La Clinique de Carouge ferme ses Urgences la nuit

SantéUne pétition munie d’une centaine de signatures d’employés et habitants a été envoyée au Conseil municipal.

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Depuis le début du mois de septembre, le Service des urgences de la Clinique de Carouge n’accueille plus les patients entre 23 h et 7 h. Cette fermeture, annoncée au personnel cet été par la nouvelle direction de l’établissement (également propriétaire de l’Hôpital de La Tour), a fait l’effet d’une bombe.

Pour certains employés, cette décision, dont «20 minutes» s’est fait l’echo, est prise comme une mise à mort de leur institution. Ils craignent qu’elle ne fasse baisser le nombre de patients et redoutent que la direction ait des projets de fermeture à terme. «Nous ne savons pas du tout ce qu’ils prévoient pour la clinique, s’inquiète une employée. Nous n’avons aucune information sur le futur, tout est opaque et c’est très déstabilisant.» Depuis l’annonce, plusieurs collaborateurs ont déjà démissionné de l’établissement, dont deux des trois médecins superviseurs du site, employés depuis près de vingt ans par la clinique.

Rentabilité en cause

«C’est vraiment dommage car depuis octobre 2018, nous avions lancé de nouveaux projets qui auraient pu nous aider à attirer davantage de patients, regrette le docteur Juan Sztajzel. Seulement, la direction ne nous a pas laissé suffisamment de temps pour constater si cela fonctionnait.» Le cardiologue fait référence à l’ouverture 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 du Centre d’imagerie médicale (CRDC), situé à côté de la clinique (qui permettait aux patients de bénéficier de ses services la nuit), ainsi qu’à l’accueil mis en place pour les personnes avec suspicion d’accident ischémique transitoire (une forme d’attaque cérébrale).

À la tête de l’établissement et de l’Hôpital de La Tour, Rodolphe Eurin concède ne pas avoir communiqué de manière optimale. «Ce n’est pas une décision que nous avons prise de gaieté de cœur et je comprends parfaitement les inquiétudes du personnel, mais nous ne pouvions pas continuer à maintenir un Service d’urgences qui accueille en moyenne 3,5 à 4,5 personnes par nuit à l’année malgré ces nouveautés. En termes d’économicité, ça n’a pas de sens.»

Le responsable qui a repris la direction du groupe au mois de novembre 2018 précise que des décisions devaient être prises. «La Clinique de Carouge est géographiquement éloignée de la direction. Ces dernières années, elle n’a peut-être pas eu l’attention qu’elle aurait mérité. Il fallait que nous prenions des mesures afin de proposer une offre intelligente.» Il assure que l’institution carougeoise ne fermera pas ses portes et qu’il n’y aura pas de licenciement de personnel. «La clinique restera ouverte mais nous réfléchissons à l’avenir que nous souhaitons lui donner. À ce stade, nous avons des pistes de réflexion.»

En quête de soutien

En attendant d’en savoir plus, le docteur Juan Sztajzel a lancé une pétition. Muni d’une centaine de signatures, le document a été envoyé au Conseil municipal de la ville de Carouge, qui a demandé que les pétitionnaires et la direction de la clinique soient entendus par la commission des pétitions. À ce stade, les autorités de la Cité sardes avouent tout de même se trouver démunies. «Nous regrettons évidemment une perte de prestation pour nos habitants, déplore la maire Stéphanie Lammar, mais s’agissant d’une institution privée nous ne pouvons pas faire grand-chose.»

Un constat que partage le conseiller d’État en charge de la santé, Mauro Poggia. «Cette décision, que l’État n’a pas à commenter, est la démonstration, pour ceux qui en douteraient encore, que les cliniques privées agissent en fonction de la rentabilité des tâches. Lorsque la rentabilité n’est pas au rendez-vous, la tâche est abandonnée.» Il ajoute que «le terme rentabilité n’est pas un vilain mot dans ma bouche, mais définit la distinction entre l’intérêt privé et les tâches d’intérêt général, qui doivent être assumées même lorsque la rentabilité n’est pas présente. À l’évidence, seul notre Tribunal administratif fédéral, qui veut placer tous les acteurs sur le même niveau de concurrence, semble être imperméable à ce constat.»

Selon le magistrat, les HUG ont les moyens nécessaires pour répondre à cette tâche «ce d’autant que la Clinique de Carouge ne les déchargeait pas particulièrement à cet égard, ce qui explique au demeurant leur décision.»

Du côté des hôpitaux universitaires genevois (HUG), le service médias et relations publiques refuse de communiquer à ce stade. «Il est difficile de donner déjà un retour sur les conséquences de la fermeture des Urgences de la Clinique de Carouge la nuit. Nous n’avons pas encore assez de recul sur le sujet.»


Deux services d’urgences ouverts la nuit

Suite à la fermeture nocturne des Urgences de la Clinique de Carouge (qui ouvrent désormais de 7 h à 23 h tous les jours), seuls deux établissements faisant partie du Réseau Urgences Genève (RUG) continuent d’offrir un accueil de nuit: les Hôpitaux universitaires et l’Hôpital de La Tour, ouverts 24 heures sur 24 tous les jours.

Les autres institutions faisant partie du RUG sont:
- La Clinique des Grangettes, dont les Urgences sont ouvertes du lundi au vendredi de 7 h à 23 h, et de 8 h à 23 h les week-ends et jours fériés.
- La Clinique et Permanence d’Onex, ouverte tous les jours de 7 h à 23 h.
- La Clinique de la Colline, ouverte de 7 h à 23 h tous les jours.
Les temps d’attente aux services d’urgences de ces établissements sont visibles en temps réel sur le site du RUG: www.urgences-ge.ch C.Z.B.

Créé: 24.09.2019, 07h00

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