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La chasse est ouverte en France voisine

En Haute-Savoie, 8000 chasseurs vont traquer cerfs, chevreuils, chamois et sangliers. Genève peut devenir leur refuge.

En Haute-Savoie, 8000 chasseurs vont traquer cerfs, chevreuils, chamois et sangliers. Genève peut devenir leur refuge.
En Haute-Savoie, 8000 chasseurs vont traquer cerfs, chevreuils, chamois et sangliers. Genève peut devenir leur refuge.
Georges Cabrera

Un coup de fusil. Des cris entre chasseurs. Un autre coup. Près de Marsaz, en face de Presinge, c’est la fébrilité. Les habitants des fermes voisines sont habitués. Pour le gibier, c’est la débandade. Dans cette région de Haute-Savoie comme dans toute la couronne genevoise, la chasse est désormais ouverte. Les animaux les plus intuitifs vont se réfugier à Genève, où cette activité est interdite depuis 1974. «Les chevreuils filent souvent vers Jussy», indique un retraité. «Quand la chasse est ouverte, nous voyons arriver des animaux de France voisine, et en particulier des renards», résume un habitant d’Avusy.

Surveillance sur sol genevois

Mais ce n’est pas la ruée, en tout cas pas au sein des grands animaux. «Nous n’avons pas observé de déplacements importants de ces herbivores particulièrement pendant la saison de chasse en France voisine. Des études avaient été menées dans les années 2000, notamment sur le sanglier, montrant leur tendance grégaire», explique Bertrand von Arx, directeur de la Biodiversité au sein du Département du territoire. «Par ailleurs, poursuit ce fonctionnaire, un dispositif de surveillance par les gardes genevois de l’environnement est en place pour éviter toute forme de braconnage ou de poursuite de gibier sur sol genevois.» Car il est tentant, pour un chasseur ou des chiens ayant débusqué une proie, de la poursuivre sur territoire genevois. Sans même jeter un regard aux vieilles bornes de pierre marquant la frontière des bois de Versoix à ceux de Jussy.

«Les relations avec Genève sont bonnes», se défend le Haut-Savoyard André Mugnier, président de la fédération départementale des chasseurs. Le Français est un vrai père poule pour ses «8000 chasseurs» et indique que le plan de chasse de la saison 2018-2019 «est conséquent». Il prévoit l’abattage d’environ 3000 sangliers, 2858 chevreuils, 2378 chamois et 2210 cerfs. La formation et la sécurité sont au centre de sa préoccupation. Et pour cause: en deux ans, trois randonneurs ont été tués par des chasseurs dans la région Rhône-Alpes. Un promeneur est mort en octobre 2015 en Isère, un autre en décembre de la même année alors qu’il déambulait sur le Semnoz, le Salève d’Annecy, et un troisième en décembre 2017 dans la Drôme. Le chasseur qui a abattu le randonneur savoyard devrait être jugé d’ici à la fin du mois. Enfin, un chasseur suisse a abattu des ânes de randonnée en Savoie, en septembre 2017. Il a affirmé les avoir confondus avec des biches alors qu’il était situé à moins de 60 mètres des animaux. Deux ânes ont été tués sur le coup, et deux autres ont dû être euthanasiés.

À Genève vivent, en période de chasse, quelques centaines de sangliers, de cerfs et de chevreuils. La faune y est régulée par des «gardes de l’environnement». Chef de secteur de ces employés, Alain Rauss détaille la situation pour chacune de ces espèces: «Chaque année, nous devons prélever entre 180 et 200 sangliers. Cela correspond environ à la croissance annuelle de sangliers, dont la population peut doubler chaque année. Il n’existe actuellement pas de méthode de comptage précise du sanglier. Cet animal fréquente les grandes zones boisées du canton, à Chancy, au Vallon de l’Allondon, dans les bois de Jussy, à Collex-Bossy et dans les bois de Versoix.» Compte tenu des dégâts localisés, ces gardes vont aussi abattre des chevreuils, au maximum 25, dans le Mandement, où ont été répertoriés près de 200 animaux.

Saison du brame

Dans les Bois de Versoix et la région de Collex-Bossy vivent, durant l’été, une quinzaine de biches. «Dès septembre, souligne Alain Rauss, c’est la saison du brame. Descendant du Jura et du Pays de Gex, les mâles rejoignent le reste des hardes pour la reproduction. En hiver, les effectifs atteignent entre 70 et 80 cerfs. Nous faisons avec ces fluctuations et prenons les mesures en conséquence.»

L’ouverture de la chasse est aussi suivie de près dans le canton de Vaud. «Certains animaux doivent posséder un sixième sens. De nombreux cerfs et sangliers viennent ici lorsque la chasse bat son plein en France», indique un surveillant vaudois de la faune. La réglementation vaudoise dans le domaine est assez complexe. Contrairement à la France voisine, la chasse est interdite le dimanche, ainsi que généralement le mercredi. Les sangliers sont déjà chassés dans le canton, tout comme les cerfs du Jura. En revanche, les cervidés résidant dans les Alpes et ceux qui broutent en plaine bénéficient d’un répit jusqu’en novembre. Quant aux chevreuils, ils peuvent être abattus durant le mois d’octobre.

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