Le débat sur le budget court-circuité

Ville de GenèveLe Conseil municipal a procédé, en dernière minute, à un renvoi direct en commission.

Image: G.Laplce/S. Simon/Ville de Genève

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Le silence, c’est un événement en soi au sein du Conseil municipal de la Ville de Genève. Les prises de parole semblaient prêtes à être énoncées sur le projet de budget 2019, à l’équilibre (détails chiffrés ci-contre). Chaque parti donne d’habitude sa position avant de voter oui ou non à l’entrée en matière puis au renvoi en commission. Ce ne fut pas le cas mercredi soir.

Le président du Bureau a étonné en proposant un renvoi direct sans débat. Les consignes pour le vote semblent ne pas avoir bien été interprétées par une minorité d’élus, hésitant sur le bouton à sélectionner. Au final, pas un mot n’a été prononcé, et les élus sont passés directement aux comptes 2017, qui présentent un boni de quelque 33 millions.

La magistrate socialiste en charge des Finances, Sandrine Salerno, a salué cet «exploit. Chapeau bas, c’est une première et je tenais sincèrement à vous remercier.» Elle fut moins satisfaite en constatant que le PLR a été le seul parti à avoir refusé les comptes 2017.

La rapporteuse sur ce sujet, Hélène Écuyer (EàG), a rappelé que les 33 millions de francs de bénéfice serviront prioritairement à couvrir la dette. Elle a relevé «quelques problèmes d’enregistrement de factures, mais on nous a assuré qu’il n’y avait pas de malversations». L’ensemble des intervenants a reconnu des «chiffres justes», mais chacun y est allé de sa petite observation. Anne Carron, PDC, a noté «la lenteur de la mise en place du système de contrôle interne, pas encore achevée alors qu’elle a débuté il y a six ans». Daniel Sormanni, MCG, a rappelé que «déjà l’an dernier, certaines rubriques ont été mal imputées. Il s’agit de plusieurs millions. Il n’y a pas d’excuses.» Tobia Schnebli, EàG, a invité à «plus de courage politique dans cette situation où les bonis se répètent. À cause de la droite, on ne peut pas se permettre une politique sociale ou de logement ambitieuse. On a ainsi refusé de désamianter l’école des Pâquis pour un million!»

Discours logiquement à l’extrême inverse pour Simon Brandt, PLR, qui voit surtout dans ces excédents des sommes non dépensées. «Le boni est le reflet que le budget est construit en partie artificiellement car on a de nombreux matelas.» Ce conseiller municipal est ensuite revenu sur l’historique du maire de l’époque, Rémy Pagani, absent de la séance plénière mercredi. «En 2017, un maire qui a tenté de truquer une votation a été condamné au tribunal pour ça, et ça a coûté 100 000 francs au contribuable. Pour cette seule raison, le PLR ne pourra voter les comptes.»

Des mots qui ont fait bondir la magistrate Sandrine Salerno, à la rescousse de son homologue attaqué. «Vous envoyez un signal un peu particulier. Monsieur Pagani n’a jamais été condamné, la Chambre a cassé la votation. Il a été sujet d’une enquête administrative qui a été diligentée par le Conseil d’État, et je rappelle que son ancien président François Longchamp (ndlr: PLR) a affirmé que Rémy Pagani n’avait pas menti. J’invite Simon Brandt à revoir sa position lorsqu’il insulte un membre du Conseil administratif dans cette enceinte.» Une intervention applaudie. (TDG)

Créé: 13.09.2018, 07h33

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