Les chauffeurs s’invitent dans le bras de fer entre Uber et Mauro Poggia

GenèveUne pétition munie de 500 signatures a été déposée. Les chauffeurs veulent garder leur indépendance.

La pétition regroupant 500 signatures a été remise au Grand Conseil par des chauffeurs Uber ce mercredi.

La pétition regroupant 500 signatures a été remise au Grand Conseil par des chauffeurs Uber ce mercredi. Image: MAGALI GIRARDIN

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«Laissez-moi mon indépendance». C’est avec ce slogan que les chauffeurs Uber ont remis une pétition munie de 500 signatures au sautier du Grand Conseil mercredi après-midi. Le propos est directement adressé au conseiller d’État Mauro Poggia, lequel menacerait «de fermer Uber à Genève», affirment les pétionnaires.

Le magistrat MCG n’a jamais exprimé de telles intentions. En revanche, depuis son accession à la tête de l’inspection du travail et de la police du commerce, le dossier Uber a pris une nouvelle tournure. Malgré la loi sur les taxis et les voitures de transport avec chauffeur, entrée en vigueur en juillet 2017 – elle intègre et cadre les activités de nouveaux acteurs de type Uber – les chauffeurs continuent de supporter tous les risques d’entreprise, soutient Mauro Poggia. En résumé, il reproche à la firme américaine d’exploiter le statut d’indépendant de chauffeurs qui ne le seraient pas.

La semaine dernière, le conseiller d’État est même allé jusqu’à publier une vidéo sur son profil Facebook alors que la pétition des chauffeurs venait d’être lancée: «Nous sommes ouverts à l’innovation, pour autant qu’elle respecte les règles minimales qui protègent ceux qui travaillent avec des couvertures sociales et des salaires minimaux.»

Mercredi, les premiers intéressés ont donc pris la parole. Outre le dépôt de leur pétition, les chauffeurs Uber sont venus dénoncer «les incohérences de Monsieur Poggia» et leur crainte de perdre leur travail. «90% des chauffeurs travaillent pour plusieurs plateformes. De ce fait, nous sommes de vrais indépendants», insiste Philippe Frezier, chauffeur Uber et initiateur de la pétition en ligne.

Plusieurs d’entre eux affirment que l’Office cantonal des assurances sociales (OCAS) refuse leur inscription – et donc la possibilité de cotiser à l’AVS – au motif qu’ils travaillent pour la firme américaine.

Avocat de plusieurs chauffeurs Uber, Vincent Maitre se trouvait également sur le parvis de l’Hôtel de Ville. «L’administration empêche les gens de travailler: elle fait de la politique, pas du droit. Les services de Monsieur Poggia se substituent aux tribunaux en considérant qu’Uber doit soumettre les chauffeurs à un contrat de travail. Or, la question n’a pas été tranchée.»

L’enjeu porte précisément sur ce point. Uber, employeur ou simple plateforme de mise en relation entre chauffeurs et clients? La question n’a pas encore été tranchée par la justice. La décision du Tribunal fédéral est attendue et sera lourde de conséquences.

Créé: 31.07.2019, 16h51

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