Comment redonner vie et beauté à la friche derrière Cornavin

GenèveLes lauréats du concours d’idées organisé par la SPG et l’Hepia proposent de réaménager le parking entre les Grottes et la gare.

Croquis du projet lauréat «Place des Amis», qui propose de construire une plate-forme en bois à la place du parking situé entre les Grottes et la gare Cornavin.

Croquis du projet lauréat «Place des Amis», qui propose de construire une plate-forme en bois à la place du parking situé entre les Grottes et la gare Cornavin. Image: DR

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C’est un lieu qui n’a pas vraiment de nom ni de réelle affectation. Depuis que les immeubles qui s’érigeaient encore là il y a une cinquantaine d’années ont été rasés, c’est une sorte de parking provisoire à long terme, entouré de façades décrépies. Et pourtant, cette friche urbaine située entre les Grottes et la gare Cornavin est la première chose que les voyageurs venus en train de la France ou de l’aéroport voient en arrivant à Genève. Il y a mieux comme vitrine…

L’imagination au pouvoir

Mais pour de futurs architectes et paysagistes, c’est un champ d’exploration idéal. Olga Kokcharova, Bastien Pillet et Shanice Aka-Adjo, les lauréats 2018-2019 du concours d’idées «Paysages urbains: révéler et imaginer» ont jeté leur dévolu sur cet endroit. Organisé depuis dix ans par la Société privée de gérance (SPG) en partenariat avec la Haute École du paysage, d’ingénierie et d’architecture (Hepia), ce concours demande à des groupes d’étudiants d’imaginer l’aménagement d’un lieu public de leur choix, sous-utilisé ou abandonné, afin de le revaloriser.

Terrasse en suspension

Les trois lauréats suggèrent de chasser les voitures pour rendre l’espace aux habitants et aux voyageurs en attente d’un train. Leur projet, intitulé «Place des Amis», comme l’une des rues qui ceinturent le périmètre, consiste notamment à construire une vaste plate-forme en bois adossée à la vélostation, qui, en rattrapant la légère pente de l’actuel parking, se trouverait au niveau des quais de la gare. «Cet espace surélevé donnerait un sentiment de suspension en créant une relation avec les trains en partance, qui invitent au voyage», explique Olga Kokcharova, étudiante de deuxième année en architecture du paysage.

Verger et potager

Cette esplanade servant tant à l’attente qu’à la détente serait entourée de verdure. Il s’agirait de conserver la végétation spontanée qui a poussé là au fil des décennies, mais aussi d’implanter un petit verger et des jardins potagers. Sans oublier des éléments architecturaux ou végétaux visant à préserver l’intimité du voisinage, ainsi que des fontaines à eau potable et un mur à tags. «Travailler de manière interdisciplinaire avec une étudiante en architecture du paysage a été très instructif, confie Bastien Pillet, lui-même étudiant en architecture. En effet, les architectes ont souvent tendance à mettre la végétation au second plan.» Ce qui les a intéressés dans cet endroit, c’est qu’il constitue un espace ouvert et ensoleillé à proximité de logements et de lieux de culture alternative, dans un quartier à l’histoire particulière, les Grottes. «Les alentours des gares sont rarement dotés de ces qualités», relève Olga Kokcharova.

«Une vraie plus-value»

Le jury a été séduit par ce projet qui transforme complètement un lieu délaissé et négligé. «Les lauréats proposent d’apporter une vraie plus-value qualitative, tant pour les habitants que pour les autres, dans un endroit pas évident, souligne Thierry Barbier-Mueller, administrateur délégué de la SPG. C’est exactement ce que nous attendions d’eux.»

Pierre Alain Girard, directeur général de l’Office du patrimoine et des sites du Canton de Genève, a apprécié la richesse et la diversité des personnalités des trois lauréats. «Leurs différences, ils ont su en faire une force», note-t-il. Guy Nicollier, architecte et associé chez Pont 12, salue quant à lui leur audace: «Ils ont eu le culot de s’emparer des Grottes, un lieu qu’on dit intouchable. C’est génial de simplicité!»

Le deuxième prix du concours a été remis à un projet qui propose une forte végétalisation de la terrasse Agrippa-d’Aubigné, à côté de la cathédrale, et le troisième à un projet qui veut arboriser davantage une partie des voies couvertes de Saint-Jean, tout en améliorant la cohésion et la circulation avec les espaces verts environnants.

Appel du pied à la Ville

Comme il s’agit d’un concours d’idées, ces propositions ne sont pas destinées à être réalisées. Sauf si la Ville de Genève décide de s’en emparer. «Certains projets le mériteraient, d’autant que cela ne coûterait pas trop cher, estime Thierry Barbier-Mueller. Il y a quelques années, nous avions lancé un appel du pied aux autorités, sans succès.»

Mais en l’occurrence, le secteur derrière Cornavin risque de toute manière d’être transformé avec le projet d’extension de la gare.

Créé: 04.07.2019, 07h00

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