Un centre de jour ouvre pour les habitants d’abris PC

AsileDepuis lundi, la Croix-Rouge reçoit des migrants aux Pâquis dans un espace de 320 m² entièrement financé par des fonds privés.

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Dans l’étroit hall d’un immeuble de la rue De-Monthoux, aux Pâquis, un agent de sécurité réceptionne le permis de séjour de quatre jeunes Afghans. Il vérifie que leur adresse est bien un abri PC, range leur document et leur tend un jeton. Le petit groupe rejoint alors le centre de jour de 320 m², fraîchement aménagé à l’étage par la Croix-Rouge genevoise. Depuis lundi, le lieu accueille entre 10 h et 17 h les migrants issus de l’asile vivant dans des foyers souterrains gérés par l’Hospice général.

Bibliothèque multilingue

A l’entrée, de grands papiers blancs ont été scotchés aux murs. Sur l’un d’eux, un migrant a peint un footballeur et écrit un message d’espoir. Un autre panneau invite à dessiner son drapeau. «On leur laisse des espaces de liberté pour qu’ils puissent s’exprimer et nous les invitons à proposer ce qui leur plaît», explique Stéphanie Nussbaumer, la coordinatrice du centre, avant de faire le tour du propriétaire.

Les locaux hébergeaient une agence de voyages, fermée il y a deux ans. On y trouve désormais une salle informatique avec imprimante, une petite bibliothèque multilingue, de larges tables avec des jeux de société et finalement une table de ping-pong et deux baby-foots. Pour déterminer les besoins de ses futurs bénéficiaires, la Croix-Rouge genevoise n’a pas pu se rendre dans les abris PC mais a pu demander conseils à leurs intendants sociaux.

Le centre de jour a été présenté aux habitants de chaque abri la semaine dernière. Il faudra sûrement encore un peu de temps avant qu’ils n’y prennent leurs habitudes. La Croix-Rouge a en revanche lancé un appel à son réseau de bénévoles et pu garantir la présence de deux personnes par jour, en plus des deux travailleurs sociaux.

Hier matin, les quatre Afghans sont les seuls à être venus. «On est toujours sous terre, on n’a pas de soleil», explique Assad sans quitter la table de baby-foot des yeux. «Ici, il y a le ping-pong, les ordinateurs, on peut parler français et il y a une bibliothèque», poursuivent Ali et Mohammad en utilisant Google translation pour se faire comprendre. Ils nous montrent un livre écrit en persan et en français et essaient de le déchiffrer.

«Il y a une grosse demande pour l’apprentissage du français et les livres bilingues, observe Stéphanie Nussbaumer. Nous allons sûrement mettre en place des ateliers de conversation. Car ils ont très envie de rencontrer des gens d’ici aussi et la venue de nombreux bénévoles est une chance.» Le centre ne pense pas organiser de cours de français, ceux-ci étant du ressort de l’Hospice général, tout comme les repas.

Pour éviter le gaspillage, dans la petite cuisine de l’espace de jour, on trouve donc uniquement du thé, du café et des biscuits (offerts par l’association Partage) et des fruits. «Et puis, comme nous ne pouvons accueillir que 90 migrants à la fois (ndlr: contre 400 actuellement en abris PC) cela permet d’assurer un tournus», poursuit Stéphanie Nussbaumer. La coordinatrice a tout de même engagé une discussion avec un grand hôtel voisin afin de pouvoir récupérer leurs surplus, lors de buffets par exemple.

Inspiré du modèle vaudois

Le fonctionnement du centre de jour est financé pendant deux ans par la Loterie Romande et une fondation. «C’est une expérience pilote, souligne Stéphanie Nussbaumer. D’ici quelque temps, nous ferons un bilan afin de voir si l’on poursuit et si nous devons chercher de nouveaux fonds pour cela.» Il s’inspire de ce qui se fait dans le canton de Vaud depuis une dizaine d’années. L’Etablissement vaudois d’accueil des migrants y a ouvert six structures de jour pour les habitants des abris PC pour leur faire garder un rythme de vie et pour faciliter le nettoyage des lieux souterrains. (TDG)

Créé: 31.05.2016, 18h46

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