Dans la rue, 300 manifestants avec un slogan unique : "Dégageons l'OMC"

MobilisationLe rassemblement, parti des Pâquis, a rejoint la place Neuve. Sans débordement et sous forte escorte policière.

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Les acronymes célèbres existent pour être détournés les jours de colère citoyenne. L’OMC en fait partie. Ce samedi en début d’après-midi, sur la place de la Navigation aux Pâquis, les gens sont réunis pour fustiger à slogans choisis cette «Organisation mondiale des catastrophes». À l’appel d’une vingtaine d’associations et de mouvements politiques, dont Uniterre, l’organisation paysanne suisse, militant pour la souveraineté alimentaire, quelque 300 personnes se sont réunies à 14 h, avant de partir en cortège jusqu’à la place Neuve.

«Nous allons aujourd’hui à dessein tourner le dos au siège de l’OMC et partir dans l’autre sens, a lancé l’un des militants en ouverture de rassemblement. Nous n’avons plus besoin de cette institution du passé pour bâtir notre avenir, celui d’un monde où les échanges commerciaux profiteront à tous. Nous voulons privilégier une économie circulaire et locale.»

En tête de cortège, deux tracteurs à la carrosserie verte, aux roues qui tournent dans le sens voulu - celui des circuits courts et d’une production de proximité -, et, pour enfoncer le clou, une banderole à l’injonction ferme: «Dégageons l’OMC!» Un peu partout dans le monde, ce samedi, des manifestations du même type. La mobilisation contre l’OMC et les traités de libre-échange se veut mondiale. Elle se prolongera la semaine prochaine en marge de la conférence ministérielle qui se tient à Buenos Aires en Argentine, du 10 au 13 décembre.

La Via Camesina, qui défend depuis près de 70 ans «des prix et des revenus équitables pour une agriculture paysanne dynamique et proche des besoins de la population», est à l’origine de cette «mondialisation de l’espoir», à l’échelon des peuples qui résistent contre les «marchés globalisés».

À l’échelle genevoise, ce samedi, «une petite foule» de militants motivés, des jeunes et des moins jeunes, des têtes grises de tous les combats et des étudiants qui glissent à l’oreille de leurs aînés: «Écoutez la colère qui gronde.» En musique, la colère exprimée. Des sonos embarquées à la force des mollets, sur triporteur et charrette à étages. De l’artisanat local qui n’a rien de folklorique dans sa réalisation. La lutte contre la «marchandisation de la vie» à outrance commence au ras du bitume.

L’escorte motorisée de cette manifestation sans le moindre débordement coûte, elle, beaucoup plus cher. En matériel, effectif engagé et heures supplémentaires. Bref, le déploiement policier était partout visible sur le parcours. Sauf dans le ciel. L’hélico engagé la veille pour surveiller le cortège des collégiens était retourné sur sa base militaire. Trois cents manifestants, sans renforts infiltrés venus d’ailleurs, ne justifie pas en effet de casser la tirelire sécuritaire.

Créé: 09.12.2017, 17h12

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