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RestaurationLes clients reviennent, mais au compte-goutte

Lundi matin, bars et restaurants étaient loin de faire le plein. Reportage.

Au Qafé Guidoline aux Pâquis, des visières de protection ont remplacé les masques.
Au Qafé Guidoline aux Pâquis, des visières de protection ont remplacé les masques.
Laurent Guirad

C’est sous une pluie battante que certains cafés et restaurants du centre-ville ont rouvert leurs portes lundi matin. Si quelques fidèles étaient au rendez-vous dès les premières heures, heureux de retrouver leurs habitudes, de nombreux tenanciers affichaient des mines plutôt grises, inquiets d’ouvrir à perte. «Les clients reviennent, mais au compte-goutte», s’inquiète Amos Tarrago, patron du Post’Café aux Pâquis où deux parois en plexiglas séparent les tables à l’entrée. «Je pense que les autorités auraient mieux fait d’attendre la première date annoncée pour juin plutôt que de nous faire rouvrir dans ces conditions. Si cela se trouve, dans deux semaines, on ferme à nouveau…»

Plus loin, devant le Qafé Guidoline, un couple abrité de la pluie sous le store de la pharmacie attenante attend patiemment l’ouverture des portes, prévue à 8h. «On s’est levés tôt car on a pas mal d’administratif à faire en ville aujourd’hui, mais avant on voulait retrouver le plaisir de boire un café dehors», se réjouissent Lorenzo et Juliette, des habitués du coin. Priés de se désinfecter les mains à l’entrée, ce n’est qu’ensuite qu’ils ont pu prendre place à la table qui leur a été indiquée. Et d’y rester. Car ici, comme ailleurs, pour consommer il faut prendre place. Les déplacements n’étant tolérés que pour se rendre aux toilettes. Ne cherchez d’ailleurs pas les journaux, ceux-ci y sont interdits, comme le sucre sur les tables. N’essayez pas non plus de commander au bar, vous seriez gentiment, mais fermement, priés de vous rasseoir et attendre d’être servi. «On ne plaisante pas avec les règles de sécurité», tranche Anna Carteret, l’une des gérantes du lieu. Pour plus de sécurité, les serveuses ont d’ailleurs été priées de troquer les masques contre des visières transparentes, pratiques mais peu esthétiques. Si les clients continuent à arriver peu à peu, on est loin de l’ambiance frénétique que la café a connue avant la crise. «Il faudra un peu de temps avant que les choses reviennent à la normale», analyse la restauratrice. «Mais tant qu’il n’y a pas de deuxième pic, c’est mieux que de rester fermé.»

Peur de la 2e vague

La deuxième vague, c’est également ce que redoute la patronne de la Sportive, à la rue de Carouge. «Nous n’avons eu aucune aide pour le loyer. On ouvre parce qu’on n’a pas le choix. Mais s’il devait y avoir un deuxième pic, on réfléchirait sérieusement à continuer ou pas», souffle-t-elle pleine d’incertitude. Il faut dire que certains établissements, au vue de leur agencement ainsi que de leur emplacement, sont plus avantagés que d’autres. C’est notamment le cas du Café du Rond-Point ou du Pain Quotidien qui ont profité de la largeur des trottoirs devant leurs établissements pour sensiblement agrandir les terrasses. Pour cela, une lettre à la Mairie a suffi. À l’approche de midi, même la rue de l’École-de-Médecine, jusque-là restée endormie, a retrouvé un peu d’animation. Alors que dès 11h, L’Eléphant dans la Canette était fin prêt pour accueillir ses clients pour le service de midi, à la Ferblanterie on venait tout juste de recevoir des parois faites sur mesure par un menuisier. Mais pour l’ouverture, il faudra attendre la fin de la semaine. Car vers les douze coups de midi, les rues de Plainpalais restaient relativement vides.

Seul le Susuru, un bar à ramen du coté de Stand, affichait plein. Afin de séparer les tables entre elles dans cet espace plutôt exigu, les patrons ont imaginé des parois en bois rappelant l’esthétique japonisante des ramen shop de Tokyo. «Ce n’est pas le coup de feu mais les gens sont au rendez-vous», se réjouit Julien Roques. «En plus du service sur place, on a déjà eu une dizaine de take-away et on ne fait que commencer.» Mais c’est à quelques pas de là, du côté du Remor, que les plus grandes transformations ont eu lieu. Afin d’inviter ses clients au voyage, Antoine Remor a eu l’idée de donner à son établissement l’allure d’un Orient Express. Séparées par des parois en tissus rouges plissés, les tables s’y transforment en compartiments intimistes invitant à la discrétion. Pour pouvoir entrer il faudra se munir d’un ticket de transport, distribué par une hôtesse à l’entrée. «Je pensais rester fermé, mais mon père ne m’a pas laissé le choix», admet le patron. «On est une institution ouverte depuis 1921, on se devait d’être présent!»

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