Cent femmes partagent leur expérience

DistinctionLauréates d’un projet de promotion porté par plusieurs universités, une centaine de professionnelles ont échangé leur vécu.

De gauche à droite: Costanza Bonadonna, Corinne Charbonnel, Maya Hertig Randall, Patrycja Nowak-Sliwinska et Isabelle Harsch.

De gauche à droite: Costanza Bonadonna, Corinne Charbonnel, Maya Hertig Randall, Patrycja Nowak-Sliwinska et Isabelle Harsch. Image: MAGALI GIRARDIN

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Mises en avant dans le cadre d’un projet de promotion des femmes, une centaine de professionnelles se sont retrouvées vendredi dans les locaux de la Fédération des entreprises romandes (FER). La journée leur a permis de procéder à des échanges nourris, en présence de l’ancienne présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey, invitée d’honneur.

Considérées comme des «modèles», des lauréates se sont déclarées ravies si leur expérience pouvait aider des jeunes femmes à suivre leurs traces.

«La formation de la relève me tient à cœur, a expliqué Maya Hertig Randall, professeure de droit à l’Université de Genève (UNIGE). Il est important d’encourager en particulier les assistantes et assistants, sans pour autant nier les difficultés auxquelles on est confronté durant sa carrière.» Autre lauréate, Isabelle Harsch a résumé son espoir en ces termes: «Ce qui me semble important, c’est de pouvoir exprimer auprès d’autres femmes ma propre réalité, celle de cheffe d’entreprise. Et de me sentir aussi moins seule.»

Les préjugés sur le genre interpellent Maya Hertig Randall, pour qui «il faut lutter contre ces stéréotypes, à l’exemple de l’idée reçue décrétant que les femmes sont sympathiques et les hommes compétents».

Quand elle est confrontée à ce type de remarques, Costanza Bonadonna, professeure en géologie à l’UNIGE, choisit d’éviter de personnaliser le débat, estimant plus efficace de rester sur le terrain des idées. Afin d’augmenter le pourcentage de femmes, sa consœur Corinne Charbonnel, astrophysicienne, a plaidé pour que les travaux académiques soient anonymisés: «Plus que le chercheur, c’est la science qui importe.»

«Pour les femmes, le succès d’un groupe prévaut généralement sur celui d’un individu», a encore glissé Costanza Bonadonna. Les hommes captent plus volontiers que les femmes la lumière des projecteurs. «Les mentalités évoluent mais nous sortons lentement d’une société patriarcale transportant un lourd bagage historique, a observé Maya Hertig. Pendant longtemps, la femme ne devait pas être visible dans la vie publique.» Pour cette professeure, «la femme a aussi tendance à se focaliser sur ce qu’elle ne sait pas. Elle ne se sent pas assez sûre de ses capacités».

«Mon avis ne comptait pas»

Mais une cheffe d’entreprise telle qu’Isabelle Harsch doit surmonter ses hésitations, en particulier dans le cadre d’un conflit. La femme agit-elle alors comme l’homme? «Oui, il m’est arrivé de licencier des collaborateurs, répond la Genevoise. Je ne pense pas qu’une femme agit de manière différente par rapport à un homme. Mais j’essaie cependant de prendre un maximum de temps avant de trancher en cas de litige.»

Isabelle Harsch a repris l’entreprise familiale de transports à 28 ans. «J’évolue dans un environnement professionnel très masculin. Mais je ne me suis jamais sentie désavantagée comme femme. Une des raisons s’explique par la manière, positive, dont mon père m’a présentée au moment de la reprise de l’entreprise.»

Lors de la remise des distinctions, de nombreuses personnalités se sont exprimées sur ce projet orchestré par l’UNIGE. Parmi celles-ci, son recteur, Yves Flückiger, s’est félicité que l’alma mater genevoise ait nommé 50% de femmes lors de ces deux dernières années. Une lauréate a immédiatement réagi en encourageant l’Université à en faire davantage: «Nous manquons encore beaucoup de professeures ordinaires.»

Très applaudie, la ministre genevoise des finances, Nathalie Fontanet, a mis en avant son propre parcours pour donner des ailes aux jeunes femmes: «À 34 ans, j’étais simple mère au foyer et mon avis ne comptait guère. Je dois beaucoup à l’avocate qui s’est occupée de mon divorce et m’a fait comprendre que j’avais encore la vie devant moi. J’ai ainsi démarré des études de droit avant d’être élue au Conseil d’État.»

Quant à la professeure tessinoise Sara Greco, elle a déclaré que «nos parcours ouvrent le monde des possibles». Elle a résumé dans une phrase un sentiment partagé par de nombreuses participantes.

Créé: 09.11.2019, 09h29

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Hong Kong: un pays, deux systèmes
Plus...