«Le Courrier» fête ses 150 ans tambour battant

ReportageL'anniversaire du quotidien a fait le plein dans la joie, samedi à Plainpalais.

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C’était samedi. Un grand bazar dans la salle communale de Plainpalais comme rarement on en vit. Une foule dense, un brouhaha immense. C’est une kermesse, s’exclame un visiteur. Ce sont des «saluts» qui fusent, des gens qu’on retrouve – tiens, encore un journaliste. Ce sont des discussions qui mèneront jusqu’à tard dans la nuit. Et puis tout un attirail de spectacles à picorer ici et là. Théâtre, danse, musique, lecture. Sans oublier les panneaux explicatifs: grand format, richement illustrés. «Le Courrier» a 150 ans, «Le Courrier» invite la populace à un bal de bric et de broc, une fiesta sans chichis, un raout dans la bonne humeur. «Le Courrier» a le sens de la fête. Ça vaut tous les éditos.

Parapluie rouge

À l’entrée, on glisse son «prix libre» dans une caissette à journaux. Programme en main, on prend acte: voici une trentaine de propositions, réparties dans tout le bâtiment. Du théâtre, disions-nous? C’est à l’étage, avec «Klaus Nomi Project». Plutôt musique? C’est sur la droite, juste après l’expo photo «Portraits de migrants» par Jean-Michel Etchemaïté. Nuryana, Kara Sylla Ka, Country Cooking: ceux-ci la jouent indo-afghane, celui-là rigole en duo guitare-percussion, ces autres nous emmènent à La Nouvelle-Orléans. Besoin d’un guide? Elle en jette dans son justaucorps avec veste d’apparat: Cerise Rossier officie en Madame Loyale, criant par-dessus les têtes la tenue imminente d’un concert. Alors on visite la grande salle. Des tables partout, des fumets ravissants. Aux murs, les incontournables manchettes quotidiennes. Sur la scène, du cor des Alpes. On n’entend pas tout, il y a des enfants partout, des seniors en nombre. Les autres n’ont pas manqué le bar.

On se réfugie sous un parapluie. Rouge, le pépin, comme est rouge «Le Courrier». Cachée par un large pan de tissu tombant jusqu’au sol, une femme déclame un poème. Lettre d’amour de Pessoa. Puis l’on poursuit l’exploration dans le couloir: après avoir donné une conférence, Jean Ziegler dédicace «Le capitalisme expliqué à ma petite-fille». Croisé une amie qui a fait signer l’ouvrage pour son neveu de six ans: «Je le lui offrirai pour Noël. Avec un camion de pompiers.» La conversation s’est arrêtée net lorsque la Fanfare de l’AMR a mis un grand coup dans les pistons. Ces derniers, on les a parfaitement entendus.

«Puissance du collectif»

«150 ans?!» Ces deux-là n’en reviennent pas: «J’aurais plutôt dit 75. Un quotidien moderne, en somme!» Ce n’est pas l’équipe du «Courrier» qui dira le contraire. Ainsi qu’on l’apprend à la lecture de l’expo conçue avec la HEAD, passé «de journal catholique conservateur à médias progressiste et humaniste», «Le Courrier» d’aujourd’hui se résume à cette fameuse formule, «L’essentiel, autrement». C’est l’affiche d’Exem encore, présentée dans le grand escalier: un chat rouge marchant à contresens de la masse, son journal préféré entre les pattes. Derrière lui, un cochon met le groin dans «Le tapin», trois moutons fond des yeux ronds en lisant «PanurGE»…

Il est tard. On est bien. On retrouve les deux rédacteurs en chefs du «Courrier». Laura Drompt d’abord: «Cet événement, c’est le mélange des générations, le besoin d’une partie sérieuse – un débat, un film – aussi bien que d’un DJ.» Gustavo Kuhn à présent: «Nos partenaires culturels ont tous répondu présent. Au final, nous avons un minifestival!» Et Laura Drompt de conclure: «La camaraderie et la puissance du collectif, ça change tout.» (TDG)

Créé: 18.11.2018, 19h32

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