Passer au contenu principal

L'affichage à Genève, «c'est le Moyen Age»

La campagne pour les municipales a pris possession de l’espace public. Attention les yeux!

Est-il bien sage de poser publiquement le pouce levé? En mousquetaire? Détouré dans une sombre reproduction du Déjeuner sur l’herbe de Manet ? L’heure de gloire de l’élu local est arrivée. A quelques jours du premier tour des municipales, le voici placardé sur la place du village et devant les grandes surfaces ou sur le cul des bus. Clanique ou solitaire, tout sourire ou scrutant l’horizon. Certains arborent la cravate animalière porte-bonheur. Il y a aussi ceux qui marchent, les classiques, les originaux, les «photoshopés», les mal à l’aise.

Verdict de l’esthète: «Je suis stupéfait par ce que je vois, lâche Franck Belaich, sémiologue et spécialiste de la publicité. Il y a en Suisse une grande tradition et expertise graphique. Mais là, c’est le Moyen Age!» En effet. Qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête des démocrates-chrétiens du Grand-Saconnex? Sur leur affiche, une reproduction du Déjeuner sur l’herbe, on a gardé les fruits, mais pas le nu (tout de même, pour le parti de la famille), ajouté des personnages et un téléphone noir qu’on a cherché sur l’œuvre d’origine… en vain. «L’esprit de Manet, c’est la modernité. Dans ce tableau qui a fait scandale en 1863, il dit combien il est dans la réalité de l’époque», décrypte Jean-Marc Comte, conseiller administratif allongé au premier plan. Assez clair pour les électeurs? «Ils ont reçu un document qui explique tout.»

Les articles ABO sont réservés aux abonnés.