Carouge dit un oui robuste à son théâtre

Votation Contré par un référendum du MCG, le projet de reconstruction du bâtiment a été accepté par 65,92% des votants.

De g. à dr. Stéphanie Lammar, Georges Schürch, Jean Liermier et André Schmutz, tous favorables au projet du nouveau théâtre

De g. à dr. Stéphanie Lammar, Georges Schürch, Jean Liermier et André Schmutz, tous favorables au projet du nouveau théâtre Image: STEEVE IUNCKER-GOMEZ

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Les mois de campagne et les tensions vives que celle-ci a générées dans le tissu culturel et politique carougeois semblent comme par miracle s’évaporer dans l’esprit des présents. Dimanche après-midi, le parvis du Théâtre de Carouge – là où s’étaient donné rendez-vous les partisans du oui à la reconstruction de l’institution – affichait le bonheur et le soulagement de tous ceux qui se sont battus contre le référendum lancé par le Mouvement citoyens genevois (MCG). Accolades franches, sourires larges et boissons pétillantes ont accompagné l’épilogue d’une bataille intense.

C’est un fait donc: la Cité sarde a accepté de se doter d’une nouvelle structure, entièrement rebâtie, moderne dans ses lignes ergonomiques et au pas avec les exigences d’une institution vénérable et reconnue à l’international. Le résultat du vote ne laisse que de faibles marges aux doutes, puisque près de 66% des votants ont dit oui au projet conçu par le bureau d’architecture de Chavanne-près-Renens Pont 12. Et le peuple a accepté par conséquent la répartition du financement de l’œuvre, dont le coût global est de 54 millions de francs. Ainsi, et comme indiqué dans les intentions, la Ville de Carouge participera à hauteur de 24 millions, le Canton de Genève versera, lui, 10 millions tandis que l’Association des communes genevoises (ACG) contribuera à l’effort avec 7 millions.

Une unité rare

Les 13 millions manquants? «Ce sont les privés qui viennent à la rescousse, note Georges Schürch, président du Conseil de fondation du Théâtre de Carouge. Nous avons récolté jusqu’ici 11,8 millions et il est clair que le résultat de la votation rendra plus aisée la collecte du restant des fonds.» Placés désormais dans les annales, les débats souvent houleux de la campagne laisseront la place aux bruits des engins de chantier. Dès février prochain, le bâtiment inauguré en 1972 sera démoli. Un autre verra le jour en 2020. La nouvelle page qui sera écrite dans ces hauts lieux culturels enthousiasme l’actuel directeur de la maison Jean Liermier. Casquette sur la tête, tenue décontractée, le metteur en scène parle d’un ton ému et soulagé: «On ne pouvait rêver projet architectural plus juste. Le parcours qui a mené à sa conception a été tout simplement exemplaire: les exigences des utilisateurs ont été entendues et comprises. Le dialogue avec le bureau des architectes de Pont 12 et avec les politiciens a permis de tisser des liens fructueux.»

Cette unité est saluée par tous les militants du oui. A commencer par Stéphanie Lammar, conseillère administrative socialiste en charge des Affaires culturelles à la Ville de Carouge: «Cette cause a généré une dynamique rare dans le paysage politique et associatif. Je suis heureuse de ce soutien massif et de la mobilisation qui s’est exprimée dans la rue, à travers les stands, mais aussi sur les réseaux sociaux. Heureuse aussi parce que ce projet présente des enjeux vitaux pour la culture et pour un vaste territoire environnant le théâtre. Lors de la campagne, il a fallu faire œuvre de pédagogie pour expliquer tout cela aux citoyens et pour contrer les risques d’un vote émotionnel et irrationnel qu’induisaient les arguments des opposants.»

La déception du MCG

Le metteur en scène André Schmutz, qui a mené le comité de soutien au projet, salue «l’attachement que les Carougeois ont exprimé à leur théâtre, à travers le vote» et met en exergue «le sentiment de colère que beaucoup de citoyens ont sans doute ressenti face à l’éventualité d’anéantir les efforts et l’investissement de six millions de francs déjà consentis pour la réalisation de l’œuvre».

Sur le front du MCG, on ne cache pas la déception face au résultat du vote. Ancien conseiller municipal carougeois et député au Grand Conseil de Genève, l’opposant au projet Sandro Pistis rappelle qu’«en menant la bataille en solitaire, le MCG est resté droit dans ses bottes, fidèle aux engagements qu’il avait pris face à son électorat». Et d’ajouter deux points importants à ses yeux: «Seuls 40% des électeurs ont déposé leur bulletin dans les urnes, et 35% de ceux-ci ont quand même refusé de soutenir le projet. Il faut donc espérer que les plans seront en partie modifiés et surtout qu’ils ne susciteront pas des surcoûts, avec des demandes de nouveaux crédits. Enfin, nous avons pris acte durant cette campagne de l’incohérence de l’UDC, qui a refusé le financement voté par le Grand Conseil mais qui s’est rangée du côté du oui au Conseil municipal de Carouge.»

Créé: 24.09.2017, 18h56

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