociaux du service public m’ont marquée.

Nathalie Fontanet, qui a osé défendre l’autorité de l’école en tant qu’institution, a fait preuve de courage. Les argumentaires déployés par Serge Dal Busco et Mauro Poggia, maîtrisés, ont prouvé que les deux sortants connaissaient bien leurs dossiers.

Anne Emery-Torracinta m’a en revanche donné l’impression d’être dans le déni d’une certaine réalité: par exemple l’illettrisme qui frappe de nombreux jeunes au sortir de l’école. Je ne trouve pas acceptables les propos d’Antonio Hodgers sur la maîtrise du français, qui éludent son importance en se reposant sur les correcteurs automatiques. Or un vocabulaire pauvre ne fait que refléter une pensée pauvre. Le Vert a toutefois été très pro sur ses dossiers, et il a fait preuve de vision et de pertinence sur la mobilité. Quant à Luc Barthassat, je l’ai connu avec plus de charisme. Lors du débat, je l’ai senti bridé et pas naturel. Il était sur la défensive et pas dans le rayonnement qui était le sien quand il a été élu. Un rayonnement que j’ai retrouvé chez Willy Cretegny. Ce dernier m’a touchée car il aborde de front un énorme problème fédéral, soit la politique de libre-échange. L’entrepreneur a parfaitement posé les enjeux de cette concurrence qui peut s’apparenter à du parasitisme. J’ai apprécié la réflexion de Thierry Apothéloz sur l’employabilité des chômeurs âgés. Son écoute d’une dame du public qui souffrait d’insécurité a démontré son humanité et son respect. Je l’ai trouvé grand. Bien qu’un peu lisse sur le débat.

Yves Nidegger s’est montré très critique, mais peu dans la proposition. Enfin, tout le monde a apprécié la réflexion de Paul Aymon sur la santé spirituelle qu’il s’agit de cultiver pour pouvoir participer à un tel débat! J.D.W.

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