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Une coalition est prête à faire barrage à la liaison routière de Genève-Sud

Associations, élus locaux et riverains détaillent leurs arguments.

Le site du nant de la Bistoquette. Les batraciens rares qui y résident sont protégés.
Le site du nant de la Bistoquette. Les batraciens rares qui y résident sont protégés.
Steeve Iuncker-Gomez

Tollé Alors que le Conseil d’Etat vient d’adopter un crédit de réalisation pour les liaisons routières de Genève-Sud, une coalition se forme pour conspuer le projet. Défenseurs de la mobilité douce, protecteurs de la nature, voisins ou élus communaux ont déclaré la guerre à ces deux barreaux routiers, hier, face aux médias.

«Nous envisagerons tous les moyens, juridiques ou populaires, pour les combattre», promet la conseillère nationale Verte Lisa Mazzone, présidente de l’Association transport et environnement (ATE). Par un tracé semi-enterré, l’axe doit relier la douane de Pierre-Grand à la route d’Annecy, puis cette dernière à une jonction autoroutière de Lancy-Sud modifiée. Coût estimé pour le Canton: 123 millions de francs.

Des milieux menacés

Le WWF et Pro Natura sont prêts à monter au créneau. Ils dénoncent l’atteinte à la zone agricole, à des secteurs protégés au nom de la sauvegarde des batraciens, à d’importants couloirs naturels utilisés par la faune du bois d’Humilly au pied du Salève, à la pénétrante verte du vallon de la Drize ou à des «paysages merveilleux», notamment bocagers.

Les impacts devraient être évités au maximum en recourant à des parcours souterrains, quitte à en payer le coût, juge Isaline Probst Schaer, de Pro Natura. A défaut, des compensations doivent être prévues. Au WWF, Jean-Pascal Gillig rappelle que le projet affecte le site du nant de la Bistoquette, renaturé à grands frais en compensation au chantier de l’autoroute de contournement. L’atteinte à une compensation devrait alors être… compensée!

Projet jugé obsolète

Les tenants d’une mobilité alternative rappellent que les liaisons prévues sont un lointain descendant du projet dit de voie Cottier, remontant aux années 1980. A un bémol près: ce qui devait être un évitement de Carouge, de Sierne aux Palettes, est devenu une pénétrante qui dirige le trafic de la Haute-Savoie vers la ville. «On n’a pas pris la mesure du bouleversement climatique», tempête Lisa Mazzone. «On prétend délester des axes qui retrouveront très vite leurs charges antérieures et on canalise le trafic pour le projeter encore plus vite vers un centre-ville saturé», fustige Thibault Schneeberger, d’Actif-trafic.

Et d’affirmer une «opposition de principe» à tout projet routier dans un canton qui étouffe sous la circulation. Ces associations réclament que des améliorations soient apportées au niveau des infrastructures cyclables et de la desserte en transport public, voire par le rail, dans une région du canton, à leur sens, mal dotée.

Critiques locales

Les communes de Troinex et Plan-les-Ouates, où l’axe doit passer, ainsi que quatre de leurs voisines ont voté des contributions à la réalisation de l’axe routier. Mais des voix, minoritaires et de gauche, y estiment que ces municipalités ont cédé à une forme de chantage. Sans aide de leur part, l’Etat menaçait de bâtir une route totalement en surface plutôt que semi-enterrée. Le socialiste lancéen Nicolas Clémence parle d’un «ultimatum écologique». Reste que les quelque 10 millions obtenus des communes pourraient être bloqués. Plan-les-Ouates a conditionné son geste à un axe entièrement enterré qu’elle n’a pas obtenu; trois autres communes ont conditionné leur manne au feu vert de toutes les autres.

Réaction ministérielle

Ministre des Transports, Luc Barthassat est accusé d’avoir oublié que son département traite aussi d’environnement et d’agriculture. «Je suis de la région et je sais la sensibilité de ces sites, dit-il. On doit trouver les meilleures solutions et la variante semi-enterrée est celle qui préserve au mieux les lieux. Une route souterraine nécessite de nombreuses émergences pour des sorties de secours et leurs voies d’accès. On a encore quelques mois pour approfondir l’impact environnemental. Mais si on ne fait rien pour canaliser le trafic sur un nouvel axe structurant, des milliers de voitures engorgeront les chemins et hameaux de la région.»

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