À Carouge, les arcades se vident

ArcadesUne série de fermetures de commerces frappe la Cité sarde depuis quelques mois. Tour d’horizon.

A la rue Vautier, l'arcade de BD-Carouge est fermée depuis quatre mois.

A la rue Vautier, l'arcade de BD-Carouge est fermée depuis quatre mois. Image: FK

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Le charme automnal de Carouge, ses commerces de proximité, ses cafés, ses terrasses et ses marchés sont quelque peu mis à mal ces derniers temps. Un nombre croissant de magasins ont fermé en quelques mois. Les arcades liquidant la marchandise avant fermeture se multiplient. E-commerce, loyers trop élevés, manque de touristes sont les raisons souvent évoquées pour expliquer le phénomène. Mais, et c’est l’élément nouveau, le renouvellement naturel des boutiques tend désormais à faire défaut.

Loyers trop élevés

C’est le cas à la rue du Pont-Neuf, où une arcade est vide depuis des mois. De même à la rue Vautier, où une librairie de bandes dessinées a fermé ses portes en mai dernier. «J’ai reçu trois coups de fil en quatre mois pour reprendre l’arcade, autant dire rien du tout, regrette Pierre-André Bonjour, l’ancien exploitant. Il faut dire que le loyer est dissuasif pour cette surface.» En quatre ans et demi, le chiffre d’affaires du libraire n’a cessé d’augmenter. Mais même à son maximum, il ne lui permettait pas de payer la totalité de ses charges: «J’ai dû puiser dans mon épargne, c’était invivable, dit le libraire. Mon loyer était tout à fait disproportionné par rapport à mon volume de ventes, ça ne pouvait pas marcher. Seuls des établissements financiers ou des architectes peuvent se permettre un loyer pareil. Je suis vraiment pessimiste quant à l’avenir des petits commerces à Carouge.»

Autre fermeture d’enseigne à la rue Saint-Victor: une boutique de chaussures et d’accessoires pour femmes ouverte depuis cinq ans. Sur toutes ces années, le chiffre d’affaires de l’exploitant n’a fait que chuter. Et il est amer: «Je reviens de la poste, j’y ai vu le nombre de cartons Zalando (vente par Internet) accumulés, ça m’a fait enrager. Et il y en a qui se réjouissent de l’arrivée d’Amazon l’année prochaine en Suisse! On croit rêver! Pour moi, la vente directe, c’est mort, on trouve toujours moins cher ailleurs. Et que dire de mon loyer, beaucoup trop élevé pour survivre.»

Signe que le commerce de proximité n’est pas au plus haut de sa forme dans la Cité sarde: à deux pas de là, une autre boutique brade sa marchandise. «Liquidation, 70% avant fermeture», peut-on lire sur la vitrine.

Sylvie Venuti, qui a ouvert sa boutique de prêt-à-porter en septembre dernier, déplore un net manque de fréquentation: «L’hiver dernier, j’aurais pu tricoter trois pulls, tant les clients étaient peu nombreux. De même, j’ai senti qu’à Carouge, les gens manquaient de moyens. De nombreux passants entraient dans la boutique et n’achetaient rien.»

La consommation a changé

Béatrice Berthet, présidente des Intérêts de Carouge, abonde dans ce sens. D’après elle, le problème est multiple. «Le comportement des consommateurs a drastiquement changé à cause de la conjoncture. Leur pouvoir d’achat a baissé. Et puis il y a le tourisme d’achat et internet. De manière générale, les gens consomment moins. Ils recherchent de la qualité et ont conscience de ce qu’ils achètent. À Carouge, nous essayons justement de mettre en avant ces valeurs éthiques, telle la traçabilité. Mais le prix des arcades tue le petit commerce.»

(TDG)

Créé: 12.10.2018, 17h26

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