La Cour des Comptes au chevet des malades psychiques

Handicap Cet organe de contrôle a évalué l’action de l’État en matière d’hébergement. Il est notamment recommandé d’élargir la gamme des prestations.

Image: Pascal Frautschi

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Elargir la gamme des prestations pour mieux prendre en compte la variété et la complexité des besoins, limiter ainsi les solutions institutionnelles; revoir le cadre organisationnel; mieux informer les personnes et les soutenir dans leurs démarches pour faciliter notamment les transitions d’une structure à l’autre: telles sont des pistes d’amélioration préconisées par la Cour des comptes dans le domaine du handicap psychique. Un secteur où les places d’accueil manquent passablement, comme l’a relevé à maintes reprises la Tribune de Genève au cours de ces deux dernières années.

La Cour s’est plus spécifiquement autosaisie pour évaluer l’action de l’État en matière d’hébergement et de soutien au logement des personnes en situation de handicap psychique. A savoir des personnes souffrant de troubles psychiques sévères restreignant leur autonomie en matière résidentielle. Une catégorie de handicap qui pose d’importants défis en raison de besoins divers et évolutifs et pour lesquels une réponse standard d’institutionnalisation dans un foyer collectif peut s’avérer inadéquate ou insuffisante. «D’une part la dimension collective peut renforcer les troubles psychiques, d’autre part le niveau d’autonomie des usagers peut évoluer rapidement», observe Stanislas Zuin, président de la Cour des comptes.

L’évaluation de l’organe de contrôle, jugée positivement par nombre d’acteurs présents ce matin lors de sa présentation publique, montre que les prestations actuelles sont de qualité, mais qu’elles ne répondent pas entièrement aux besoins du public-cible. Sur la base d’une réallocation des moyens existants, la Cour propose au Département de l’emploi, de l’action sociale et de la santé (DEAS) de favoriser l’accès et le maintien dans des logements indépendants, de faciliter le parcours des individus entre les différents modes de prise en charge et de revoir les processus d’analyse des besoins, de financement et de suivi de la politique publique.

Au nombre de huit, toutes les recommandations de la Cour ont été acceptées par le DEAS ainsi que par les établissements publics autonomes concernés (HUG, IMAD, HG et EPI). «Nous partageons ces recommandations, appuie le conseiller d’Etat en charge du handicap, Mauro Poggia. Et cela même si elles sont parfois théoriques et qu’elles relèvent d’un monde idéal.» La situation des personnes souffrant de troubles psychiques ne l’est pas, elle. Parmi les différents types de handicap, cette population est celle dont le nombre augmente le plus rapidement depuis une dizaine d’années. Plus de 6900 rentiers de l’assurance-invalidité (AI) sont ainsi recensés à Genève. «50% des demandes AI sont déposées pour des motifs psychiques», précise Stanislas Zuin. (TDG)

Créé: 04.04.2017, 12h57

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