Le Collège du travail a 40 ans

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Ce 28 novembre à 19 h, la salle du Faubourg accueillera la rencontre qui marquera les 40 ans du Collège du travail, attaché depuis 1978 à sauvegarder et à partager les traces, la mémoire et l’histoire du monde du travail et du travail domestique, non sans débattre régulièrement des nouveaux défis auxquels ce monde est constamment confronté.

L’histoire genevoise des luttes sociales a commencé à être étudiée sérieusement après Mai 1968

Le Collège du travail a été créé par Lucien Tronchet (1902-1982), un militant anarcho-syndicaliste puis socialiste qui fut une figure importante du mouvement ouvrier genevois du XXe siècle, et par ses camarades de lutte. En 1979, Tronchet publie ses mémoires aux Éditions Grounauer sous un titre résumant sa vie et qui est tout un programme: «Combats pour la dignité ouvrière». Il inscrit cet ouvrage dans le contexte de «la révolte de Mai 68» et d’une évolution majeure qu’elle a favorisée: «[On m’a] souvent demandé de raconter mes souvenirs de militant ouvrier d’avant-garde.

Pendant longtemps, cela ne me sembla pas utile. Puis la révolte de Mai 68 a donné envie à plus d’un étudiant d’en savoir davantage sur l’histoire de son canton, de son pays, sur les causes des conflits sociaux. Ainsi l’histoire des luttes sociales a commencé à être étudiée sérieusement, ce qui n’avait pas été le cas jusque-là.» C’est pour faciliter cette étude que Tronchet crée le Collège du travail, pour accueillir et mettre en valeur les traces de ses combats, de ceux de ses camarades et des générations suivantes.

Depuis lors, le Collège du travail vise à remplir pleinement ses différentes missions, ainsi qu’en témoignent richement son site (www.collegedutravail.ch) et le programme de la rencontre du 28 novembre, avec des extraits d’un film de la FOBB de 1955, une conférence du prof. Jean-Michel Bonvin sur «Les transformations du travail: quels enjeux et quels défis pour les salarié-e-s?» et une histoire illustrée du Collège du travail dont je soulignerai les lignes de force.

M. Thierry Apothéloz, conseiller d’État en charge du Département de la cohésion sociale, et M. Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d’Unia et président de la CGAS, nous feront l’honneur de leur présence et d’une allocution. Une verrée et un buffet clôtureront cette soirée dont le Collège du travail souhaite faire un temps de ralliement de toutes celles et ceux qui sont conscient-e-s de l’importance de sauvegarder et d’interroger les traces de l’histoire du mouvement ouvrier, des classes populaires et du monde du travail, particulièrement à l’heure où se renforce dangereusement l’exaltation périlleuse de la force et des «forts», sous le signe d’un culte sans limites de l’argent qui se moque éperdument du respect de la «dignité ouvrière», plus que jamais à défendre quand elle n’est pas à conquérir.

N’oublions pas que l’héritage des luttes passées et les valeurs qu’elles incarnent sont essentiels à la culture de notre conscience historique collective et à la vision de notre avenir commun, même si trop d’acteurs sociaux ne voient plus l’importance des traces et des témoignages de ce passé, ni celle de cette histoire pour le développement d’une société démocratique juste et en mouvement, avec le souci du bien-être de toutes et tous. (TDG)

Créé: 26.11.2018, 21h34


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