Le conseiller fédéral Alain Berset à Genève pour défendre la réforme fiscale

VotationsPour le Fribourgeois, le «paquet» mariant réforme fiscale et financement de l’AVS est nécessaire.

Alain Berset était en verve hier pour soutenir la RFFA.

Alain Berset était en verve hier pour soutenir la RFFA. Image: Keystone

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C’est un chef du Département fédéral de l’intérieur très en verve qui s’est rendu mardi dans la salle de la FER (Fédération des entreprises romandes - Genève) pour défendre la RFFA (réforme fiscale et financement de l’AVS), l’un des principaux objets soumis aux Suisses le 19 mai prochain. Le soutien d’Alain Berset n’a pas plu à tout le monde. Quelques dizaines de personnes, notamment liées à SolidaritéS et au syndicat Unia, ont manifesté leur opposition à la RFFA dans le parc jouxtant la tour patronale. «Genève nous fascine, et c’est un Fribourgeois qui vous le dit», a commencé Alain Berset. Il s’est ensuite référé au site Genferei.org, animé par des journalistes genevois, pour se demander si cette réforme fiscale qui ne semble pas aboutir «était au fond, un peu à l’image du sparadrap qui embête le capitaine Haddock, une sorte de Genferei», ce qui a fait sourire les chefs d’entreprise présents.

Imposition très basse

L’auditoire s’est alors détendu. Mais pas longtemps. Plus grave, le conseiller fédéral a expliqué que cette réforme était typique du «savant mélange qui est au cœur de la compétitivité de notre pays», construit sur un équilibre entre une économie forte et un volet social solide. Il a ajouté qu’il ne «fallait pas confondre équilibre et immobilisme». Selon une récente étude de Credit Suisse, le taux d’imposition effectif de ces multinationales a été très bas, en raison d’une circulaire fédérale (le numéro 8) permettant dès 2002 à certaines multinationales de passer sous la barre des 8,5% d’impôt fédéral minimal généralement pratiqué (notre édition du 11 avril). Selon ce rapport, les sociétés à statut paient en moyenne environ 11% d’impôt sur le bénéfice à Genève, 5% dans le canton de Vaud et même 4,9% à Fribourg, champion national en la matière. Commentant ces chiffres, Alain Berset a rappelé que la Suisse se caractérisait par une concurrence fiscale entre cantons. «Cela fait partie du fédéralisme. Mais cette concurrence nécessite d’être encadrée par des règles», a-t-il insisté. Et la fin de ces exceptions fiscales qui déplaisent fortement à l’OCDE permet justement de le faire. «Je me bats pour que, le 19 mai, on abolisse ces statuts spéciaux.»

Eviter une pression sur les rentes

On dit parfois qu’il vaut mieux convaincre que vaincre. À Genève, les socialistes se sont finalement – de justesse – opposés à cette réforme. Alain Berset constate que «les socialistes genevois sont très esseulés». Au niveau national et dans les autres cantons, le parti de la rose la soutient. Le conseiller fédéral a aussi rappelé que l’imposition des dividendes allait augmenter pour les actionnaires. Et il a ajouté «se battre pour garantir un financement stable pour l’AVS», qui a fait un déficit de 2 milliards de francs l’an dernier. «La meilleure chose à faire pour éviter une pression sur les rentes et sur la hausse de l’âge de la retraite, c’est de ne pas affamer l’AVS», a souligné le conseiller fédéral fribourgeois. La soirée s’est poursuivie avec un débat sur le volet genevois de la réforme fiscale des entreprises.

Créé: 30.04.2019, 21h58

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