«Le consul est un facilitateur des relations transfrontalières»

InterviewEn fonction à Genève depuis deux ans, la Française Odile Soupison revient sur son rôle, notamment au sein du Grand Genève.

Odile Soupison, consul général de France en poste à Genève.

Odile Soupison, consul général de France en poste à Genève. Image: Lucien Fortunati

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Mercredi, il y a une semaine, elle vantait les mérites du Périgord auprès de la presse romande. Le lendemain, elle assistait à l’assemblée plénière du Conseil du Léman. Comme c’est le cas depuis son entrée en fonction à la fin d’août 2013, la consule générale de France à Genève, Odile Soupison, est partout où l’on parle de son pays. Elle revient plus en détail sur son rôle dans la région.

En ce moment, le Grand Genève est à la traîne. En tant que consule générale de France à Genève, avez-vous un rôle à jouer dans les relations transfrontalières?

C’est un dossier spécifique à ce consulat. Les relations transfrontalières sont une réalité qui n’a pas attendu les intervenants publics pour se constituer. Nous en avons tous conscience. D’ailleurs, le président de la République française, François Hollande, a lui-même déclaré qu’il faisait du Grand Genève un dossier prioritaire, lors de sa visite d’Etat en Suisse en avril dernier.

Et le consulat dans tout ça?

Le rôle du consulat général n’est pas de construire cette région mais c’est, en lien avec l’ambassadeur qui représente l’Etat français vis-à-vis de la Confédération, de regarder avec tous les acteurs comment mettre en adéquation les investissements structurants et la réalité frontalière. Cela doit s’inscrire dans une perspective de long terme, comme l’illustre la mise en place du RER transfrontalier, le CEVA, qui a été décidée il y a déjà plusieurs années. Dans ces dossiers, le consul est un facilitateur, un médiateur.

Y a-t-il d’autres spécificités?

Ce poste n’a pas la réputation d’être «léger». Dans un pays fédéral, chaque consul est, de fait, un relais de l’ambassade sur le terrain. Les six cantons romands qui dépendent du consulat à Genève constituent «un pays dans un pays». Tout comme les vingt cantons dont mon homologue à Zurich a la charge. Dans ce contexte, le consul doit faire remonter les informations à Berne.

Qui plus est, vous êtes à la tête du consulat de France le plus important à l’étranger.

C’est le cas en termes de communauté française sur place. Le consulat de Genève compte 145 000 inscrits, dont 48 000 environ à Genève et 56 000 dans le canton de Vaud. En revanche, le consulat général de France à Londres a plus d’effectifs en termes d’employés. Le pays n’étant pas dans Schengen, son service visas est en effet plus actif.

L’administratif constitue-t-il l’essentiel des tâches du consulat?

C’est l’un des aspects. Pour comprendre le rôle du consul, il faut revenir à la Convention de Vienne de 1963, qui énumère ses missions de manière non exhaustive. En plus de la délivrance de services publics, l’une des plus importantes est la protection des ressortissants français dans le pays d’accueil. En Suisse, nous pouvons faire confiance aux autorités locales pour gérer une crise. Nous venons en appui, principalement dans un rôle d’informations et de renseignements.

On vous a aussi beaucoup vue suite aux attentats de Paris, contre «Charlie Hebdo» en janvier puis le 13 novembre. Pourquoi?

Il est important que le consulat soit présent dans ces moments-là, vis-à-vis de la communauté française mais aussi de la population locale. Ces attentats ont suscité l’effroi et ont entraîné des rassemblements, notamment à Genève. Il faut que l’on témoigne de la reconnaissance de la France à cet élan de solidarité, à cette défense des valeurs fondamentales. C’est ainsi que je me suis retrouvée en janvier avec 2000 personnes au pied du consulat. La police m’a alors prêté son mégaphone afin que je puisse les remercier de leur soutien.

Créé: 08.12.2015, 16h17

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