Un compromis est recherché sur le cyclisme dans les parcs

Ville de Genève Le vélo pourrait être autorisé dans les parcs, sur certains tronçons et à vitesse réduite. Pourparlers en cours.

Un nouveau règlement municipal est entré en force le 1er juin. Il reprend une interdiction de pédaler dans les parcs qui n’est cependant pas inédite, selon Guillaume Barazzone, magistrat chargé de l’Environnement urbain.

Un nouveau règlement municipal est entré en force le 1er juin. Il reprend une interdiction de pédaler dans les parcs qui n’est cependant pas inédite, selon Guillaume Barazzone, magistrat chargé de l’Environnement urbain. Image: Laurent Guiraud

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Bannis des parcs urbains, en tout cas sur le papier, les cyclistes pourraient bientôt s’y frayer à nouveau un chemin légal. Comme l’a révélé mercredi la RTS, des discussions sont en cours à ce sujet entre la Ville de Genève et les milieux cyclistes. Des résultats sont attendus à la fin du mois de septembre.

Les amateurs de la petite reine sont à cran. La Ville de Genève a disposé en juin, à l’entrée de ses parcs, des banderoles explicitant les règles en vigueur. Un nouveau règlement municipal est entré en force le 1er juin. Il reprend une interdiction de pédaler dans les parcs qui n’est cependant pas inédite, selon Guillaume Barazzone, magistrat chargé de l’Environnement urbain. Pour lui, l’innovation de ce texte est le cantonnement des grillades dans les lieux et sur les grils prévus à cet effet.

Des cyclistes agacés

Le rappel du bannissement des vélos dans les espaces verts a suscité des réactions contrastées. Certains usagers des parcs, effrayés par des déferlantes cyclistes jugées périlleuses, ont applaudi. Mais au guidon, on a frôlé l’apoplexie. «Ce message d’interdiction totale a heurté les cyclistes dans un climat où on les traite souvent de terroristes, alors que la plupart d’entre eux font preuve de prudence, déplore Thomas Wenger, président de l’Association transports et environnement (ATE). Plutôt que d’interdire, il vaudrait mieux privilégier le bon sens. La Ville doit mettre l’accent sur la sensibilisation des cyclistes quant à l’attention qu’ils doivent porter aux autres usagers.»

Maire depuis juin, Guillaume Barazzone admet que la communication sur le sujet a été maladroite. Selon lui, la Commune fait avant tout de la prévention et les policiers municipaux ont pour mission de sanctionner les seules mises en danger d’autrui. La Ville n’a pas attendu la polémique pour lancer une réflexion, précise-t-il.

«Quand le Conseil administratif a adopté son règlement en mai, il a songé au fait que de nombreux cyclistes empruntent les parcs où ils cherchent un itinéraire sûr, explique le démocrate-chrétien. L’Exécutif a donc jugé judicieux, en parallèle, d’étudier à quelles conditions et sur quels tronçons des itinéraires cyclables pourraient être autorisés. Les milieux intéressés ont ensuite été associés à la réflexion.» Les cycles sont déjà autorisés à traverser deux parcs: les Bastions, au moyen de l’allée centrale, et le parc des Eaux-Vives, par la route qui le traverse. Selon le maire, les vélos ne sauraient être admis dans les parcs que s’ils circulent au pas en donnant la priorité aux piétons. Sur quels parcours en particulier? On ne le saura pas: les pourparlers sont en cours.

Lieux de détente préservés

«Les parcs sont des lieux de détente et doivent le rester, estime Guillaume Barazzone. Il est inadéquat de voir des vélos foncer près d’une pataugeoire où jouent de très jeunes enfants. Quant aux seniors, ils sont nombreux à se plaindre: se déplaçant difficilement, ils peuvent être déséquilibrés par le passage d’un cycliste, surtout s’il circule sur un vélo électrique qui peut atteindre une vitesse élevée. D’ailleurs, une ville très favorable au cyclisme comme Copenhague bannit les vélos de ses parcs!»

Thomas Wenger, lui, rappelle que la part modale du vélo dépasse 50% dans la capitale danoise alors qu’elle plafonne vers 5% en Suisse, qui ferait donc bien de développer cette mobilité douce. Celui qui est aussi député socialiste juge que les tronçons ouverts aux vélos dans les parcs devraient être la règle plutôt que l’exception, «mais avec une vitesse adaptée pour tenir compte des enfants et des personnes âgées».

«Le débat de fond concerne l’utilisation de l’espace public, qui, avec une population en hausse, engendre toujours plus de conflits exigeant des arbitrages, analyse Guillaume Barazzone. Il faut avant tout bâtir davantage de bandes et pistes cyclables dans les rues, ce qui se fait au rythme que permettent les moyens financiers disponibles pour les investissements. Mais on peut aussi trouver en parallèle une voie médiane pour autoriser les vélos sur certains tronçons balisés dans les parcs.»

(TDG)

Créé: 20.07.2016, 19h15

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