Le Conseil fédéral? Hodgers ne dit pas non

Élections fédéralesLe président du Conseil d’État «ne ferme pas totalement la porte» à une candidature qui dépendrait toutefois de nombreux critères.

Le président du Conseil d’État genevois n’exclut pas
de présenter sa candidature pour le Conseil fédéral.

Le président du Conseil d’État genevois n’exclut pas de présenter sa candidature pour le Conseil fédéral. Image: YVAIN GENEVAY

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C’est une petite bombe qui a été lâchée ce mercredi en ouverture du journal du soir de la RTS. Antonio Hodgers sort du bois, entend-on sur les ondes: il songe au Conseil fédéral. Alors que son Parti écologiste a opéré une razzia au Conseil national dimanche et pourrait encore compléter sa moisson à la Chambre haute du parlement – lequel sera appelé à renouveler le gouvernement suisse – doit-on comprendre que le Genevois est officiellement candidat?

«Non, je ne sors pas du bois et ce n’est pas une candidature, corrige-t-il mercredi soir au téléphone. Des questions se posent, certes, mais il n’y a pas encore de réponse. Une réflexion est ouverte au sein de mon parti, avec lequel j’ai des discussions permanentes, mais celui-ci doit tout d’abord élaborer une stratégie. Aucune position n’est encore arrêtée si ce n’est que les Verts sont parfaitement légitimes pour le Conseil fédéral. Donc je ne ferme pas totalement la porte. Je suis à disposition mais il faut que les conditions se clarifient. L’hypothèse d’une candidature est encore très abstraite.»

Nombreuses inconnues

Reste que, comme il n’a pas manqué de le souligner à la radio, le profil du Genevois fait de lui un papable potentiel. Le natif d’Argentine a siégé six ans à Berne, où il a notamment dirigé la députation de son parti, avant de siéger six ans au sein de l’Exécutif cantonal, qu’il préside aujourd’hui.

Selon lui, les inconnues restent toutefois très nombreuses. «Nous devons déterminer ce que veulent les Verts, sur quelles alliances ils pourraient compter, quel siège ils viseraient et quelle serait du coup la bonne origine régionale, énumère-t-il. Il y a aussi le timing. Revendiquerions-nous un siège maintenant ou en cours de législature? La place des femmes a en outre été centrale au cours de ces élections. Personnellement, je privilégierais une candidature féminine.»

Son statut de président du gouvernement cantonal constitue aussi un facteur dans la décision. Antonio Hodgers a repris ce titre de façon permanente le 23 janvier, le précédent titulaire étant durablement secoué par des démêlés judiciaires. «Le gouvernement genevois traverse une phase difficile, relève-t-il. Est-ce le moment de partir?»

Lisa Mazzone en retrait

Comment d’autres Verts genevois réagissent-ils aux déclarations du plus éminent d’entre eux? «Je trouve sain que ceux qui ont la carrure du poste se posent la question», estime Lisa Mazzone, conseillère nationale.

Celle qui est arrivée en tête dimanche du premier tour genevois pour l’élection du Conseil des États ne songerait-elle pas aussi à une candidature, ce d’autant que les postulations féminines apparaissent comme bienvenues. «Non, réfute-t-elle. Mon parcours politique est trop court pour que je me pose la question.» En revanche, une participation gouvernementale des Verts lui semble incontournable. «Nous avons la légitimité d’être représentés et nous menons des discussions stratégiques au sein de la présidence sur la marche à suivre, indique-t-elle. Nous aspirons à prendre nos responsabilités et trouver des solutions.»

«Urbain et progressiste»

Fraîchement élu au Conseil national, le président des Verts genevois est sur la même longueur d’onde. «Antonio Hodgers ne ferme pas la porte et c’est très responsable de sa part», juge Nicolas Walder. Et le Carougeois a sa petite idée sur quel siège gouvernemental il conviendrait d’attaquer. «Au vu de la jeunesse et de la qualité de son profil, lui qui représente la Genève urbaine et progressiste remplacerait très avantageusement Ignazio Cassis.» Le libéral-radical, qui a signé le retour des italophones parmi les sept Sages après dix-neuf ans d’absence, n’est conseiller fédéral que depuis deux ans.

En décembre prochain, les Verts vont sans doute présenter «pour la forme» une brochette de candidats, pronostique le politologue Claude Longchamp, interrogé par l’agence Keystone-ATS. Outre celui d’Antonio Hodgers, certains noms ont déjà circulé dans les cercles politiques, parmi lesquels l’ancien ministre cantonal bernois Bernhard Pulver, Regula Rytz (BE), ou Maya Graf (BL).

Créé: 23.10.2019, 19h55

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