Une chaussette éthique et artistique

Economie solidaireDeux soeurs lancent une marque de chaussettes genevoise.

Marta Bem, 22 ans, vient de terminer un bachelor en économie et management.

Marta Bem, 22 ans, vient de terminer un bachelor en économie et management. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Dessiner des chaussettes originales. C’était l’objectif initial du projet. «Ma sœur et moi adorons les chaussettes à motifs. Dans les salles d’attente, nous nous faisons souvent aborder pour nous demander où nous avons acheté les nôtres», s’amuse Marta Bem, 22 ans.

Unies par cette passion commune, les deux sœurs potassent l’idée de lancer leur marque avec leurs propres dessins. Le binôme détient toutes les compétences pour. L’aînée, Estela, est illustratrice, tandis que Marta vient de terminer un bachelor en économie et management. Lorsqu’elles évoquent leur projet à leur entourage, leurs proches s’emballent. Ils veulent eux aussi des chaussettes insolites. Elles se disent alors qu’il y a un marché à conquérir. Mais comment s’y prendre? Le Prix IDDEA, qui encourage la concrétisation de projets d’entreprise durables, pourrait leur donner un cadre. Mais le tremplin a son revers. Pour être récompensé, le projet doit être économiquement viable, écologique et socialement utile. «Jusque-là, nous avions jamais pensé à ces valeurs», reconnaît en toute transparence la cadette.

Le projet ficelé n’obtiendra pas les faveurs du jury mais celle de l’assemblée lors de la soirée des lauréats. Les sœurs Bem remportent ainsi le prix du public doté de 2000 francs. La phase de concrétisation de leur idée peut enfin démarrer. Elle va de pair avec les complications.

Production à Limoges

«Nous avions la prétention et l’insouciance des jeunes de penser que ce ne devait pas être bien compliqué de faire des chaussettes, avoue Marta Bem. En réalité, nous avons été confrontées à de nombreux obstacles financiers et administratifs.» Le premier a été de trouver un producteur qui travaille le coton biologique dans un périmètre relativement restreint autour de Genève. Ce sera à Limoges, au centre de la France. «Nous avons ensuite dû revoir nos dessins, car pour chaque couleur utilisée, nous devions commander au minimum 7 kg de fils», détaille la jeune Chambésienne.

Trois motifs en deux tailles

Au final, les deux sœurs ont produit trois motifs dans deux tailles différentes, soit six modèles au total. Les dessins réalisés par Estela Bem représentent une cause qui leur est particulièrement chère: des espèces en danger ou en voie de disparition. Sur les chaussettes, on découvre ainsi un ours blanc sur une banquise, une ruche et ses abeilles ou un orang-outang suspendu à une branche. Pour chaque paire vendue, les créatrices verseront un franc à une association environnementale. Marta et Estela n’excluent pas de s’attaquer à d’autres problématiques lors des prochaines collections. «Nous pensons aux dons du sang ou à la prévention contre le sida, mais c’est plus compliqué à illustrer.»

Les premiers modèles de chaussettes lancés par les Genevoises seront disponibles dès le 1er novembre sur le site de la marque, au prix de 18 francs la paire, livraison incluse. «Produire en Europe avec du coton biologique, ça coûte cher», précise Marta Bem pour justifier le prix.

Au fait, pourquoi avoir appelé la marque «Wabisocks»? «Wabi fait référence à un principe japonais qui invite à la modestie face à la nature et à apprécier la beauté de la simplicité, répond la jeune femme. Cela nous correspondait bien.»

Créé: 10.09.2019, 19h28

L’impact écologique

Les étiquettes «Made in China», «Made in Bangladesh» ou «Made in India» sont légion sur les vêtements. C’est en effet en Asie que se situent la majorité des entreprises de textiles. Par souci de rentabilité, celles-ci se préoccupent rarement de l’impact écologique et social de leurs pratiques. Et les conséquences sont parfois désastreuses. C.G.

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