Dal Busco: «On s'éloigne du frein à l'endettement»

InterviewLe ministre des finances Serge Dal Busco répond à nos questions.

Serge Dal Busco, conseilller d'Etat chef du Département des Finances.

Serge Dal Busco, conseilller d'Etat chef du Département des Finances. Image: Georges Cabrera

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Serge Dal Busco, vous présentez des comptes équilibrés, une dette en baisse. Tout va bien ?

Les comptes 2016 sont source de satisfaction et d’apaisement. Les dépenses qui dépendent de nous, comme celles sur le personnel ou les dépenses générales, sont très bien maîtrisées. . La dette diminue, grâce à l’excédent que nous dégageons et à l’autofinancement des investissements. Il est vrai que le niveau de ceux-ci diminue un peu pour diverses raisons qui ne traduisent pas du tout une moins forte volonté d’investir. Au final, on s’éloigne du seuil déclenchant le frein à l’endettement. C’est le résultat d’une gestion déterminée, calme et constante de nos dépenses. Désormais, les fondamentaux de nos finances publiques sont sains, et ressemblent à ceux du canton de Vaud au début des années 2000. Si nous étions en haute conjoncture, nous aurions des très bons résultats à présenter, avec la clé une baisse plus importante de la dette.

Le déficit structurel du Canton est comblé, selon vous ?

C’est difficile à mesurer de manière scientifique. Mais d’une certaine manière, oui, grâce aux mesures d’efficience et d’économie prises dès début 2015 qui améliorent désormais chaque année notre résultat à hauteur de 300 millions. Mais il y a aussi des facteurs conjoncturels : en 2014 et 2015, nous avons eu de la chance avec de très importantes recettes extraordinaires. Ce n’est plus le cas en 2016. Aujourd’hui, on s’en sort sans revenus miraculeux, et sans mesures drastiques sur le personnel. Bien-sûr, un coup de pouce conjoncturel serait le bienvenu, et on sent en 2017 un frémissement positif aux Etats-Unis, en Asie et dans la zone euro.

Tout serait pour le mieux… sans la réforme de l’imposition des entreprises et la Caisse de pension des fonctionnaires (CPEG) qu’il faudra renflouer.

La réforme de la CPEG est susceptible d’avoir un impact sur nos finances. Comme les retards sur la mise en place de la réforme de l’imposition des entreprises. Une période d’incertitude s’ouvre. Au sein du groupe de pilotage mis en place par le Conseil fédéral après la votation du 12 février, je m’investis activement pour participer à l’élaboration d’une solution rapide et acceptable, aussi proche que possible de celle trouvée à Genève.

Avec 11,9 milliards de franc, la dette se situe 1,4 milliard en dessous du niveau déclenchant le frein à l’endettement. Vous avez une réserve intéressante…

Selon nos calculs, cette marge aurait permis d’absorber la baisse temporaire de recettes induite par la nouvelle imposition des entreprises. Mais si d’autres événements surviennent, alors il se peut qu’on franchisse le seuil du frein à l’endettement qui durcit les conditions d’investissement du canton. Cela obligerait à mener des débats politiques de fond.

En 2016, le produit des recettes fiscales des individus ont diminué et les dépenses sociales augmenté. Il n’y a rien à faire?

Ce sont des risques stratégiques pour l’avenir des finances cantonales. S’agissant des recettes, la solution passe par d’abord par un cadre économique et fiscal attractif pour les entreprises. Non seulement celles qui payent de hauts revenus dans les secteurs à haute valeur ajoutée, comme l’horlogerie, la banque, la chimie, le négoce, mais également celles qui plus largement offrent des emplois convenablement payés sans que l’Etat ne passe à la caisse pour financer des aides complémentaires. Côté dépenses, il faut tout simplement s’efforcer de rester en dessous des revenus. Et donc continuer à être économe et efficient.

Depuis 2014, vous diminuez les subventions des associations de 1% par an. Vous allez serrer le garrot encore longtemps ?

Les coupes linéaires ont des limites. L’an passé, il n’y a pas eu de baisses linéaires. Nous examinons les problèmes au cas par cas.

Vous préparez le dernier budget avant les élections. Un budget électoral?

A droite, on ne définit pas un budget électoral exactement comme à gauche ! Je vais procéder comme d’habitude, en consultant largement, en recherchant le juste équilibre et sans céder aux tentations. Ce qui compte pour moi, ce ne sont pas les prochaines élections, mais la continuité de l’État. (TDG)

Créé: 30.03.2017, 16h03

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