Crash à Bernex: «Papa Roméo, stabilisez votre cap!»

GenèveLes échanges radio entre la tour de contrôle et le Piper qui s'est écrasé vendredi près de Sézenove confirment une brusque perte d'altitude. Extraits.

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Vendredi dernier, un avion de tourisme, un Piper Malibu Mirage, s’est écrasé dans un champ, près de Sézenove, seulement six minutes après avoir quitté l’aéroport de Genève. L’accident a fait un mort, le pilote, un Suisse né en 1956. Selon les échanges radio que nous avons pu écouter entre la tour de contrôle de Skyguide à Cointrin et l’appareil, les ennuis ont commencé juste après le décollage. On y entend notamment le contrôleur aérien alerter le pilote lorsque celui-ci peine à stabiliser son cap et perd de l’altitude. Puis, c'est l'annonce du crash.

Au début de la séquence audio qui dure une dizaine de minutes, le pilote du petit avion de tourisme s’adresse à la tour de contrôle pour annoncer, semble-t-il, son départ. Celle-ci identifie l’appareil en l’appelant «Novembre Papa Roméo» (ndlr : en référence aux trois lettres de son immatriculation) et confirme son décollage. La tour lui adresse ensuite diverses instructions de vol, à savoir le cap à suivre et l’altitude à atteindre. Le pilote du Piper répond mais ses propos sont inaudibles.

«Je vous vois descendre»

Une minute après ces premiers échanges, la tour rappelle l'avion de tourisme. Pas de réponse. Le contrôleur relance: «Novembre Papa Roméo, je vous vois descendre». Toujours aucune réponse. L'aiguilleur insiste. Cette fois, on distingue à peine la voix du pilote tant la transmission est mauvaise. «Novembre Papa Roméo, je vous vois au cap 090. Je vous vois à 4300 pieds, c'est bon», confirme la tour de contrôle. A cet instant, tout semble se dérouler normalement. Puis soudain: «Papa Roméo, je vous vois à 3500 pieds, essayez de stabiliser votre cap. Stabilisez votre cap!», lâche le contrôleur aérien. La tour contacte à nouveau le Piper, sans succès.

Un silence radio qui dure près de deux minutes. On entend alors une voix prononcer «Papa Roméo», puis une autre. Impossible de savoir de qui et de quoi il s’agit. Le mot «emergency» (ndlr: urgence en anglais) est ensuite lâché lors d'un échange avec un autre appareil. L'aiguilleur du ciel annonce finalement le crash. Plusieurs vols en approche sont aussitôt mis en attente. Quelques minutes plus tard, il est fait mention en anglais d'un «petit village», sans doute en référence au lieu de l'accident. Une autre voix, en français cette fois-ci, parle ensuite du «chemin du Grillet à Sézenove» avant de décrire l'appareil et de déclarer «ne pas connaître le nombre de personnes à bord».

L'aéroport fermé

Contacté par nos soins, Skyguide confirme que l’avion a connu peu après son décollage «une brusque perte d’altitude». «Il est monté à 6800 pieds (env. 2070 m.) avant de redescendre rapidement à 2400 pieds (env.730 m.), c’est là que nous avons perdu tout contact radio et radar avec lui», explique Vladi Barrosa, porte-parole de Skyguide.

Suite au crash, l’aéroport de Genève a été fermé près de trente minutes. «Tous les vols, en l’air comme sur le tarmac, ont été mis en attente, poursuit le porte-parole. La tour de contrôle a immédiatement alerté les secours. Lorsque l’aéroport a rouvert, nous avons réduit la fréquence des atterrissages et décollages à 17 avions par heure au lieu de vingt-deux en temps normal, ce qui a engendré des retards.»

Créé: 03.02.2015, 19h04

Le givre en cause? Trop tôt pour le dire

Concernant les causes de l’accident, il est encore trop tôt pour se prononcer. Selon le quotidien 20 Minutes, qui s’appuie sur un document de Skyguide, le givre serait responsable d’une avarie technique. Ce serait en réalisant une manœuvre de retour sur la piste, que le pilote se serait abîmé près de Sézenove.
Le porte-parole du contrôleur aérien confirme l'existence de ce document, mais en relativise la portée: «Il s’agit effectivement d’un extrait du rapport opérationnel des services de la navigation aérienne, explique Vladi Barrosa. Cependant, ce document ne constitue pas une analyse en profondeur de la situation, mais plutôt une première impression immédiate. C’est un élément qui doit, avec de nombreux autres indices, permettre au Ministère public et au SESE (Service suisse d'enquête de Sécurité) de reconstituer les causes exactes de ce tragique accident.»
«Nous sommes encore loin de tirer des conclusions sur les causes de cet accident, déclare Michael Fluckiger, enquêteur en charge du crash au sein du SESE. Nous sommes encore en train de récolter des informations. Comme l'avion était immatriculé aux Etats-Unis, nous allons devoir contacter les autorités américaines, poursuit-il. Cela va prendre du temps.» ADV

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