À CinéTransat, les ciné-fils chassent les déchets jusqu’à la lune

Plein airLes nouvelles générations font pique-nique commun devant le grand écran, tout en luttant contre le gaspillage. Avec succès.

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Quatre soirs par semaine, un petit miracle se répète dans le plus beau parc de la rive droite: une Piazza Grande délocalisée sur l’herbe naît à la vue de tous aux abords de la Perle du lac. Les instigateurs de la chose travaillent en musique. Ils écoutent la bande-son de «2001 L’Odyssée de l’espace» au moment d’installer la structure gonflable (16 mètres de largeur sur 9 de hauteur) qui fera office d’écran géant. Rituel immuable: le gros boudin est sorti de son container de rangement, la soufflerie se met en marche; en deux minutes, c’est monté. Miracolo. Il ne manque plus que la nuit pour démarrer la projection.

Le public s’est déjà installé. Les 350 transats à disposition partent comme des petits pains. Jusqu’à 4000 personnes, les soirs de grande affluence. À 2500, on est bien; à 1000, on est confortable. C’était le cas pour le concours de pique-niques organisé le 13 juillet, en marge de la projection du film de Zemeckis, «À la poursuite du diamant vert» («Romancing the stone»).

«Zéro déchets», les pique-niques conçus au coucher du soleil le sont par des petites mains championnes du recyclage intelligent. Près de 30 équipes se sont inscrites. Concours relevé. On mange par terre, sur de jolies nappes, pendant que le jury, composé des membres de l’association ZeroWaste Switzerland, se déplace au milieu du public pour noter les participants.

Vainqueurs au féminin: les «Twins», Deborah (29 ans) et Karen (27 ans) se partagent la plus haute marche du podium avec «La vie est belle», des femmes, elles aussi, hilares au pied de l’écran, consacrées stars de la nuit dans l’art, de plus en plus répandu, du «zéro-gaspi». Elles avaient tout juste: des couverts en bambou, des gourdes en acier inoxydable, des petits sacs en coton organique et des emballages réutilisables en cire d’abeille (le fin du fin). Sans oublier une charcuterie locale, découpée en fines rondelles, qui faisait chaud au cœur de celui qui n’est pas vegan.

«On a voulu s’inscrire de façon ludique dans le mouvement de la jeunesse d’aujourd’hui qui se bat en faveur du climat», explique Catherine Armand, la porte-parole désignée de CinéTransat, une manifestation qui entame sa onzième édition et montre elle aussi l’exemple en ayant adopté le gobelet consigné. «Le matin, à l’heure de la levée des déchets, on se rend compte que le message a passé», poursuit notre interlocutrice.

Les générations se succèdent, tout en restant fidèles à l’endroit, assez unique en effet. «Je venais en été avec mes parents pour voir les dessins animés japonais, raconte un ciné-fils aujourd’hui adulte. J’y retourne désormais avec ma copine…» Des jeunes couples en formation, d’autres mariés depuis longtemps: tous les âges sont ici représentés. Comme d’ailleurs tous les styles de cinéma, avec une petite préférence pour ces longs-métrages qui, par leur contenu et leur mise en scène, encouragent nos amuseurs publics à thématiser leurs soirées.

Dans la coulisse de CinéTransat, loin du lac, en pleine campagne genevoise, un artiste particulièrement inventif (prénom Julien), à qui l’on doit notamment la décoration nocturne du Demi de Jussy (c’est de la course à pied), conçoit et réalise la scénographie des expéditions sur la lune (le 20 juillet, «Mars Attacks», de Tim Burton), une panoplie lunaire en trois dimensions qui promet beaucoup sous le ciel étoilé.

Le même ensemblier interviendra également en clôture de saison, le 18 août, pour habiller le dancefloor sur lequel sera organisé ce soir-là un concours de twist, histoire de se préparer en mouvement à la projection de «Pulp Fiction», du Tarantino pur sucre, avec John Travolta et Uma Thurman.

Un petit flyer bien fait liste en les commentant les films choisis. Il tient dans la poche. En le dépliant, on tombe sur une date exclusive: le 1er août, jour de la Fête nationale, sera diffusé en avant-première le dernier long-métrage du réalisateur suisse romand Fred Baillif, «La preuve scientifique de l’existence de Dieu», avec notamment Irène Jacob et Jean-Luc Bideau. Le cinéaste sera présent, entouré, nous annonce-t-on, d’une «bande de vieux enragés». Comme la sonorisation du site est excellente et que la voix de Bideau porte loin, on devrait entendre ce casting de furieux jusqu’à Vevey, capitale mondiale du «Festspiel» en plein air.

Créé: 19.07.2019, 11h59

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