La crise au DIP complique la tâche du PS genevois

Élections cantonalesQue faire si la magistrate arrive derrière les candidats socialistes dimanche 15 avril? La direction du parti laisse tout ouvert.

Anne Emery-Torracinta (au centre sur l'affiche) pourrait se retrouver derrière ses deux colistiers au soir du premier tour de l’élection au Conseil d’État.

Anne Emery-Torracinta (au centre sur l'affiche) pourrait se retrouver derrière ses deux colistiers au soir du premier tour de l’élection au Conseil d’État. Image: LUCIEN FORTUNATI

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Plombée par des polémiques à rebondissements, la magistrate socialiste sortante Anne Emery-Torracinta pourrait se retrouver derrière ses deux colistiers au soir du premier tour de l’élection au Conseil d’État, le 15 avril. Un retournement, puisqu’elle était auparavant donnée élue sans trop de difficultés par deux sondages effectués au début de mars.

Qu’on comprenne bien, ce n’est pas le retrait d’un candidat qui pose problème. À cette aune, tous les partis sont concernés, puisque, à l’exception du PDC, ils ont tous désigné plus de concurrents qu’ils n’ont de sièges au gouvernement. Mais la situation de la patronne du Département de l’instruction publique est particulière. C’est dire si l’assemblée du parti convoquée lundi 16 avril au soir, à la Maison des associations, sera délicate.

Au début, c’était clair

Au début de novembre, la situation semblait pourtant assez limpide. Les membres de l’Alternative, formée par le PS, les Verts et Ensemble à Gauche, négocient une charte et un accord de principe. Ratifié en assemblée par le PS, mais pas par les Verts, l’accord engage ses signataires à «ne pas revendiquer plus de deux places par parti sur la liste unique du deuxième tour» de l’élection au Conseil d’État. Exit le troisième candidat PS? Oui, mais finalement, ce n’est pas si sûr, car: «L’assemblée générale du parti est souveraine pour décider du nombre de candidats», rappelle aussi sa présidente, Carole-Anne Kast. Selon elle, la seule obligation du PS consiste à suivre ses statuts qui déterminent l’ordre des candidats au second tour en fonction des résultats du premier. On comprend par là que le sort du dernier candidat dépendra de l’appréciation du moment, «appréciation qui risque de varier suivant qui est dernier», souligne un peu amèrement un partisan de Sandrine Salerno.

Salerno prête à se retirer

Qui retirer? Selon quels critères? Parmi les principaux intéressés, seule Sandrine Salerno sort du bois. La patronne des Finances de la Ville de Genève, partisane à l’origine d’une liste à trois au second tour, et d’ailleurs battue sur ce point lors de l’assemblée de novembre, affirme sans ambiguïté que le PS doit maintenant respecter l’accord qu’il a signé avec l’Alternative: «C’est la décision ratifiée par l’assemblée générale de mon parti, je la soutiens.» Elle affirme être prête à se retirer si elle arrivait en troisième position; et ce, quel que soit son score. Interrogés, les autres candidats socialistes temporisent: «Ma décision dépendra des résultats du 15 avril», explique pour sa part le magistrat de Vernier Thierry Apothéloz. Anne Emery-Torracinta renvoie à la réponse de Carole-Anne Kast.

Mais après tout, pourquoi faudrait-il trancher? Ne serait-il pas plus simple pour le PS de présenter trois candidats et de laisser le peuple faire son office? Le problème, c’est que cette solution risquerait de gâcher ses chances de placer deux élus au Conseil d’État en divisant ses électeurs. Et le président des Verts, Nicolas Walder, se fait le porte-parole de la sagesse commune lorsqu’il déclare: «A priori, il serait électoralement logique que le PS présente deux candidats. Ce serait en tout cas une erreur de repartir à trois.» Il serait toutefois douteux que les Verts cassent l’alliance avec le PS si celui-ci en décidait autrement. Qu’en pense SolidaritéS? Son permanent, Thibault Schneeberger, explique que les résultats au Grand Conseil clarifieront certainement la situation.

Des leçons à tirer

Dernier problème pour le PS: si la magistrate était poussée à se retirer, cela ne résoudrait pas forcément tous les problèmes: «Dans un parti aussi légitimiste que le PS, l’éviction de la sortante serait un psychodrame assuré. Ce n’est jamais arrivé», dit un vieux briscard.

Quel que soit le choix du PS, la campagne 2018 laissera des traces et certains appelleront à tirer les leçons. «Quand on choisit plus de candidats que de sièges qu’on peut raisonnablement espérer, on les condamne à ne penser qu’à eux», explique un partisan d’une liste réduite. «Bien sûr, ils peuvent faire abstraction de leurs intérêts, mais ce n’est pas la majorité de l’espèce», dit-il en citant incidemment Michel Audiard. (TDG)

Créé: 05.04.2018, 18h55

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