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Dalles en béton et tour maousse aux Grottes

Au début des années 1970, les autorités lancent l’idée d’une transformation radicale du quartier, vétuste et sous-équipé

Faire entrer ce bout de ville décrépit dans la «modernité». Telle est l’ambition du bureau d’études de la Fondation pour l’aménagement du quartier des Grottes (BEFAG) lorsqu’il publie, en 1971 et sur mandat de la Ville et du Canton, son plan de reconstruction pour le secteur adossé à la gare de Cornavin. Et la modernité, sous la plume de ce consortium d’architectes et d’ingénieurs, implique de faire table rase de la mémoire urbanistique de la zone. Soit ratiboiser pour rebâtir un quartier haut perché aux atours futuristes.

«A l’époque, on voulait revitaliser la ville pour en faire un centre d’affaires et reporter le logement social en périphérie», explique Philippe Gfeller, architecte-urbaniste, auteur d’un opus sur l’histoire des Grottes*. Cette idée trouve son principe dans le plan directeur 2015 de Marc-Joseph Saugey, approuvé en 1966, qui esquisse une agglomération genevoise du IIIe millénaire de 800 000 habitants, structurée en alvéoles. De plus, dans les années 60, les nouveaux projets routiers (liaison souterraine entre Sous-Terre et Montbrillant), postaux (construction d’un centre de tri à Montbrillant) et ferroviaires (restructuration de Cornavin), relancent l’idée d’une métamorphose du quartier.

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