Les crapauds calamites auront bientôt leur réserve «sur mesure»

RenaturationPro Natura mène un chantier de renaturation d'une ancienne gravière à La Petite Grave, à Cartigny. Visite ce vendredi matin.

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Une petite mare flanquée d'un frêle talus de roseaux gît au cœur d'un chantier sablonneux peuplé de quelques ouvriers et pelles mécaniques. «Ce bassin est un milieu de sauvegarde que nous avons choisi de garder durant tout le chantier afin de continuer à offrir une zone favorable aux crapauds calamites, une espèce protégée, explique le biologiste et directeur des travaux, Alain Demierre. D'ici une semaine à dix jours, devenus adultes, ils partiront dans la forêt voisine et nous espérons qu'ils reviennent ensuite ici créer une population.»

Ce vendredi, Pro Natura Genève a organisé une visite du chantier de renaturation de la Petite Grave à Cartigny, un site transformé en gravière des années 1970 à 2013. «En 1994 déjà, la Confédération a identifié ce site comme d'importance nationale pour la reproduction des batraciens, souligne Olivia Spahni, la secrétaire générale de Pro Natura. Mais il a fallu attendre la faillite de l'exploitant de la gravière, en 2009, pour que notre association puisse acquérir le site lors d'une vente aux enchères, puis 2013 pour que l'exploitant quitte les lieux et que nous puissions démarrer le chantier de renaturation.»

La parcelle est une zone agricole mais vu le coût de sa réhabilitation - près de 2 millions de francs que Pro Natura a obtenus grâce à des donations privées et publiques - «ni les agriculteurs, ni la Commune n'avaient les moyens de l'acquérir», souligne la maire de Cartigny, Carine Zach-Haltinner. Un compromis a donc été trouvé au moment de l'achat: la moitié du terrain a été revendue à un agriculteur, qui y fera un pâturage pour ses chevaux et l'autre moitié sera une réserve naturelle. «Nous avons eu beaucoup de chance, vu le besoin actuel, le site aurait très bien pu devenir une décharge ou une zone industrielle», poursuit l'élue.

D'ici l'an prochain, une dizaine d'étangs, remplis par l'infiltration de la nappe phréatique superficielle, accueilleront crapauds calamites, grenouilles agiles, tritons et autres batraciens. A leurs côtés, des espèces de plantes de marais rares pourront pousser à loisir dans des prairies sèches. «Nous avons tout de même construit un petit ouvrage pour régler le niveau d'eau afin qu'il soit propice aux crapauds calamites, explique Alain Demierre. Nous sommes face à une espèce en voie de disparition, nous nous devons donc d'être un peu interventionnistes et de lui offrir un habitat sur mesure afin qu'elle puisse se reproduire.»

La réserve de la Petite Grave offre une étape supplémentaire entre le Moulin de Vert et d'autres parcelles formant un couloir biologique pour les amphibiens. Afin de continuer à protéger les espèces menacées qui y trouveront refuge, le site sera fermé au public.

Créé: 08.07.2016, 12h43

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