A contre-courant, Vernier refuse la vidéosurveillance

SécuritéAprès avoir étudié la question en long et en large, Vernier renonce à installer des caméras dans ses lieux sensibles.

Vernier restera une des rares villes à ne pas avoir de caméras dans son espace public.

Vernier restera une des rares villes à ne pas avoir de caméras dans son espace public. Image: Laurent Guiraud

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Plus de la moitié des communes genevoises ont mis leurs lieux sensibles sous vidéosurveillance. Mais pas Vernier. La deuxième ville du canton n’est pourtant pas épargnée par les incivilités et la délinquance. Toutefois, les coûts élevés des caméras de surveillance ont été jugés disproportionnés par rapport aux bénéfices attendus. Avant Noël, une large majorité du Conseil municipal a rejeté deux motions en ce sens. La première, émanant du MCG, demandait d’étudier la possibilité de placer des caméras dans les préaux d’écoles pour lutter contre le trafic et la consommation de drogues, le tapage nocturne, les déprédations et les violences. Seuls 7 élus MCG ont voté pour, largement minorisés face à 22 oppositions et une abstention. La seconde motion, signée par l’UDC et le PLR, voulait tester la vidéosurveillance sur une déchetterie faisant régulièrement l’objet d’incivilités. Elle a fait l’unanimité contre elle. Du moment qu’on renonçait à filmer les préaux d’écoles, il paraissait absurde de le faire pour les poubelles.

Inefficace contre le deal

Le sujet des caméras de surveillance semble définitivement clos à Vernier, après être revenu sur le tapis à une quinzaine de reprises depuis 2009. Le Conseil municipal a eu pas moins de quatre séances de commission sur près d’une année (fait exceptionnel à Vernier) pour l’examiner en long et en large. Des représentants de Lancy, de Veyrier et du Grand-Saconnex, communes déjà équipées de caméras, ont entre autres été auditionnés, de même que les TPG, dont les véhicules sont aussi sous vidéosurveillance. Le préposé cantonal à la protection des données a également été entendu, et un représentant de l’Etat est venu parler du test en cours aux Pâquis.

Il en est ressorti que la vidéosurveillance est plus efficace dans des espaces clos que dans les lieux ouverts. A terme, l’effet sur les dealers est très relatif, voire nul. Même le MCG s’est rangé à cette idée. Aux Pâquis, soit les trafiquants se déplacent hors du champ des caméras, dans des allées et des sous-sols, soit ils finissent par les oublier. Et cela bien que les images soient visionnées en direct 20 heures sur 24, ce que Vernier n’aurait évidemment pas eu les moyens de faire.

En revanche, l’expérience des autres communes montre une baisse du vandalisme, même si les problèmes ont aussi tendance à se déplacer. Les caméras ont parfois aidé à identifier des délinquants, mais ne préviennent pas les délits. Au final, il s’agit d’un système contraignant et exigeant en personnel, et qui ne fonctionne qu’en complément du travail de la police municipale. Son coût a aussi été jugé rédhibitoire. A Vernier, il aurait sans doute dépassé les frais occasionnés par le vandalisme.

Jugé trop cher

«Le coût de la vidéosurveillance est exorbitant et avec son budget, Vernier n’en a pas les moyens, commente la cheffe du groupe MCG, Ana Roch. Surtout pour la déchetterie, ce serait vraiment un luxe. Mais nous aurions quand même voulu installer des caméras dans les préaux d’écoles, même si cela n’empêche pas le deal. Les travaux en commission ont confirmé qu’il y a un réel impact sur les incivilités.»

Opposé dès le début à la vidéosurveillance, Thierry Apothéloz, magistrat chargé de la Sécurité, préfère miser sur une présence accrue de la police municipale, sur le travail des correspondants de nuit et sur des équipes de nettoyage renforcées dans certains lieux: «Les habitants ont besoin de voir la sécurité et elle se concrétise par la présence des uniformes. Les petites communes peuvent se permettre de placer des caméras, mais vu la taille de Vernier, cela demande trop de moyens.» (TDG)

Créé: 17.01.2016, 21h20

Les caméras se généralisent

En quelques années, la vidéosurveillance s’est imposée dans plus de la moitié des communes genevoises. C’est Le Grand-Saconnex qui a ouvert la brèche en 2007, après deux ans de procédures pour obtenir les autorisations cantonales. Aujourd’hui, pas moins de 67 caméras y surveillent les parkings souterrains, les écoles et les déchetteries. A part Vernier, la plupart des villes genevoises se sont mises à la vidéosurveillance. Parcs, préaux d’écoles, parkings, points de collecte des déchets – et même le funérarium de Thônex – sont les lieux généralement équipés de caméras afin de réprimer (si ce n’est empêcher) les vols, agressions, déprédations et autres délits. Parmi les onze villes du canton, Meyrin et Plan-les-Ouates se contentent de mettre sous vidéosurveillance les caisses de parkings et de centres sportifs. Quant à la Ville de Genève, elle ne s’y est pas encore mise. L’essai en cours aux Pâquis est en effet réalisé par le Canton. AN.G.

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