Chez les Chavaz et les Rosset: légumes et fruits bien genevois

Marchés à la fermeAvec le bus 41, les Carougeois sont à dix-sept minutes d'un des plus authentiques marchés à la ferme genevois.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Francis Chavaz est descendu faire son premier marché à l’âge de 22 ans, raconte Laure, son épouse. L’année était à la mévente. Le jeune Veyrite n’arrivait pas à écouler ses cardons. Ni une ni deux, il a pris une place au marché de la Fusterie et en a vendu 200 kilos dans la matinée. Depuis ce jour-là, Francis n’a jamais arrêté le marché.


Ferme Chavaz Ch. des Marais 62, Veyrier. Vente les mardi et samedi de 7h30 à 12h30; le jeudi de 15h00 à 19h00. Actualité sur Facebook

Depuis quelque temps, c’est sa fille Alexandrine qui accueille les citadins à Rive et à Champel. Lui a développé son marché à la ferme. C’est merveille que d’admirer les légumes sur le banc, fraîchement cueillis. Du jardin cette semaine, dent-de-lion, chicorée amère, trévise, épinard, rampon, roquette, annonce Laure sur Facebook. Toute une gamme de légumes que la famille complète selon la saison en s’approvisionnant chez d’autres maraîchers genevois, tous labellisés Genève Région - Terre Avenir (GRTA). Il ne se passe guère plus de vingt-quatre heures entre cette marqueterie horticole et l’assiette des fins nez. C’est là le principal atout des maraîchers qui pratiquent la vente directe.

Culs de poulet savoyards

«Nous récoltons des légumes de la fin de mars jusqu’à Noël, avec les cardons, une cinquantaine de variétés», affirment Francis et Laure, sa dynamique épouse, qui n’a pas été pour rien dans le lancement du lait GRTA (lire page 4). «L’aventure du marché s’est nouée dès l’origine avec la famille Rosset, du Petit-Veyrier», insiste Francis. Quelques lapins reçoivent les visiteurs au 62, chemin des Marais. Le hangar accueille une floricultrice passionnée, Kashia Daniel. Bernard Cerutti, pêcheur à Vésenaz, propose des filets de féra fumée à 42 fr./kg contre 70 fr./kg pour les féras d’Ouchy achetées dans un supermarché. Maurice Fabri, boucher à Carouge, vend longeoles, atriaux et autres charcuteries.

En saison, les Rosset proposent leurs petits fruits, prunes (dont les culs de poulet, une vieille variété de Savoie), mirabelles, pêches de toutes sortes, du vin, ponctuellement de la viande de leur exploitation. Et des sapins de Noël.

Claude est un fan des nouvelles variétés de pommes sorties des laboratoires agronomiques en France et en Allemagne. Ces cultivars résistant aux maladies produisent des pommes superbes et juteuses, presque sans pesticides. Et sans OGM, évidemment. Le samedi, les habitués trinquent sans façon. Les crus du Petit-Veyrier délient les langues. L’agriculteur est en plein agnelage. «Déjà vingt et un agneaux, a-t-il compté. Et j’en attends plus d’une dizaine. Il faut savoir être disponible.»

Rude concurrence

Tout n’est pas rose pour autant. La concurrence est rude. «Très rude même», avouent les deux paysans. «Comment sortir des salaires de 4000 francs et plus quand par-delà la frontière on peut acheter dix kiwis pour un euro?» demande Claude. Les Genevois doivent davantage mettre au diapason leurs choix politiques en achetant local.

Béatrice, qui repart avec deux cabas pleins, fait partie de ces clients citoyens: «Un ménage, ça se gouverne comme une commune. Le mesclun, je le consomme tout de suite. En fin de semaine, je propose à ma tribu des carottes ou des céleris, cuits ou râpés en salade. Les röstis, je les prépare avec le reste de pommes de terre en robe des champs.» Intarissable, Béatrice ajoute: «Vous avez déjà dégusté une vraie sauce tomate labellisée GRTA? Non? eh bien, essayez!» (TDG)

Créé: 07.04.2017, 10h53

Eclosion de poussins et tours en calèche


Thomas et son fils Aron sont aussi des clients réguliers du marché à la Ferme Chavaz. A 3 ans, Aron vient admirer les lapins et les chevaux. Père et fils ont réservé leur jeudi 13 avril, juste avant Pâques. Si la nature est au rendez-vous, on pourra assister, de 15 h à 19 h, à l’éclosion des poussins. Courez-y: la Ferme Chavaz est à dix-sept minutes des tours de Carouge avec le bus 41, qui s’arrête pile devant, au chemin des Bois. L’occasion de découvrir ce coin du canton. Le lendemain, vendredi 14, c’est sur la plaine de Plainpalais que Laure attellera ses chevaux à la calèche. Elle promènera petits et grands. (Image: Jean-Luc Barmaverain)

En transition vers la culture bio

La culture bio serait-elle un plus pour attirer du monde? Autour de la table, les avis sont partagés. La Ferme Chavaz est en transition. Dans deux ans, elle sera labellisée Bourgeon bio. A ce moment-là, le marché aux légumes sera voisin d’un magasin Landi en cours de construction. Une aubaine? Francis veut le croire. Un client dit encore: «Mieux vaut acheter les lentilles de Versoix, qui ne sont pas labellisées bio mais cultivées dans les règles de l’art, que manger des lentilles bio importées de Turquie. Allez, santé!» Aline a le dernier mot: «On vient au marché Chavaz parce que Laure et Francis sont sympas. Tout simplement. Et on y refait le monde entre amis.»

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.