Après le feu d’artifice, la police mène le bal sur le lac

Reportage350 000 personnes et des centaines de bateaux ont admiré le spectacle. Nous avons suivi le travail de la police du lac.

La police s'active pour faire respecter les règles pendant les feux d'artifice.
Vidéo: Steeve Iuncker-Gomez

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C’est un spectacle qui s’apprécie aussi bien sur la terre ferme que sur l’eau. En plus des quelque 350 000 spectateurs massés sur les quais samedi soir, le grand feu d’artifice des Fêtes de Genève, dans sa nouvelle formule (lire ci-dessous), a drainé des centaines de bateaux sur le lac. Depuis l’aube, la police du lac se mobilise pour discipliner les marins d’eau douce prêts à tout pour avoir la meilleure place. Quelques-uns ont même réussi à faire retarder de plus de vingt minutes le lancement des feux, après avoir pénétré dans la zone de sécurité.

Depuis 13 heures, toute navigation privée est pourtant interdite dans la rade. Cette année, le périmètre prohibé a dû être élargi, parce que les fusées tirées depuis la grande barge ancrée au cœur de la rade sont plus puissantes que jamais. Les plaisanciers qui ne sont pas amarrés dans un port sont cantonnés au large, à une zone limitée entre la Perle du Lac et le Port Noir. Certains sont installés là depuis le matin. Une quinzaine de bateaux de la police, des pompiers et des sauveteurs monte la garde pour empêcher cette armada de voiliers, de yachts de luxe et de petits canots surchargés comme des boat people d’envahir la rade.

500 bateaux à surveiller

Patrouillant sur une vedette de la police, l’appointé Stephen Hide estime cette flottille à 500 bateaux, alignés comme pour le départ du Bol d’Or. L’effectif complet de la brigade de la navigation, soit treize agents, est sur le pied de guerre, assisté par le Service d’incendie et de secours (SIS), la Société Internationale de Sauvetage du Léman (SISL) et le Service de sécurité de l’aéroport (SSA). Un dispositif est aussi prévu pour parer à tout attentat terroriste.

Stephen Hide et son collègue André Duport sont sur le pont depuis 16 h. «L’ambiance est très bon enfant», confie l’appointé Hide. Apéro, musique, grillades, fondue: sur les bateaux de plaisance, l’ambiance est festive. Les spectateurs lacustres saluent les policiers au passage, en les invitant à venir trinquer avec eux. Invitation refusée par les agents, qui acceptent quand même l’assiette de rôti et de tortilla qu’on leur tend.

La nuit tombée, les gendarmes doivent repousser deux hommes sur un paddle, qui s’approchent un peu trop des barges de lancement des fusées. Puis, le spectacle commence enfin. Installés sur le pont, Stephen Hide et André Duport sont aux premières loges: «Il y a pire comme place. En plus, on est payés pour ça!» rigole Stephen Hide en prenant des photos avec son smartphone. Les fusées explosent juste au-dessus de leurs têtes, faisant trembler le bateau par moments. Après chaque tableau, on entend au loin les acclamations des plaisanciers. Au final, André Duport est un peu déçu: «On a connu mieux…» Son collègue, lui, a apprécié les nouveautés: «J’ai bien aimé les lance-flammes et les couleurs projetées sur le jet d’eau.» Mais pas le temps de passer le spectacle en revue, il faut vite aller contenir les bateaux de plaisance pressés de rentrer à terre. Pas question de les laisser passer avant que les artificiers n’aient fini de vérifier que toutes les fusées sont bien parties.

Chassé-croisé dans la nuit

Accélérant subitement, la vedette des policiers fend l’eau en éclairant l’obscurité de son gyrophare bleu. En quelques instants, elle coupe la route à une embarcation qui se dirige vers les Eaux-Vives. «La rade est fermée», lance, planté à la proue du bateau, André Duport aux occupants du petit hors-bord. «Vous n’avez pas encore le droit de passer.» Le pilote du hors-bord s’excuse et rebrousse chemin. Le chassé-croisé se poursuit ainsi dans la nuit. Un récalcitrant déjà intercepté un peu plus tôt retente le coup. «Pourtant, tous les propriétaires de bateaux ont été informés par courrier qu’ils ne pourraient pas regagner la rade pendant une ou deux heures après la fin des feux», s’agace André Duport.

Au fur et à mesure que les artificiers sécurisent les lieux, on ouvre le passage. De retour à quai, on apprend qu’un bateau a réussi à entrer dans le périmètre de sécurité pendant le spectacle, avant d’être repéré par un hélicoptère. Quelques drones non autorisés ont aussi été vus. Mais à part ça, pas d’autres incidents à signaler. A terre, la fête continue. (TDG)

Créé: 13.08.2017, 20h50

Le Jet d’eau, vedette multicolore des feux 2017

Etonnant comme cela paraît logique. Alors que d’ordinaire le retour du Jet d’eau annonçait la fin des feux, il est devenu cette fois l’un des clous du spectacle. Coloré par des dizaines de projecteurs et de lasers, il a prêté une dimension majestueuse au spectacle mené par l’artificier Cédric Schaller.

On se demande pourquoi personne n’y avait pensé plus tôt! L’utilisation de soixante jets de flammes courant sur les bords de la rade était aussi nouvelle. Leurs mouvements offraient un intéressant contrepoint aux bouquets de fusées jetés à l’assaut des étoiles. Entamé avec un peu de retard (lire à droite), et un peu plus bref que d’habitude, sans que ce ne soit gênant, le spectacle nocturne s’est déroulé sur un rythme endiablé. Les tableaux succédant aux tableaux, tous accompagnés d’une musique différente. Le son, de qualité, était parfaitement coordonné aux tirs, leur donnant une expression particulière. Dès les premiers tirs passés, la magie des feux s’exerce.

Elle annule l’âge des spectateurs et leur offre un instant d’éternité. Des critiques? Maîtrisé techniquement, agrémenté d’un son d’une qualité rare, le spectacle ne racontait aucune histoire particulière. Montés sur des tableaux sans lien, il a atteint très vite un sommet de son et de fureur pour se terminer d’un coup, laissant «tomber» le spectateur sans en prendre congé. C’est en travaillant sur ces éléments que l’étourdissant spectacle pyrotechnique offert par les Fêtes pourra devenir une œuvre artistique. Selon la police, entre 300 000 et 350 000 spectateurs se sont massés samedi soir autour de la rade pour suivre le spectacle. En dix jours, les festivités auraient drainé pas moins de 1,2 million de personnes.

Le président de la Fondation Genève Tourisme et Congrès, Yves Menoud, tire un bilan positif de cette édition, organisée tambour battant après un changement de direction en cours d’année: «Les Fêtes de Genève sont revenues à une manifestation plus traditionnelle, on ne peut que se réjouir du résultat.» Seul bémol, le volet financier. Le déficit de 500 000 francs prévu au budget sera vraisemblablement dépassé. Depuis que les Fêtes ont été raccourcies à dix jours, les recettes ne suffisent plus à les financer, estiment les organisateurs.
M.BN/AN.G.

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