«Les Corbillettes» rabotées: mille futurs logements à la trappe?

GenèveUne majorité de droite au Grand Conseil désire réduire de deux-tiers le développement d'une zone villas à Vernier.

En jaune, la zone villas concernée par le projet du Conseil d'Etat. En rouge, la zone réduite par la droite.

En jaune, la zone villas concernée par le projet du Conseil d'Etat. En rouge, la zone réduite par la droite. Image: Google Maps

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«Un signal catastrophique! Un cadeau fait aux promoteurs!» La déception est forte chez le conseiller d'Etat chargé de l'aménagement et du logement Antonio Hodgers. Mercredi dernier en commission du Grand Conseil, une majorité de droite s'est prononcée pour limiter drastiquement le développement d'une zone villas située à Vernier, zone que l'exécutif genevois souhaite densifier depuis plusieurs années, rapporte Le Courrier.

La motion du MCG, acceptée par le PLR et l'UDC, vise à diminuer par trois la zone concernée et à n'imposer aucune contrainte aux promoteurs. Des 1500 logements prévus par le Conseil d'Etat aux Corbillettes, il n'en subsisterait plus que 500, si cette décision devait être entérinée en séance plénière. Dans le détail, le projet de la droite a pour objectif de n'aménager que la partie jouxtant l'avenue Louis-Casaï. La densification du reste de la zone attendra.

Le dossier des Corbillettes n'en est pas à son premier rebondissement. De nombreux propriétaires de villas combattent le développement du quartier. Il y a des dizaines de servitudes qui, comme le rappelle le quotidien, permettent à certains de faire opposition même sur des terrains qu'ils ne possèdent pas. Raison pour laquelle la droite a opté pour le déclassement d'une partie de la zone où personne ne s'oppose.

Déclasser en zone dite ordinaire

Autre souhait des commissionnaires: déclasser le périmètre en zone dite ordinaire, plutôt qu'en zone de développement, permettant ainsi d'échapper aux quotas de logements sociaux, au contrôle des prix ou encore à la taxe sur les équipements publics. Les promoteurs seraient alors libres de construire des logements destinés à la vente, des bureaux ou des hôtels sans que l'Etat ne puisse avoir à y redire. Une décision qui aux yeux d'Antonio Hodgers ouvre la porte aux «pratiques spéculatives».

Le socialiste Christian Dandres craint pour sa part que les seuls logements qui seront créés soient «des duplex de luxe». Et de reprocher le PLR de vouloir ainsi ménager les propriétaires de villas en vue des élections de 2018. «Une stratégie désastreuse pour la densification du canton», juge l'élu.

Une solution pragmatique

De son côté, le député PLR Christophe Aumeunier reconnaît que, à défaut d'être satisfaisante, la solution votée se veut au moins «pragmatique», en se concentrant uniquement sur la zone où le développement peut débuter rapidement. «L'Etat ne fait rien pour rassurer les propriétaires de villas, estime-t-il dans les colonnes du Courrier. Il n'était pas prêt à améliorer les compensations pour permettre une libération des terrains. Nous sommes opposés à toute expropriation.»

Quant au choix de déclasser le périmètre en zone ordinaire, l'élu PLR explique vouloir en finir avec «les lourdeurs exceptionnelles» de l'administration cantonale qui ralentiraient la construction. Nous voulons quelques zones pour tester la construction avec davantage de libertés, poursuit Christophe Aumeunier. Et à ce titre, le choix de Vernier lui semble particulièrement approprié car «les prix ne vont pas s'envoler et la commune a surtout besoin de recettes fiscales.»

(TDG)

Créé: 14.11.2016, 11h01

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