Les chercheurs défendent la science indépendante des intérêts partisans

Mobilisation Une marche va célébrer la science samedi à Genève et dans le monde pour rappeler son rôle primordial face aux attaques subies

Le mouvement est né aux Etats-Unis suite à l’élection de Donald Trump. Aujourd’hui, la mobilisation s’est propagée partout dans le monde.

Le mouvement est né aux Etats-Unis suite à l’élection de Donald Trump. Aujourd’hui, la mobilisation s’est propagée partout dans le monde. Image: Steven Senne/AP

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«Il faut que les scientifiques marchent sur Washington.» Ce qui n’était à la base qu’un simple message publié sur le forum en ligne Reddit, le 20 janvier 2017, est en en train de prendre une ampleur inattendue, dont les secousses se font sentir jusqu’à Genève. En effet, les chercheurs du cru marcheront demain dans les rues de la Cité de Calvin, à l’unisson de leurs homologues étrangers. Au dernier comptage, plus de 500 villes réparties dans une cinquantaine de pays accueilleront samedi 22 avril une marche pour la science («March for Science»), à l’occasion de la Journée pour la Terre.

«A l’origine, le mouvement est né aux Etats-Unis suite à l’élection de Donald Trump, raconte James Beacham, physicien des particules au CERN et membre du comité organisateur de «March for Science Geneva». Mais cette mobilisation a dépassé les frontières du pays de l’Oncle Sam pour se propager dans l’ensemble du monde.»

Rejet de Donald Trump

A l’image de la «Marche des femmes», qui s’est tenue le 21 janvier 2017, celle pour la science espère réunir des millions de personnes sur toute la planète. Avec quel objectif? Au départ, il s’agissait de protester contre l’administration Trump, dont les premières mesures comportent des coupes budgétaires importantes, notamment pour l’Observatoire météorologique national (National Oceanic and Atmospheric Administration) et pour l’Agence de protection de l’environnement (Environmental Protection Agency). Sans parler de la nomination à des postes clés de personnes ouvertement climatosceptiques ni des lois anti-immigration, qui ont bloqué à la frontière plusieurs chercheurs.

«De ce rejet instinctif de la nouvelle politique américaine est né un mouvement citoyen beaucoup plus large, poursuit Sabine Flury, chercheuse à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et membre du comité d’organisation. Il s’agit désormais de célébrer la science et de rappeler son rôle primordial, face à la tendance actuelle qui consiste à la décrédibiliser à des fins politiques.» Un avis partagé par James Beacham: «Le problème n’est pas seulement américain. Partout dans le monde, les résultats scientifiques sont remis en cause. Par exemple, beaucoup de personnes estiment que l’on peut croire ou non au réchauffement climatique. Mais c’est faux! Il y a ce que dit la science: le changement climatique est d’origine humaine. Les faits alternatifs n’existent pas.» Les organisateurs s’efforcent néanmoins d’éviter toute récupération partisane: «Le mouvement est apolitique, résume Sabine Flury, mais nous voulons faire entendre la voix de la science aux politiques, parce que nos résultats peuvent guider l’action publique.»

La Suisse, un paradis

Le rendez-vous se veut également une rencontre avec le grand public: «Il faut casser l’image des scientifiques enfermés dans leur tour d’ivoire et rappeler aux gens que la science est partout, des smartphones à la médecine en passant par les voitures, poursuit Sabine Flury. Elle profite à l’ensemble de l’humanité.»

A Genève, l’événement débutera par un rassemblement à 10 heures au Jardin anglais, puis continuera avec une balade autour des ponts piétonniers voisins, avant de revenir au point de départ. La marche sera suivie d’une «célébration de la science» avec des discussions entre le public et des scientifiques ainsi que des exposés de chercheurs issus de l’Université de Genève, de l’EPFL, du CERN et du World Climate Research Programme.

«En Suisse, la recherche bénéficie d’un milieu très privilégié. Nous ne connaissons pas les problèmes que subissent nos homologues à l’étranger. Et Genève est unique. La ville abrite des organisations internationales dédiées à la science, comme le CERN, dont les fins sont pacifiques, progressistes et humanitaires, souligne James Beacham. Mais il est important de témoigner notre solidarité à tous les chercheurs du monde.»

(TDG)

Créé: 21.04.2017, 08h57

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