Dans le quartier des Délices, un feu met tout un immeuble dans la rue

Fait diversLa locataire a voulu éteindre le sinistre en jetant sa literie sur le balcon. Les fumées avaient déjà envahi les allées. Evacuation complète au milieu de la nuit. Récit de voisinage.

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Un seul verbe: «Sortez, sortez!» Il est répété en boucle énergique par une voix féminine, qui hurle à réveiller tout un quartier. C’est son but et elle a raison. De la rue qu’elle remonte au même moment, dans la nuit de vendredi à samedi, peu avant 2h du matin, la passante voit la fumée sortir de l’immeuble situé juste en face du Musée Voltaire. L’adresse identifiée est celle du 21 bis, rue des Délices, un cheminement sans voiture qui longe le parc du même nom.

Un agent de sécurité, assurant sa ronde dans le secteur – le proche bâtiment culturel est truffé d’alarmes – est le premier à intervenir. Il pénètre dans l’immeuble à ses risques et périls, franchit le voile de fumée qui envahit les allées, afin de porter secours aux habitants. Le feu a pris au 1er, mais c’est au sixième que la panique rattrape les locataires. Un couple et ses deux enfants choisissent de fuir par le haut en brisant une cloison vitrée qui mène au toit.

Ils se retrouvent à l’air libre. L’autoéchelle, déployée au pied du locatif, les redescendra par la nacelle. Le père et son fils souffrent de coupures au niveau des membres inférieurs. Les ambulanciers et le médecin cadre du 144 sont là pour eux. Mais aussi pour la locataire chez qui l’incendie a pris. Elle a voulu l’éteindre elle-même en jetant sur le balcon sa literie en feu. Les pompiers, arrivés en grande alarme, avec six véhicules et 19 hommes, se chargent de l’extinction. Ils tirent une lance dans l’escalier et sont rapidement maîtres du sinistre.

Pénétrer par la force

La suite prend plus de temps: il faut évacuer tout l’immeuble, contrôler chaque logement, au besoin pénétrer par la force lorsque les gens ne répondent pas. La doyenne de l’immeuble habite elle aussi au 1er. Sa sonnette est en panne, elle n’a rien entendu, malgré les coups répétés des sapeurs contre la porte; la barre de sécurité finit par céder. La vieille dame se retrouve dans l’allée voisine, celle du 21, assise sur une chaise en bois mise à disposition par une habitante. Un ambulancier est avec elle, il ne la quitte pas des yeux.

Sur le trottoir en face, à la hauteur du 12A, le nid de blessés s’est vite rempli. Une vingtaine de personnes sont contrôlées par l’équipe sanitaire. Peu après 3h du matin, la principale victime est acheminée à l’hôpital pour des examens approfondis. L’agent, qui a inhalé des fumées, est également sous surveillance.

La police a bouclé la rue des Délices dans les deux sens. Plus aucune voiture ne circule dans un périmètre élargi jusqu’à Cavour et Encyclopédie. Vers 4h, le dispositif est progressivement levé. Sorti du lit, le serrurier de garde peut commencer son travail. Il a plusieurs seuils à sécuriser. Les gens réintègrent par petits groupes leur logement, qui avec un chien, qui avec une cage à chat. Les mines sont fatiguées mais rassurées. Une seule locataire manque à l’appel, elle soigne à l’hôpital ses mauvaises nuits.

Feux aux Minoteries

Celle des pompiers n’est pas terminée. A 2h30 du matin, ils sont intervenus à la rue des Minoteries pour un départ de feu dans un container à papier. L’équipage de la tonne-pompe déverse son produit mouillant et moussant sur le foyer qui s’éteint aussitôt. Retour en caserne. Moins d’une heure plus tard, il faut y retourner. L’intervention est plus compliquée. Une moto brûle dans le parking souterrain, à la hauteur du numéro 10.

Ce sous-sol en béton, sur deux niveaux, court de la rue de Carouge au quai Charles-Page. Les fumées disposent d’une place généreuse et font de la résistance dans les moindres recoins. Quatre ventilateurs, positionnés en divers endroits, se chargent de les combattre. « Il faut déployer des observateurs pour s’assurer de la réussite du désenfumage, au risque de devoir revenir une troisième fois durant la même nuit », prévient l’officier de direction du SIS, Frédéric Jaques. Le jour se lève sur Genève. Le ciel est bleu, il a la mine des gens qui ont bien dormi.

Créé: 13.07.2019, 08h27

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