Un célèbre résistant français a été enterré ce dimanche à Veyrier

Carnet noirHerbert Herz, ingénieur au CERN, vient de décéder. Juif allemand, il avait rejoint la Résistance en 1942.

Herbert Herz a participé à des sabotages de l’effort de guerre nazi et à des attentats contre l’occupant.

Herbert Herz a participé à des sabotages de l’effort de guerre nazi et à des attentats contre l’occupant. Image: Laurent Guiraud

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Il est des vies qui ont porté une partie du poids de l’histoire. Herbert Herz en est un exemple. Ancien Résistant, membre du réseau Franc-tireur et partisan main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI), affilié au Parti communiste, il est décédé jeudi. L’enterrement de cet ex-ingénieur au CERN, représentant de l’institut israélien Yad Vashem pour la région, décoré de la Légion d’honneur pour hauts faits de Résistance, s’est déroulé dimanche au cimetière israélite de Veyrier. Herbert Herz est né en 1924 à Augsburg dans une famille juive. Persécutée, celle-ci s’enfuit et s’installe à Dijon. Après la débâcle de l’armée française en 1940, elle s’enfuit vers l’Auvergne. Pris à Riom dans la rafle des juifs étrangers ordonnée par Vichy en août 1942, Herbert Herz s’enfuit grâce à l’intervention d’un commandant de gendarmerie, qui entrera par la suite dans un mouvement de Résistance. Dénoncé, il mourra en déportation. Après la guerre, le dossier de cet homme sera le premier qu’Herbert Herz présentera pour qu’il obtienne, à titre posthume, la médaille des Justes. Devenu délégué de l’Institut Yad Vashem, Herbert Herz fera honorer 117 «Justes parmi les Nations». Cette décoration récompense les non-juifs ayant sauvé des juifs au péril de leur vie. «Mon mari disait toujours qu’au lieu d’en vouloir à ceux qui nous ont fait du mal, il fallait récompenser ceux qui nous ont fait du bien», témoigne Simone, son épouse.

Pourchassé, le jeune homme s’enfuit à Grenoble. Il est alors recruté par le groupe Carmagnole et Liberté appartenant aux réseaux FTP-MOI de Grenoble et Lyon. Il participe à des sabotages de l’effort de guerre nazi et à des attentats contre l’occupant. A la même période, son frère, Manny, qui tente de passer en Suisse à la demande pressante de sa mère, est arrêté par les gardes-frontière suisses. Remis aux policiers de Vichy, il mourra en déportation à Auschwitz. Après la guerre, Herbert Herz fait des études d’ingénieur en électricité et travaille au CERN. Il y restera jusqu’à sa retraite en 1987. Durant sa carrière, il a milité dans les milieux des défenseurs de l’environnement et fut, notamment, un des fondateurs de l’Aspic. A 92 ans, ce père de trois enfants et de nombreux petits-enfants et arrière-petits-enfants, n’oubliait pas d’aller nager au lac quand il le pouvait. Sa dernière apparition publique remonte à avril au Salon du livre pour un débat sur la Résistance juive.

Herbert Herz «Mon combat dans la Résistance», édition Manny

(TDG)

Créé: 14.08.2016, 18h33

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