CPEG, Score, le Conseil d'Etat fait-il tout juste? Salerno face à de Senarclens

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Fonction publique sous pression Au début d’octobre, le Conseil d’Etat a déposé deux projets de loi stratégiques, l’un sur le financement des retraites, l’autre sur la grille des fonctions et des salaires, tandis que son budget 2018 prévoit un déficit important: courageux ou téméraire? Sandrine Salerno, cheffe des Finances en Ville de Genève et Alexandre de Senarclens, président du PLR croisent le fer. Tous les deux sont candidats au Conseil d'Etat en mars prochain.

CPEG + Score: courage ou témérité?

Sandrine Salerno, cheffe des Finances en Ville de Genève, candidate PS au Conseil d’Etat

Caisse de pension, refonte du catalogue des fonctions et révision de la grille salariale sont des dossiers d’envergure qui dessineront la fonction publique de demain. En Ville de Genève, la recapitalisation de la caisse de pension a mis cinq années à aboutir. La révision complète du statut et de la grille salariale a vu le Conseil administratif discuter pendant près de deux ans avec les représentants du personnel.

Dans un canton peu connu pour sa manière consensuelle de faire de la politique, faire aboutir ces réformes essentielles est complexe. Dans un canton où l’on entend à l’envi que le parlement est imprévisible, la situation se complique. Le temps, la discussion, la sérénité et la recherche de compromis avec les partenaires sociaux sont les conditions préalables à la réussite de réformes liées à la fonction publique, soit leur acceptation par le parlement et par le peuple.

Ainsi, il est légitime de se demander pourquoi le Conseil d’Etat a choisi de déposer les projets de loi relatifs à Score et à la recapitalisation de la CPEG sans accord avec les représentants du personnel. Rompre le partenariat social dans un canton où il est établi depuis tant d’années et que cette rupture vienne de l’institution même qui est censée en être la garante est un très mauvais signal. Les discussions étaient-elles arrivées au point de non-retour pour qu’il faille s’en remettre à l’arbitrage du Législatif et du peuple?

La question est ouverte. Dès lors, le Conseil d’Etat fait-il preuve de courage ou de témérité? Courage car la situation serait à tel point bloquée qu’il n’aurait d’autre choix que de prendre ses responsabilités et déposer ses projets.

Témérité car au lieu de poursuivre les discussions, travailler au compromis même si c’est difficile, il choisit, à six mois des élections, de jeter en pâture au Législatif ces projets et de faire assumer au Grand Conseil et au peuple son rôle d’employeur.

Le pari est risqué et dangereux; car nous parlons de 46 700 salariés qui ne méritent pas d’être les otages des postures idéologiques caricaturales des périodes électorales; car trouver un consensus, c’est reconnaître l’importance de la fonction publique dans la réalisation des missions et des politiques publiques du Grand Etat, autant de prestations de service public dont les Genevoises et les Genevois ont besoin.

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Le gouvernement veut moderniser l’Etat

Alexandre de Senarclens, président du PLR, candidat au Conseil d’Etat

N’en déplaise aux partisans de l’immobilisme et du laisser-aller, le Conseil d’Etat genevois a le mérite d’empoigner des dossiers cruciaux pour l’avenir de notre canton. Les récentes annonces relatives à l’assainissement de la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG) et à la refonte de la grille salariale de la fonction publique (projet Score) démontrent que le gouvernement prend ses responsabilités.

Ces initiatives arrivent certes à un moment critique compte tenu d’un projet de budget lourdement déficitaire et d’une fin de législature se rapprochant à grands pas. Alors que les fronts se durcissent en vue de la campagne électorale, les débats en cours révèlent deux visions diamétralement opposées du rôle de l’Etat. D’un côté émergent des réformes courageuses à la hauteur des enjeux, tandis que de l’autre, l’on feint d’ignorer l’urgence avec des projets qui ne feront qu’alourdir le fardeau pour les prochaines générations.

Fortement sous-capitalisée, la CPEG doit impérativement être redressée. La réforme votée en 2013 ne permet pas de remédier à une situation récemment aggravée par l’évolution négative des rendements sur les marchés des capitaux. Si l’Etat n’agit pas, le comité de la CPEG devra prendre des mesures drastiques avec des baisses massives des rentes pour les nouveaux retraités – 10%, voire jusqu’à 50%. Dans ces conditions, le Conseil d’Etat a choisi la voie de la sagesse en proposant une intervention rapide et durable.

En vigueur depuis 1974, le système d’évaluation et de rémunération de l’administration cantonale ne reflète pas l’évolution des métiers et des compétences. Le projet Score du Conseil d’Etat doit permettre de redynamiser la fonction publique et de la rendre plus attractive. En gestation depuis 2010, celui-ci est aujourd’hui mûr pour une discussion au parlement.

S’il est réjouissant de constater que le gouvernement avance dans sa volonté de moderniser l’Etat, cela ne saurait éluder les importantes difficultés budgétaires. Au vu de la situation financière du Canton, ces efforts devraient s’inscrire dans des réformes structurelles plus larges pour juguler la hausse constante des charges de l’Etat. L’absence de majorité stable au Grand Conseil n’a pas permis d’avancer sur ces sujets. Gageons que les Genevois en ont assez et qu’ils éliront un parlement capable de voter des réformes cohérentes, pragmatiques et responsables.

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Créé: 18.10.2017, 09h10

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