Clan Ramadan: une attitude en question

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La morale n’est pas la justice, c’est vrai! Et la présomption d’innocence est une des bases de l’État de droit, nous rappellent avec insistance les défenseurs de Tariq Ramadan; c’est également vrai. N’ayez crainte, votre confiance réitérée en nos valeurs démocratiques sera récompensée. La justice française, la justice helvétique voire la justice américaine vont faire leur travail. Il n’est pas question ici d’interférer dans les procédures en cours.

Pourtant, la dignité des individus ne saurait se satisfaire de l’impunité offerte par la prescription d’actes odieux dénoncés par des anciennes élèves genevoises, parfois mineures et en position de fébrilité. Actes corroborés par le rapport sur les abus à l’école dans le canton de Genève publié ces jours. C’est de cela qu’il va s’agir dans ces quelques lignes: un rappel pour mémoire et un soutien au courage des victimes de Ramadan lors de ses années d’enseignement à Genève.

Loin de faire profil bas, Ramadan prend le parti de l’offensive et se pare des habits de pauvre victime d’un système judiciaire antimusulman. Il est nécessaire de faire entendre un autre son de cloche. En effet, l’absence de remords, de regrets pour les victimes, pour la douleur et les souffrances qu’elles ont ressenties, ne le grandit pas. Son mépris de l’humain en devient encore plus évident. Il offre un visage si peu reluisant des principes qu’il prétend vivre. Belle supercherie, triste déception pour ceux qui ont cru en son honnêteté.

«Doit-on oublier ses actes interdits sous prétexte qu’ils ne sont plus punissables par la loi en vigueur?»

Son attitude et celle de ses soutiens imposent une réponse, une responsabilité même, de la part de ceux qui l’ont côtoyé pendant de longues années. Une réponse sous forme de ce simple rappel des valeurs que leurs bouches déclamèrent à tout vent et que leurs plumes conjuguèrent à tous les temps: honnêteté, respect, sincérité, intégrité, justice, soutien aux plus faibles… Souvenons-nous que, au moment même où Tariq Ramadan lance l’Association Coopération Coup de Main au C.O. des Coudriers au milieu des années 80, des jeunes filles dénoncent déjà ses «errements».

Quelques années après, c’est en tant que doyen au Collège de Saussure qu’il abusera de son statut pour manipuler et séduire des étudiantes. L’hypocrisie de l’enseignant, la faiblesse de l’homme ne datent donc pas d’hier. Le ver est déjà dans le «fruit» bien avant la déferlante MeToo de 2017, comme le confirme l’enquête remise au Conseil d’État.

La justice va continuer son labeur mais l’immense majorité des individus qui l’ont connu n’ont même plus besoin d’un verdict judiciaire. Pourtant, celui-ci est indispensable pour les victimes afin qu’elles puissent mettre un point «final» à leurs souffrances. Et ce, même si pour la plupart des victimes genevoises, la prescription en vigueur dans notre République pour de tels actes fait que Ramadan ne peut pas être poursuivi pour ses dérives du siècle passé. Doit-on pour autant oublier ses actes interdits sous prétexte qu’ils ne sont plus punissables par la loi en vigueur? (TDG)

Créé: 26.11.2018, 21h25


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(Image: © Jean-Paul Guinnard)

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