Christie’s fête les 50 ans de sa première vente en Suisse

Tribune des ArtsC’est avec une vente de porcelaine de Meissen que la maison d’enchères a inauguré sa salle genevoise le vendredi 7 juin 1968.

La première vente de Christie’s à Genève a eu lieu il y a exactement cinquante ans, le vendredi 7 juin 1968. Il s’agissait de 166 pièces de porcelaine de Meissen provenant d’une collection privée. Résultat de l’adjudication: 1,1 million de francs.

La première vente de Christie’s à Genève a eu lieu il y a exactement cinquante ans, le vendredi 7 juin 1968. Il s’agissait de 166 pièces de porcelaine de Meissen provenant d’une collection privée. Résultat de l’adjudication: 1,1 million de francs. Image: CHRISTIE'S

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C’était il y a cinquante ans, jour pour jour. Le 7 juin 1968, le marteau de Christie’s retentit sur le sol genevois pour la première fois. Mais si ce sont aujourd’hui les ventes de joaillerie et d’horlogerie qui animent la Cité de Calvin deux fois par année, c’est avec une vente de porcelaine de Meissen que tout a commencé en ce premier vendredi de juin 1968.

Provenant d’une importante collection royale, les 166 lots mis alors à l’encan réunissent pas moins de 1,1 million de francs, une somme conséquente pour l’époque. Mais il faut attendre l’année suivante pour voir la première adjudication joaillière et la véritable raison pour laquelle c’est à Genève et non pas ailleurs que Christie’s a décidé d’installer sa première salle de vente en dehors de la Grande-Bretagne.

Pourquoi Genève?

«Les exécuteurs testamentaires de Nina Dyer, ancienne épouse du prince Sadruddin Aga Khan, décédée en 1965, nous ont approchés, car ils voulaient vendre son importante collection de joyaux dans l’endroit au monde où les taxes seraient le moins élevées, soit Hongkong ou Genève», explique Eveline de Proyart, directrice du bureau genevois de Christie’s. Ce sera Genève.

Très attendu et médiatisé, l’événement attire pas moins de 800 personnes en smoking et robe longue dans la salle de ventes, alors située à l’hôtel Richemond. Clou de la soirée, la mise aux enchères d’un collier de perles noires adjugé 580 000 francs. Quant à la vente, elle se solde par un résultat dépassant les 12 millions! «C’est ainsi que, deux fois par année, Genève est devenue le théâtre des plus grandes ventes de joaillerie», rappelle Eveline de Proyart. Mais la suspension de TVA, toujours en vigueur, dont bénéficient les objets importés destinés à la vente en Suisse contribue également à l’essor de Genève comme plate-forme de vente.

Aux joyaux s’ajoutent rapidement le vin et l’horlogerie, dès 1975 – la première vente propose des pièces provenant de la collection de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III! – mais également tout type d’objets de luxe comme l’argenterie ou l’art.

«On exporte tout autant»

Mais ce que le public sait moins, c’est que Christie’s Genève a depuis toujours exporté un grand nombre d’œuvres d’art vers ses autres salles de ventes. «En termes de valeur, on exporte autant que l’on importe en Suisse», assure Eveline de Proyart. Ainsi les «Three Studies for Self-Portrait» de Bacon, adjugés 17 millions de livres à Londres en 2008, provenaient d’une collection privée genevoise, tout comme les trois dessins de Goya considérés comme perdus dans le catalogue raisonné de l’artiste et identifiés à Genève par un spécialiste de Christie’s. Sans oublier ce vase datant de la dynastie Ming, vendu pour plus de 20 millions de francs à Hongkong en 2016. «Ses propriétaires savaient qu’il était important mais pas à ce point. La preuve, ils y rangeaient des parapluies!» confie la directrice du bureau genevois, qui ne manque pas d’anecdotes pour illustrer cinquante ans de succès.

Créé: 07.06.2018, 17h45

Articles en relation

La justice genevoise condamne une maison de vente aux enchères

Marché de l’art Des héritiers d’une collection de Klimt et Schiele ont contraint la galerie bernoise Kornfeld à répondre à leurs questions. Plus...

Record mondial pour Borgeaud vendu par son plus grand fan

Enchères La première partie de la collection Givel dispersée mercredi à Bâle a attisé les passions suisses et étrangères et additionné les prix forts. Plus...

Vallotton, Soutter, Borgeaud, dispersés aux enchères

Beaux-arts La collection Givel avait révélé ses atouts au Musée de Pully en 2016. Mais l’œuvre de deux générations de Vaudois ne survivra pas au décès de son dernier pilier. Plus...

Le violon de Charlie Chaplin en vente pour la troisième fois

Patrimoine Après Christie’s en 2016, c’est Galartis qui mettra aux enchères le fameux instrument ce vendredi à Crissier. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.