À Chêne-Bougeries, un parc en cache un autre

Parcs genevois méconnus (2/6)Dissimulé juste derrière le parc Sismondi, celui de Stagni apaise depuis plus de trente ans les habitants et les riverains.

Caché par le parc Sismondi bordant la route du Vallon, le parc Stagni et ses grands arbres – dont un magnifique séquoia – sont éblouissants. Apaisants. Attachants. Et cet espace de verdure possède ses recoins et ses créatures bizarres.

Caché par le parc Sismondi bordant la route du Vallon, le parc Stagni et ses grands arbres – dont un magnifique séquoia – sont éblouissants. Apaisants. Attachants. Et cet espace de verdure possède ses recoins et ses créatures bizarres. Image: Lucien Fortunati

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Il a déplié une nappe et dégusté son sandwich. Quentin, 20 ans, est un usager régulier du parc Stagni, niché derrière la mairie de Chêne-Bougeries. Ce qu’il apprécie dans ce coin de verdure? «Le calme. Et j’aime beaucoup apercevoir des écureuils ou d’autres animaux», résume cet apprenti en architecture qui travaille dans le quartier. «Regardez, voilà justement un écureuil, là-bas, au pied de cet arbre», indique le jeune Français.

Bébé séquoia et épicéa touffu

Comme d’autres usagers occasionnels, il a récemment découvert ce havre de paix (lire l’encadré). Il faut d’abord franchir un portail majestueux pour y accéder, car il se situe derrière le parc Sismondi, visible, lui, depuis la route du Vallon. Dès l’entrée, le spectacle est impressionnant. Le visiteur est accueilli par un groupe de pins bienveillants. Sur la droite, trône un immense séquoia. Sequoiadendron giganteum, en latin. Et, devant l’immense arbre, la relève est en train de pousser. Un bébé séquoia est bien parti pour se déployer à l’ombre de son grand frère.

Le parc et ses alentours sont aussi garnis de pins noirs, d’un érable sycomore, d’un tilleul à grandes feuilles ou encore d’un groupe de Picea omorika. Bien touffus, ils abritèrent, il y a quelques années, un renard désemparé.

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Le parcours du parc, circulaire, se prête bien aux familles car les enfants peuvent difficilement se perdre. Sauf en se cachant sous un épicéa. La pelouse est tendre, accueillante.

Et puis, Stagni offre ses recoins. Derrière les épicéas, c’est le coin des ados: deux baby-foots, deux tables pour pongistes, des bancs. Et même un talus suffisamment en pente pour se reposer tout en continuant d’admirer les alentours.

Des vides, aussi. Comme cet espace vierge qui a remplacé un immense thuya qui a rendu l’âme bien des années après avoir été rattrapé par les maladies. Ou la foudre, on ne s’en souvient plus vraiment… Plus loin, un curieux totem, directement sculpté par Sylvio Asseo sur un séquoia centenaire, représente des animaux de la forêt. Un parcours ombragé permet de demeurer à la fraîche. En cherchant bien, on trouve aussi deux ruches.

Et un étang, auréolé par une sculpture en forme de grenouille rigolote. Des tritons, des têtards et, parfois, des libellules s’y égarent.

Avant d’être transformée en parc, la campagne Stagni formait une propriété de 34 000 m2, sur laquelle se trouvait, entre autres, la maison de Paola Stagni, nous apprend Roxane Pagnamenta, archiviste communale. Cette dame était née en 1885. Elle a vécu jusqu’en 1969, s’éteignant à 84 ans. La propriété a été achetée par la Commune de Chêne-Bougeries en 1962. «Longtemps fermé au public, le parc fut ouvert à ce dernier et inauguré le 23 mai 1986», précise Roxane Pagnamenta.

Point d’ancrage

Quant au parc Sismondi, il a été aménagé sur la parcelle appartenant à la famille éponyme. La villa est occupée par le couple Sismondi. C’est aussi un point d’ancrage pour des intellectuels venus de loin pour échanger leurs idées avec l’économiste Jean de Sismondi. La Commune achète le bâtiment en 1958. En 1974, résume l’archiviste communale, la propriété est transformée en large espace vert longeant la route du Vallon.

Il est bientôt 14 heures. Les usagers de la pause de midi replient leurs affaires. Le parc se vide. Il se remplira plus tard dans l’après-midi et le soir, avec les familles.

Créé: 16.07.2019, 07h08

Pourquoi elles viennent y folâtrer

Josette fait la moue. «Vous êtes sûr de vouloir écrire un article sur ce parc? Tout le monde va venir et nous ne serons plus au calme!» lâche cette infirmière de 57 ans. La tranquillité, c’est le maître mot des usagers rencontrés jeudi 13 juin, au moment de la pause de midi. Cette Française habitant Annemasse a découvert le parc il y a deux ans. «Des collègues m’en avaient parlé. Je m’y rends souvent durant ma pause. Il se prête à la méditation.» Josette est souvent seule. Mais aujourd’hui, elle est accompagnée par une jeune femme de 25 ans, qui réside aussi à Annemasse. La Française est aussi conquise: «Ce parc dégage des bonnes énergies. Ce matin, j’étais très stressée. Mais cet environnement est très apaisant. Maintenant, je me sens beaucoup mieux.»

Plus loin, Florence, 41 ans, ne fait que le traverser. Cette professionnelle de la santé l’emprunte quand elle doit se rendre en tram au centre, la ligne 12 passant juste à côté. «Tous mes collègues prennent le même chemin. Je m’y arrête parfois. Il est très beau. J’y suis revenue pour mes loisirs, avec mes enfants, car ils adorent venir admirer les têtards.» Le bouche à oreille fonctionne bien. Mais chut! N’ébruitons rien…

R.R.

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